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Critique Ciné : Le Vrai du Faux, Fast & Furieux

25 Décembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Le Vrai du Faux, Fast & Furieux

Le Vrai du Faux // De Emile Gaudreault. Avec Stéphane Rousseau et Mathieu Quesnel.


Emile Gaudreault, déjà à l’origine du sympathique Mambo Italiano, était de retour au Québec pour Le Vrai du Faux, un film nous racontant l’histoire d’un réalisateur de films de de courses de voiture souvent critiqués pour être de pâles copies québécoises de Fast & Furious est une personnalité importante du pays. Tout d’un coup, l’histoire change alors que Le Vrai du Faux cherche à nous raconter comment Marco Valois va grandir. Le problème c’est que ce film a beau porter de bonnes idées il ne les exploite pas du tout. Que cela soit la critique du monde du cinéma qui ravage les acteurs ou encore le propos tenu sur le stress post-traumatique d’un soldat revenu d’Afghanistan. Cela aurait probablement pu devenir bien plus intéressant mais le film ne creuse pas vraiment quoi que ce soit et c’est vraiment dommage. On se contente donc de la comédie dramatique que l’on a sous les yeux et qui est assez maigre. Le film a le défaut de ne pas trop savoir ce qu’il veut être, une comédie ? Un drame ? On ne sait jamais. Je pensais dans un premier temps que j’allais voir une comédie (l’affiche du film le laisse penser) et puis rapidement Le Vrai du Faux se transforme finalement en quelque chose de beaucoup plus profond avec quelques crochets de comédie qui ne sont pas toujours très bien dosés.

Marco Valois réalisateur des films populaires Furie 1 & 2 subit un choc qui l’incite à tout arrêter et à prendre une année sabbatique. Mais l’inspiration le frappe de pleine fouet: il va faire un film profond sur un jeune soldat en stress post-traumatique de retour d’Afghanistan! Il rencontre Éric, jeune soldat imprévisible et traumatisé. Marco veut savoir ce qui s’est passé « là-bas ». Mais Éric ne se livre pas aussi facilement. Marco est prêt à tout pour avoir « son » histoire, même à emmener Éric dans sa petite ville natale. Éric saisit cette occasion dans l’espoir de revoir celle qu’il aime, son ex Sara. S’ensuit une odyssée comique, dangereuse et touchante où Marco et Éric devront affronter la psy hyper-déterminée d’Éric, qui est accompagnée quasi malgré elle d’un militant pacifiste un brin trop naïf, revoir ses parents inquiets pour enfin raconter son histoire, dire la vérité. Mais est-ce vraiment la vérité…?

Avec un peu plus de considération pour ce que Le Vrai du Faux veut réellement nous raconter sur le stress post-traumatique d’un soldat qui revient d’un pays en guerre, il aurait probablement fallu chercher à faire les choses de façon légèrement différente. Les quelques piques que le film tente d’envoyer au cinéma américain, ses remakes à tire larigot et son système de production, etc. ce n’est pas suffisant. En grande partie car le film ne creuse pas du tout cet aspect là et l’on se retrouve donc très rapidement avec quelque chose que l’on a déjà vu ou qui se veut subversif deux minutes simplement pour dire au spectateur que le film peut être un peu surprenant. Puis le personnage de Marco Valois est à mi chemin entre la critique du réalisateur qui en a rien à faire des principes et de celui qui trouve une nouvelle idée qui pourrait bien le rendre plus intéressant que l’on ne pourrait le penser. Sauf que l’humour est à la traine, que l’histoire de psychiatre qu’il y a derrière manque cruellement d’originalité et l’on a malheureusement l’impression que le film se répète encore et encore sans jamais vraiment venir à bout de ce qu’il aurait du faire, tout simplement. L’approche de ce film est aussi très floue. On ne sait pas comment réagir la plupart du temps car Le Vrai du Faux n’a de cesse d’être le cul entre deux chaises.

Stéphane Rousseau n’est ni bon ni mauvais. Disons que son personnage est assez creux malgré une apparence assez tape à l’oeil. Du coup, ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus efficace et intéressant à mon goût. Ensuite le film n’a de cesse de faire des blagues qui tombent à plat. C’est le problème d’une comédie qui ne s’amuse pas ou d’un drame qui ne sait pas du tout ce qu’il veut (et peut) être. Du coup, Le Vrai du Faux est un film décevant. Je m’attendais à rire, à passer un bon moment et le résumé était réellement intriguant. Puis une fois vu je dois avouer que j’ai plus envie d’oublier ce film qu’autre chose. Car il n’y a rien d’intéressant dedans, tout ce que Le Vrai du Faux touche ne se transforme pas en or. Au contraire. Emile Gaudreault offre en plus de ça à son film une esthétique de téléfilm (ou bien de tous ces films français qui tentent d’entrer dans le moule et qui sont donc mis en scène de façon à ressembler à un téléfilm qui manque cruellement de moyens). Le Vrai du Faux ne manque pas forcément de moyens puisque ce n’est pas un film qui doit avoir des moyens mais cela ne va pas suffisamment loin et l’issue devient très rapidement décevante.

Note : 3/10. En bref, une idée intéressante qui ne sait jamais dans quelle direction évoluer.

Date de sortie : Directement en DVD

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