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Critique Ciné : A Day to Kill, massacre adolescent

14 Septembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : A Day to Kill, massacre adolescent

A Day To Kill // De Joseph Hahn. Avec Peter Stormare, Cameron Monaghan et Vincent d’Onofrio.


Une affiche un peu provoc, une bande son sponsorisée par Linkin Park, autant dire que je m’attendais à quelque chose de totalement différent de ce que j’ai pu trouver dans A Day to Kill (ou Mall en VO). Adapté d’un roman d’Eric Bogosian (plus connu pour son rôle de Danny Ross dans New York Section Criminelle) par Sam Bisbee (Don’t Go in the Woods, producteur de Robot & Frank) et premier long métrage de Joseph Hahn, ce film cherche à se pencher sur les effets d’un centre commercial sur les gens et ce qu’ils viennent y chercher. Si l’idée de départ ne manque pas de noisettes, la suite sonne malheureusement bien creux. Le problème ce n’est pas l’idée mais ce que le film tente de faire de l’idée. Cela semble donc partir un peu dans tous les sens sans que l’on ne donne vraiment de sens aux personnages. Car si l’on apprend rapidement quelle est le vie au début du film (par notre guide dans ce voyage incarné par Cameron Monaghan - Shameless US -), c’est tout ce que l’on va savoir d’eux. Il n’y a donc pas grand chose à comprendre, surtout que l’issue est plus ou moins une vraie queue de poisson. Par ailleurs, alors que A Day to Kill aurait pu profiter du côté cloisonné d’un centre commercial, il n’en fait rien puisqu’une bonne partie du film se déroule à l’extérieur de ce centre commercial.

Parce qu’il n’a plus rien à perdre, un jeune marginal décide d’éliminer tous ceux qui vont croiser sa route. Une descente aux enfers qui va entrer en collision avec des tranches de vie hors du commun : un gardien prêt à sacrifier sa vie pour son job, un voyeur qui va se retrouver bien malgré lui du côté des victimes, une exhibitionniste au grand coeur…

Le scénario est donc bien trop maigre pour donner à A Day to Kill une vraie ambiance. On tente donc de nous tromper avec l’affiche du film (ce qui n’est pas bête en soi). On ne nous raconte donc pas une énième histoire de tuerie dans un lieu commun (ici un centre commercial) mais l’on cherche à nous prendre au dépourvu afin que l’on ait la chance de voir quelque chose d’autre. Il y a donc énormément de choses qui m’ont un peu fait penser aux destins croisés de Paul Haggis dans Collsion (en beaucoup moins bon) et cette ambiance toujours très morne laisse à penser que tout le monde peut être responsable de quelque chose de terrible tout au long du film. Mais non, le scénario ne va pas creuser suffisamment son histoire et va donc nous laisser sur le carreau. Toute la philosophie et le développement psychologique qu’il tente de donner à certains personnages laissent pantois et surtout froid. Le spectateur se demande bien ce qu’il est en train de regarder, notamment quand ces effets visuels viennent dégueulasser le film et lui enlever ce qui faisait justement l’une de ses qualités : sa mise en scène. Car Joseph Hahn a beau réaliser ici son premier long, il parvient malgré tout à exploiter suffisamment bien sa caméra à certains moments.

Ce qui permet de se pencher sur les personnages mais aussi sur l’environnement qui est psychologiquement important pour le scénario et intéressant pour le spectateur. Dès le départ on tente de nous dire à quel point le centre commercial a été créé pour nous faire dépenser en reproduisant ce qui fait que l’on se sent bien (des cookies comme fait maison, des fausses images de femmes dénudées, de la mise en scène de la culture d’un pays au travers de certains fast food dont la nourriture préparée n’est pas d’ici, etc.). Sauf que cela s’arrête plus ou moins là et le film ne va donc pas plus loin. Ce qui aurait pu être une critique du monde de la consommation fini donc par devenir un film un peu opaque où il est difficile de savoir ce qu’il veut nous raconter. La première partie se tient plutôt bien et puis la seconde part dans tous les sens. On se demande alors où est ce que tout cela doit nous emmener mais les réponses sont malheureusement introuvables. Le constat de la jeunesse de Eric Bogosian est certainement intéressant, peut-être dans son livre, mais ici cela devient un peu trop manichéen dans un scénario sous vide.

Note : 3.5/10. En bref, malgré des efforts de mise en scène et un casting plutôt bon, le film est étouffé par son côté légèrement vide.

Date de sortie : 18 juin 2014 - Directement en DVD

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