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Critiques Séries : Ainsi Soient-Ils. Saison 2. Episodes 7 et 8.

27 Octobre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Ainsi Soient Ils

Critiques Séries : Ainsi Soient-Ils. Saison 2. Episodes 7 et 8.

Ainsi Soient-Ils // Saison 2. Episodes 7 et 8. Episode Sept / Episode Huit.
SEASON FINALE


Ainsi Soient-Ils est une très belle et bonne série française. Elle nous aura prouvé une fois de plus au travers de ces deux derniers épisodes qu’elle peut être une série à la fois joviale et terriblement touchante. Je pense que ce qu’il y a de plus réussi dans cette série c’est le fait qu’elle ressemble à une sorte de miroir réfléchissant de notre société moderne. Il y a une critique de la société de partout, même de l’Eglise en elle-même puisque le but de Ainsi Soient-Ils n’est pas de faire dans la demi-mesure mais je trouve ça remarquable. Surtout que l’on ne s’attend pas forcément à ce que la série aille dans cette direction, tout simplement. Dans l’épisode 7, Yann est effrayé par le jeu de séduction insistant de Fabienne et il a bien raison d’avoir peur. Mais justement, c’est une façon de parler de la foi et de l’engagement que l’on peut faire à Dieu. En tout cas dans la religion. C’est une question que l’on est en droit de se poser et qui fonctionne très bien. La foi était l’une des grandes questions de cette seconde saison, de ce que l’on peut faire grâce à la foi et à cause de la foi. Cela peut être de bonnes choses comme celle peut être destructeur bien évidemment. Aux Capucins, l’ambiance n’est pas forcément aux beaux fixes, à la fois du point de vue de Guillaume (ce dernier a enfin compris dans l’épisode 6 pourquoi il se devait de rejoindre les rangs).

D’ailleurs, pour ce qui est de Guillaume, quand je repense à la fin de l’épisode 6, je me demande si au fond ce n’est pas une façon de dire que le seul moyen de se guérir de l’homosexualité c’est de rejoindre les rangs de la religion. C’est bien plus compliqué que ça et heureusement que le propos de Ainsi Soient-Ils est un peu plus étoffé que ce que je viens de dire mais c’est une suggestion qui aurait très bien pu être faite par la série (et qui m’aurait sans aucun doute dérangé). De son côté, l’avenir de José est incertain. Il pense à entrer dans un monastère histoire de changer encore un peu plus sa radicalisation et de mener un combat différent pour lui même. Tout cela fonctionne très bien, surtout que l’on voit à quel point la série est sincère avec ses téléspectateurs. Elle ne cherche pas à nous confondre dans des tas de trucs pompeux. C’est tout le contraire. Raphael va alors en profiter pour se révolter contre la mission que va lui confier le Père Soubiran. Et il a bien raison. Raphael est quelqu’un qui est peut-être un peu trop gentil par moment. On a envie de le voir un peu prendre position. C’est un peu comme Yann finalement même si ce dernier fût l’un des personnages les plus importants de la saison.

A la fois vis-à-vis de sa foi qui est remise en question (avec Fabienne) mais également le fait qu’il semble vouloir vraiment ce qu’il est en train d’étudier. Dans le dernier épisode, les drames s’enchaînent mais il y a également des moments beaucoup plus heureux. La série n’est pas là que pour nous proposer des choses terribles. Le père Bosco, qui a toute l’admiration de ses pairs pour son acte de rébellion aux Capucins, ne sait pas vraiment dans quelle direction amener ses séminaristes dans l’épreuve qu’ils s’apprêtent à traverser. Car ce qui se passe ce n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux pour le monde, en somme. Quoi qu’il en soit, la série parvient à délivrer de belles choses et notamment du point de vue des personnages qui sont tous plus ou moins entre deux mondes. Celui de la foi et celui de leur vie d’avant la foi. On sent que leur vie d’avant est toujours là pour les rattraper. C’est Yann qui en fait les frais le premier mais ce n’est pas le seul. José va lui aussi se poser des questions, les bonnes encore une fois et son petit monologue dans la seconde partie de l’épisode n’était pas sans intérêt. Il était même très touchant. En tout cas c’est bien la preuve que Ainsi Soient-Ils est une série qui fonctionne et qui a énormément de choses à nous raconter.

Au travers de ces deux épisodes on explore encore une fois les diverses sentiments que peuvent partager les personnages de la série. Si ce n’était pas forcément très clair au début de la saison, cette fin brille de milles feux. C’est une fin de saison attachante et exaltante que l’on nous propose, par la grâce d’une puissante interprétation. On ne peut donc maintenant qu’attendre une saison 3 qui est déjà commandée par Arte et qui devrait arriver l’année prochaine (je l’espère au fond de moi puisque l’attente entre la saison 1 et la saison 2 fût tout de même catastrophique).

Note : 10/10. En bref, fin de saison parfaite pour les séminaristes de Ainsi Soient-Ils.

Critiques Séries : Ainsi Soient-Ils. Saison 2. Episodes 7 et 8.

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additup 30/10/2014 11:07

Je ne crois pas que Guillaume entre au séminaire pour fuir, nier ou guérir de sa sexualité.
L'appel, dont parlent les séminaristes, est très fort. Ils le ressentent et se "vouent à Dieu" avant tout et par dessus tout.

C'est la vraie motivation de Guillaume, après comme les autres il doit composer avec les préceptes et ses désirs, donc, lutter contre.
Même les séminaristes hétéro luttent contre leurs pulsions sexuelles car c'est pas catholique !

