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Critique Ciné : Party Girl, le dilemme du couple

31 Août 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Party Girl, le dilemme du couple

Party Girl // De Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis.


Récompensé de la Caméra d’Or lors du dernier Festival de Cannes, Party Girl est une petite surprise bien ficelée qui, de par ses divers points de vue parvient à nous plonger au coeur d’une histoire qui s’avère bien plus dramatique qu’il n’y paraît. En effet, au premier abord Party Girl a tout de la petite comédie sur une femme qui a normalement passé l’âge d’être une « party girl » mais qui continue de l’être. Mais sa vie est totalement différente, que cela soit la relation éclatée avec ses enfants, le fait qu’elle soit incapable de se poser dans une relation en couple, qu’elle ait l’alcool mauvais, etc. Tout un tas de petites choses que l’on va découvrir au fil du film sur Angélique. Elle tente de vivre pleinement et elle le revendique que la vie ne vaut pas la peine d’être vécu si l’on ne s’amuse pas un peu. Il y a des scènes terribles où l’on a envie de dire à Angélique de penser à son futur et de se dire qu’elle ne va pas pouvoir continuer comme ça jusqu’au bout. Puis il y a des scènes joyeuses où l’on a l’impression que son destin commence à devenir plus rose (notamment avec l’arrivée d’un personnage dans la seconde partie du film qui aurait pu changer beaucoup de choses dans la vie de cette femme mais qui ne va finalement pas totalement réussir à le faire).

Angélique a soixante ans. Elle aime encore la fête, elle aime encore les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué, est toujours amoureux d’elle. Un jour, il lui propose de l’épouser.

La vie de cette famille éclatée est certainement le plus bel aspect de Party Girl. J’ai été émerveillé par ces scènes de famille aussi bien quand l’on se retrouve à un barbecue ou encore au supermarché. Il y a des discussions qui sont particulièrement troublantes (notamment sur les erreurs que Angélique a pu faire et pourrait encore faire quand elle discute avec son fils). Party Girl mérite amplement sa récompense de Caméra d’Or. En effet, la photographie est magnifique alors qu’au fond l’univers de ces personnages est si pauvre, si terne. On n’a pas l’impression qu’ils pourraient être heureux mais justement, le bonheur ne s’achète pas et c’est plus ou moins ce qu’ils veulent nous prouver (même au travers du personnage d’Angélique qui ne peut se résoudre à tomber dans la sécurité car ce n’est pas ce qu’elle veut). Je n’ai pas soixante ans (en tout cas, pas encore) mais je dois avouer que ce film m’a fait réfléchir sur mon futur. Vais-je devenir comme cette femme, un homme qui veut toujours faire la fête et qui sera incapable de se poser dans une relation longue durée ? Ou bien je serais tout le contraire ? Ou bien vais-je choisir la sécurité avec quelqu’un de gentil mais que je n’aime pas complètement. Angélique Litzenburger est par ailleurs l’inspiration de Party Girl.

En effet, c’est le mariage de l’actrice qui a donné aux réalisateurs l’idée de faire une histoire autour de ce personnage. C’était le point de départ qui a permis de développer la fiction (et la réalité) qu’il y a autour. C’est certainement ce qui rend le personnage d’Angélique encore plus authentique, qu’il soit joué par la personne qui l’a inspiré. Par ailleurs, on a aussi envie de se dire qu’à soixante ans on a envie d’être aussi énergique qu’elle, de pouvoir s’amuser encore comme si l’on avait vingt ans (même si pour la plupart des gens ce ne sera tout simplement pas possible). Ce film a des références certaines. On peut notamment parler de Abdellatif Kechiche dont l’amour pour les scènes familiales se retrouve ici dans Party Girl. Mais ce n’est pas une mauvaise chose dans le sens où en plus d’être une bonne référence, le trop de réalisateurs ne tombe pas dans la facilité qui aurait été de jouer la carte Confessions Intimes et donc de nous donner l’impression que l’on pénètre la vie de cette femme sans qu’elle ne nous ait autorité à la regarder. Sauf que là c’est le contraire, on est clairement invités à partager les aventures de cette héroïne entre amour et déraison.

Note : 8/10. En bref, c’est tout simplement beau et touchant.

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