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Critique Ciné : Enemy, labyrinthe psychologique

29 Août 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Enemy, labyrinthe psychologique

Enemy // De Denis Villeneuve. Avec Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent et Sarah Gadon.


En sortant de la salle d’Enemy, je dois avouer que j’étais un peu surpris. Je ne savais pas du tout quoi penser ce ce que j’avais pu voir. Enfin, de la dernière image du film qui prend le spectateur de court et le laisse donc se demander ce qu’il vient de réellement voir. Après un peu de réflexion, j’en suis venu à la conclusion que tout cela n’était finalement qu’une histoire de subconscience et de dédoublement de la personnalité. Pour ce qui est du dernier plan, que je ne vais pas vous spoiler, je pense que la réponse est finalement dans le film et qu’elle n’est qu’une façon de symboliser un aspect du personnage et de ses peurs vis-à-vis des relations de couple. On va le voir d’ailleurs tout au long de l’heure et demie. Je me demande par ailleurs si finalement Enemy n’est pas l’oeuvre la plus complexe de Denis Villeneuve et surtout sa plus intéressante. Après le brillant Incendies, le très bon Prisoners, il creuse ici le subconscient de l’homme afin d’en raconter ses travers tout en donnant des indices aux réponses tout au long du film. Il faut donc être attentif à tous les détails, les ceux qui vous semblent les plus insignifiants car ce sont eux qui font toute la force de ce récit. Et encore plus aux détails qui se répètent. La répétition est même un mot et une action que l’on voit souvent dans ce film.

Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios... pour lui et pour son propre couple.

Enemy est un film étrange mais qui est finalement fascinant par son étrangement. Il y a un mélange à la fois de tragédie humaine (un homme qui est pris dans la spirale de sa propre vie dont il semble constamment vouloir s’évader) et puis une sorte de questionnement sur l’être humain et sur ce que son esprit peut finalement lui faire faire dans le but d’échapper à son destin. Le film creuse donc la psychologie de son héros de façon assez sensationnelle. Le début est très mystérieux et l’on n’a pas l’impression que la vie d’Adam est mauvaise, elle est juste banale avec quelques moments de frivolité. Puis rapidement le film nous révèle son caractère un peu plus fou. On nous plonge donc dans l’esprit d’Adam et sa volonté de rencontrer son double. C’est traduit par tout un tas d’état d’esprit. Dans un premier temps de la fascination pour l’homme puis ensuite l’envie de s’échapper de ce qui semble être effroyablement mauvais pour lui tout en conservant malgré tout un aspect très fort dans sa personnalité. La confrontation des deux personnalités (Adam et Anthony) est presque un pur hasard. Il a fallu que Adam se rende compte qu’il ait un double pour avoir envie de le rencontrer.

Denis Villeneuve a fait un film parfois trop complexe qui laisse forcément le spectateur dans l’attente de peut-être revoir le film et donc de le comprendre de façon légèrement différente. Je n’ai pas osé voir Enemy une seconde fois. J’estime que la première est largement suffisante pour comprendre la majeur partie du film même si certains détails m’ont forcément échappé. Il y a des scènes particulièrement surprenantes qui cherchent forcément à nous faire douter en permanence de toutes les théories que l’on peut effiler au fil du film. Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup aimé Enemy et Denis Villeneuve a donc encore une fois réussi son pari. Ce film est même certainement son plus abouti et ce même si ma phobie pour une certaine chose ne m’a certainement pas permis de profiter de Enemy dans son intégralité. Mais peu importe, Jake Gyllenhaal (qu’il avait déjà dirigé dans Prisoners) est vraiment excellent dans ce rôle. Ces derniers temps la dualité, le dédoublement de la personnalité, etc. est un thème qui semble fait réfléchir après le très bon The Double (avec Jesse Eisenberg).

Note : 8/10. En bref, un labyrinthe psychologique.

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