Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critique Ciné : Men, Women and Children, ultra connecté

17 Décembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Men, Women and Children, ultra connecté

Men, Women and Children // De Jason Reitman. Avec Ansel Elgort, Adam Sandler et Jennifer Garner.


Après le succès inattendu de Nos Etoiles Contraires, on retrouve donc Ansel Elgort dans le rôle à nouveau d’un adolescent plein de problèmes. Son problème dans Men, Women and Children c’est le fait que sa mère l’ait complètement abandonné et qu’elle ne veuille même plus le voir regarder ses photos en le bloquant de Facebook. La brutalité qu’il y a derrière va donner envie à ce jeune garçon de se renfermer sur lui-même et par la suite de complètement décrocher. Mais ce n’est pas forcément l’histoire et le personnage le plus important dans Men, Women and Children puisque le but de ce film est avant tout une prise de conscience. Il ne faut pas être trop laxiste avec ses enfants en termes d’utilisation d’Internet mais il ne faut pas non plus être trop restrictifs car dans les deux cas, on s’en brûle les doigts. La morale du film est sacrément douteuse tout de même dans le sens où elle américanise beaucoup trop le propos et le transforme en une sorte de grosse pâtée pas forcément ce qu’il y a de plus digeste. Mais ce n’est pas un mauvais film non plus. Celui à qui l’on doit Juno ou encore In the Air n’a pas vraiment réussi à faire un excellent film avec le sujet pourtant excellent qu’il avait entre les mains.

Men, Women & Children brosse le portrait de lycéens leurs rapports, leurs modes de communication, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et leur vie amoureuse. Le film aborde ainsi plusieurs enjeux sociétaux, comme la culture des jeux vidéo, l’anorexie, l’infidélité, la course à la célébrité et la prolifération de contenus illicites sur Internet. Tandis que les personnages s’engagent dans des trajectoires, dont l’issue est parfois heureuse et parfois tragique, il est désormais évident que personne ne peut rester insensible à ce bouleversement culturel qui déferle sur nos téléphones, nos tablettes et nos ordinateurs.

Je sais bien que Men, Women and Children est adapté d’un roman et qu’il se devait d’y être plus ou moins fidèle mais disons que je ne pense pas que ce roman soit aussi plein de guimauve que ça. Je ne me suis pourtant pas ennuyé durant toute la durée du film mais disons que j’en attendais probablement un peu plus. La façon dont Jason Reitman décortique la société 2.0 et les sentiments virtuels c’est tout de même une belle et bonne base de sujet. C’est même quelque chose qui est problématique de nos jours, entre ce couple qui passe son temps, chacun de son côté, sur un iPad et qui se retrouve intéressé par ce qu’il y a à la télé par moment sans vraiment prendre le temps de se regarder et donc de partager un moment ensemble. Il parvient également à mettre en scène à la fois le point de vue des adolescents mais également celui des adultes. Il y a des intrigues assez horribles (notamment cette histoire de photos qui s’apparente à de la pornographie infantile plus qu’à du véritable mannequinat). On retrouve donc ici les défauts d’un film chorale qui veut trop en raconter et qui aurait probablement gagné des points en faisant les choses de façon légèrement différente.

Notamment en ne prenant que le point de vue d’une famille entière, des parents aux enfants, sans chercher à raconter l’histoire vu d’autres personnages. Car si le film se réfugie justement dans la variété de ses portraits, c’est bien souvent pour en dégoter les plus gros clichés qu’il soit : le père laxiste, la mère répressive, les parents à l’ouest, etc. et l’adolescente influençable, celle qui est bridée depuis sa découverte d’intérêt, la découverte de la pornographie qui transforme la sexualité d’un adolescent de 15 ans en un véritable enfer, etc. Tout cela est très bien exploité dans l’univers de Men, Women and Children mais le film tombe parfois dans le trou, se prend les pieds dans les filets et ne parvient donc pas vraiment à s’en sortir. C’est pour ça que la fin du film n’est pas vraiment réussie et qu’il manque quelque chose là dedans. Jason Reitman était habitué à faire des films bien plus intéressants tout de même et la déception n’en est que plus grande quand on voit à quel point la magie disparaît rapidement et le film n’est que l’ombre de lui-même.

Note : 6/10. En bref, sympathique mais n’évite malheureusement pas les poncifs du film chorale. Dommage.

Commenter cet article