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Critique Ciné : L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps, giallo nouveau

28 Décembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps, giallo nouveau

L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps // De Hélène Cattet et Bruno Forain. Avec Klaus Tange et Sam Louwyck.


Il y a quelque chose de fascinant tout de même dans L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps et cela provient de son esthétique très proche d’un Dario Argento. Pour avoir vu sa filmographie cette année, je dois avouer que j’ai retrouvé énormément de choses du metteur en scène italien dans ce film, de la musique à l’utilisation du système horrifique. Ce n’est pas une critique dans le sens où Dario Argento a influencé pas mal de monde dans le cinéma d’horreur sauf que ce n’est pas forcément réussi. Si L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps fascine, il n’en a aussi de cesse de nous décevoir. D’autant plus car le film est justement coincé dans ses références, on pourrait même parler de références Lynch-ienne ou Almodovar-esque derrière cet exercice ce style qui ressemble un peu plus à une démonstration d’étudiant studieux qu’à quelque chose de réellement intéressant. Car la forme est travaillée, belle et c’est même l’un des grands intérêts de ce film mais le film finit par devenir un peu trop égocentrique, tourné sur lui-même et c’est probablement ce qui ne parvient pas à nous faire passer un aussi bon moment que la forme ne le laissait suggérer.

Une femme disparaît. Son mari enquête sur les conditions étranges de sa disparition. L’a-t-elle quitté? Est-elle morte? Au fur et à mesure qu’il avance dans ses recherches, son appartement devient un gouffre d’où toute sortie paraît exclue...

Car le fond de L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps manque cruellement. On se retrouve avec un film assez creux qui ne raconte presque rien. J’ai longuement décroché à certains moments et pourtant la forme n’a de cesse d’utiliser tout ce qu’elle peut pour mettre en scène certains éléments de la vie (appuyer sur un bouton, prendre des photos, etc.) pour en faire des choses beaucoup plus originales à l’écran, nouvelles en termes de mise en scène. Sauf que c’est un peu trop en faire pour pas grand chose. Derrière L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps se cache donc un vide assez sidérant malgré le fait que le film abrite quelque chose de beaucoup plus étrange en son sein. On ne sait pas vraiment où est-ce que l’on veut nous emmener mais l’on sait avant tout que l’on est dans l’esprit complètement ravagé d’un homme qui semble être obsédé et cinglé. On ne sait pas trop ce qui s’est passé, les circonstances du drame, etc. et pourtant on a envie d’aller au bout car le film est tellement curieux avec nous qu’il n’a de cesse de renouveler tout ce qu’il installe histoire de ne pas nous donner l’impression de voir encore et encore les mêmes choses.

C’est ce qui abrite l’originalité de L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps. Mais cette originalité a forcément un prix et c’est un scénario qui manque de maîtrise. Si je n’ai rien contre les films qui parlent peu, je pars alors du principe qu’ils doivent être parlant par l’image. Si les images sont justement bourrées de dialogues à décrypter, il manque tout de même un je ne sais quoi qui aurait probablement pu parvenir à me séduire un peu plus. Car ce n’est jamais tout d’avoir de belles choses à nous montrer, encore faut-il que ces belles choses aient un sens. Dario Argento peut cependant être fier encore une fois de ce qu’il a légué au cinéma d’horreur. S’il n’est pas égalé (malgré certaines de ses mauvaises oeuvres), il n’en reste pas moins quelqu’un qui fascine et qui inspire encore des réalisateurs à faire la même chose. C’est le cas de ce film ambitieux mais qui aurait mérité d’être plus lisible. Avec quelque chose de plus travaillé sur le fond, je suis persuadé que l’on aurait eu ici l’un des meilleurs films de l’année 2014. Au lieu de ça on a un film simplement décevant par rapport à tout ce qu’il cherche à nous dire et à faire.  

Note : 4.5/10. En bref, si la sanction est rude, une forme magnifique et un fond complètement raté ne font pas forcément bon ménage.

Date de sortie : 12 mars 2014

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