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Critiques Séries : Get on Up, It's A Man's Man's Man's World

20 Octobre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critiques Séries : Get on Up, It's A Man's Man's Man's World

Get On Up // De Tate Taylor. Avec Chadwick Boseman, Nelsan Ellis et Viola Davis.


Tout le monde connaît forcément un titre de James Brown, que cela soit It's A Man's Man's Man's World, Sex Machine ou encore I Feel Good, il fait partie de ces légendes de la musique qui traverseront les siècles. Faire un biopic sur cette personnalité était donc une bonne idée et si la prestation de Chadwick Boseman (Persons Unkwown, Draft Day) est assez surprenante, le film reste malheureusement parfois un peu trop encombré de son envie de nous raconter une histoire avec une académisme débordant. C’est donc un biopic calibré, qui ne veut pas faire de fausse note et qui finalement devient parfois beaucoup trop lisse tant le récit, bien trop chronologique et linéaire ne parvient jamais à nous surprendre. C’est un film brouillon que Tate Taylor nous offre même si le scénario parvient malgré tout à nous prouver que James Brown est un businessman chevronné et que ses relations avec tout le monde, même avec sa mère, ont toujours été compliquée. Sa mère, incarnée par Viola Davis (actuellement à l’affiche de How to Get Away with Murder) est d’ailleurs un personnage que j’aurais peut-être apprécié voir beaucoup plus, notamment car la prestation est à la hauteur.

Vous le connaissez sous de nombreux pseudonymes: «Monsieur dynamite», «Le parrain de la soul», «Le travailleur le plus acharné du show business». Préparez-vous à découvrir l’homme derrière la légende. Né dans une grande pauvreté en Caroline du Sud, au beau milieu de la grande dépression, en 1933, James Brown a survécu à une jeunesse émaillée d’abandon, d’abus sexuel, d’écoles de redressement et de prison. Personne ne lui a jamais appris les règles du jeu. Il était destiné à les briser. De son expérience de boxeur amateur ou de chanteur de rue, il a su canaliser chaque coup dur en un rythme qui se fit l’écho de sa rage de vivre. Il est devenu un des interprètes les plus influents qui marquèrent la scène soul ou funk, et l’artiste le plus samplé de l’histoire continue d’inspirer la plupart des artistes reconnus aujourd’hui.

Si l’on vient voir Get On Up c’est certainement plus pour danser et chanter au rythme des titres de James Brown. Ni plus, ni moins. Chadwick Boseman est méconnaissable sous les traits du roi de la soul ce qui le rend particulièrement convaincant. Cela fait une grande partie de la réussite d’un biopic que d’avoir un acteur qui parvient à nous faire croire que l’artiste est sous nos yeux. Ce n’est pas donner à tout le monde de parvenir à le faire. Mais malgré tout, je n’ai pu m’empêcher d’être déçu dans le sens où l’académisme reprend le dessus et Get On Up devient finalement bien trop lisse pour réellement nous emporter. Et je pense sincèrement que c’est un gros problème dans un film comme celui-ci. Cela me rappelle un peu ce qui a été fait plus tôt avec le biopic sur Mandela qui était tout aussi académique et reposait en grande partie sur la prestation sans faille de son acteur principal. Les ressemblances sont grandes entre ces deux films si ce n’est que les discours politiques de l’un sont les prestations musicales de l’autre. Côté musical, c’est d’ailleurs un très beau film. On connaît tous les titres, on chante et comme James Brown on a nous aussi envie de bouger.

Car après tout c’est aussi le but de Get On Up. Au delà de nous raconter l’histoire de la vie d’un homme que je ne connaissais finalement que très peu (pas aussi bien que ses tubes en tout cas), c’est aussi un film qui veut nous émouvoir grâce à de belles prestations musicales. Je pense par exemple à la dernière qui m’a fait verser une petite larme. Je pense donc qu’il ne faut pas trop avoir d’égard pour les erreurs que peut faire Get On Up dans le sens où l’on a malgré tout de très belles choses, outre la prestation d’un casting solide et savamment choisi. Tate Taylor à qui l’on doit le très bon La Couleur des Sentiments s’est donc une fois de plus laissé avoir par les bons sentiments même si pour le coup, j’ai largement préféré son précédent film qui était bien plus efficace en son genre. Disons que je n’attendais pas forcément quelque chose d’aussi polissé de la part d’un biopic sur un homme aussi énergique, aussi incontrôlable que James Brown.

Note : 5/10. En bref, académique.

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