A un moment, Guillaume le dit "je choisis d'être prêtre" Il n'a pas choisi sa sexualité, il vit avec mais il choisit "Dieu".

J'aime cette série et son ambition de dépeindre la société et ses défauts par la lorgnette du plus rigide de ses rouages.
Ce que je reproche, c'est d'avoir forcé le trait sur Guillaume (élevé en hlm par une mère seule. C'est le gay de service qui accouche la fille perdue. Va savoir pourquoi ils ont écrit cette scène inutile du coup d'un soir, trouvé en boite ? Pire ils ont osé : il finit la saison barbu, si c'est pas stéréotypé !)

Tous les personnages sont comme ça, un peu too much

Le breton, Bretagne traditionnellement catholique, scout, guitare au feu de bois, naïf, illuminé, adulte/enfant qui n'a encore aucune conscience de la sexualité, il vit très bien sans se poser de question : vive l'abstinence. Il finira avec les mêmes questionnements que les autres.

Le beau gosse, issu de la grande bourgeoisie, hautes écoles, en rupture avec le père, soutien de famille, responsable, qui finira à Rome.

Le voyou, colérique, en colère, violent, très grand cœur au fond, rebelle à toutes autorités mais qui accepte celle de Dieu. Il ne subit pas les tentations de la chaire, mais les douleurs et la paralysie.

L'encadrement est tout aussi grossièrement esquissé (on retrouve exactement les mêmes traits de caractères mais avec 20/30 ans de plus et la sagesse ou l'expérience)

Le rachat par un arabe... limite
Un industriel riche et puissant aurait largement suffit à démontrer les nécessités économiques et le gâchis.

La première saison, je m'étais dit qu'ils avaient voulu tout écrire, tout dire en cas de non renouvellement, maintenant que la cause est assurée, j'espère qu'on aura une 3ème saison qui croit plus en ses auditeurs, pas besoin de mettre les points sur les I.

additup 30/10/2014 13:12

"....Ils ont parlé d'énormément de sujets de sociétés (le mariage pour tous notamment)...."
C'est effectivement tout l'intérêt de la série.

Si "on" arrive à faire réfléchir l'église, à la faire évoluer, souvent, c'est que la société a fait un grand pas.
Le choix des scénaristes de se positionner en plein coeur du "non" est judicieux dans ce sens.

Le mariage pour tous était le grand débat de société des 3 dernières années. La série ne pouvait pas manquer de s'y intéresser.
Je pense même que la série était un prétexte, un format pour en parler.
Je crois que la série a été réalisée et financée pour ça, d'où les archétypes de personnages.


Parlons de ce sentiment de culpabilité :
En effet, il se sent coupable mais pas d'être au mauvais endroit, je crois toujours à cet histoire d'appel plus fort que tout. Je crois qu'il se sent coupable d'être lâche lors de 2 grandes occasions qu'il a eu de dire son homosexualité et de la revendiquer :

- lors des entretiens "d'orientation" ou l'église les questionne directement. (Que son guide spirituel soit le plus strict des pères, peu ouvert au dialogue ne l'a pas aidé).

- lors des rencontres avec les intégristes anti-mariage et homophobes.
Il est dégoutté mais se tait. (d'ailleurs, ils se taisent tous)

Dsl, je ne me souviens plus du passage avec la petite lueur.

Je ne me souviens pas non plus si sa famille sait qu'il est homo ? Sa soeur, je crois que oui mais sa mère ?

delromainzika 30/10/2014 12:42

La saison 2 est même plus réussie que la première je trouve. Ils ont parlé d'énormément de sujets de sociétés (le mariage pour tous notamment) et j'ai trouvé ça intelligent le rapport à l'actualité. Pour ce qui est de Guillaume je comprends ce que tu veux dire, et je suis d'accord avec toi mais une part de moi pense que Guillaume, sans chercher à guérir son homosexualité, se sent coupable d'être dans un univers qui ne l'accepte pas tel qu'il est. Après l'appel de Dieu est très fort, c'est montré notamment avec la petite lueur que va voir Guillaume dans le 2.06 et qui va le remettre dans le bain.

additup 28/10/2014 14:32

."... je me demande si au fond ce n’est pas une façon de dire que le seul moyen de se guérir de l’homosexualité c’est de rejoindre les rangs de la religion"

Attention au choix du mots "guérir" et à ce qu'il sous-entend en général dans la société.

En ce qui concerne Guillaume, il ne me semble pas avoir de problème avec l'acceptation de son homosexualité. Il est gay, il ne le nie pas.
Par contre, comme il a la foi et qu'il répond à un "appel" :
Il essaie désespérément/douloureusement de vivre selon les préceptes "actuels" du catholicisme.

Ce qu'il regrette c'est le manque d'ouverture de l'église et de dialogue sur la sexualité des prêtres, la masturbation, le mariage et l'acceptation de l'homosexualité.
Guillaume, il rêve d'être un curé marié avec un autre curé. Du moins, c'est ce que je crois.

delromainzika 30/10/2014 09:44

Je sais bien que guérir est un mot fort mais au fond, en tant que gay, c'est comme ça que je vois la religion et ses faux préceptes parlant bien souvent de l'homosexualité comme d'une maladie. Je m'adapte juste au propos :) Et oui, tu as raison mais justement, il rêve de ce genre de chsoes mais son acceptation n'est pas totale.