Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : La French, poudre blanche

6 Décembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : La French, poudre blanche

La French // De Cédric Jimenez. Avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche et Céline Sallette.


Je pense que si vous suivez mes critiques cinéma depuis quelques temps, vous devriez alors savoir que je ne suis pas un très grand fan de Gilles Lellouche et pourtant, je suis contraint de reconnaître que depuis cette année et les derniers films dans lesquels il a pu jouer, j’ai changé d’avis. Dans La French, sous les trains de Gaetan Zampa il prouve une fois de plus que non seulement c’est un bon acteur mais qu’il peut avoir un charisme plaisant et être parfaitement intégré à l’histoire. Il faut dire qu’il incarne le grand méchant que Pierre Michel veut arrêter. La French c’est une organisation mafieuse des années 70 qui fût très importante dans le trafic d’héroïne et qui a gangrené tout Marseille avant de s’exporter aux Etats-Unis dans des camions de paella. C’est un film réellement efficace qui nous offre une plongée au coeur de la folie d’un homme, Pierre Michel, ancien accro aux jeux devenu accro à la French Connection et dont la seule issue pour lui sera d’y laisser sa vie. Mais ce n’est pas le sujet, La French est avant tout un polar sombre et moderne à la fois. Ce serait tout de même bien si en France on avait de bons polars comme celui-ci plus souvent.

Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes.

Le scénario est suffisamment bien étoffé pour nous en dire beaucoup sur l’histoire de la French Connection, du combat mené par ce juge, etc. Tout cela se fait dans un Marseille des années 70 reconstitué à merveille. Il n’y a rien à redire (sauf peut-être un plan de Marseille en hauteur où l’on voit, si l’on cherche un peu à l’oeil, des voitures récentes mais bon, ce n’est qu’un micro-détail dans un film étonnamment bien reconstitué). Voici donc un thriller qui n’a de cesse de faire des aller-retour jouissifs entre les personnages, juxtaposant certaines séquences musicales (entre Bang Bang ou encore Ces bottes sont faites pour marcher, on a le choix) à des séquences de presque silence. C’est assez fascinant la façon dont La French peut justement passer d’une scène bruyante à une scène de silence tout d’un coup sans que l’on ne soit vraiment préparé à ça. Mais tout cela s’entremêle avec les scènes d’action et des scènes plus intimes se concentrant sur la psychologie des personnages. Notamment Pierre Michel dans sa famille (la scène du téléphone est l’une des plus bouleversante du film). La French mélange tout un tas d’ingrédients qui ne sont pas directement lié au thriller de mafioso et je pense bien évidemment à l’humour, l’un des talents de Jean Dujardin.

Mais Jean Dujardin prouve aussi une fois de plus qu’il est très bon dans le film sérieux. Il a de quoi faire quelques blagues mais La French est un film sérieux, racontant une histoire sérieuse. Cet acteur mérite toujours amplement son Oscar et je dirais même qu’il en mériterait peut-être bien un autre, dans quelques années, si son talent reste le même et qu’il continue à faire d’aussi bons choix cinématographiques. Cédric Jimenez, déjà metteur en scène du décevant (mais intelligent) Aux yeux de tous, démontre surtout ici qu’il peut être un excellent réalisateur et scénariste (on lui doit aussi Scorpion au scénario) dans le registre des films d’action un peu thriller-esque sur les bords. Mais La French est probablement le film dont il peut être le plus fier à mon humble avis. Quoi qu’il en soit, sautez sur La French car même si sa durée (2h) vous fait peur, on ne s’ennuie jamais devant cette ribambelle de séquences qui s’enchaînent comme du papier à musique millimétré. C’est bien la preuve que l’on peut encore faire de très bons polars en France et que le genre n’est pas mort. De plus, ce film se rapproche un peu du style de Michael Mann (dont le dernier polar n’était pas fameux, Public Enemies).

Note : 9/10. En bref, on veut plus de polars aussi bon en France.

Commenter cet article