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2014 en séries : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la diversité

2 Janvier 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Série Express

2014 en séries : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la diversité


En 2014, nous avons eu pas mal de nouvelles séries mettant en scène la diversité culturelle et ethnique. Contrairement à Ridley Scott avec son Exodus, les chaînes américaines sont de plus en plus enclines à nous offrir des programmes de qualité avec des personnes non blanches, tout simplement. Cela aurait bien évidemment pu être une année beaucoup plus charnière mais elle propose justement de faire un réel pas vers la diversité alors que beaucoup de nouveaux programmes de cette année avaient justement des personnages afro-américains, latinos, etc. en tête de leurs séries. Et ce n’est pas fini, on attend encore Fresh Off the Boat sur ABC l’année prochaine par exemple. Parlons justement du cas d’ABC qui est celle qui a justement mis le plus de diversité à l’antenne cette année. Avec Black-ish, How to Get Away with Murder et Cristela, il s’agit de la chaîne ayant le plus de nouveautés mettant en scène cette fameuse diversité. C’est un réel pas et une marque de changement dans une Amérique qui manque parfois légèrement d’audace, notamment Ridley Scott. Mais je ne suis pas là pour parler du white-washing d’Exodus, il y a déjà des tas de personnes qui l’ont fait en bien mieux avant moi.

Ce dont je veux vous parler c’est du fait que les américains, à la télévision, n’ont plus peur des séries avec pour héros ou héroïnes des afro-américains ou encore des latinos. L’an dernier, l’arrivée de OWN Network, la chaîne d’Oprah Winfrey, avait déjà apporté son lot de diversité pour une chaîne qui est aussi à destination des afro-américains. J’ai souvent eu du mal avec les séries afro-américaines et pourtant, il y a aussi de petites perles ici et là. Tyler Perry, que j’ai du mal à soutenir également nous a offert malgré tout The Haves and The Have Nots, un soap diffusé sur la chaîne qui devient très rapidement addictif. Il a lancé cette année If Living You is Wrong, une nouvelle série avec des afro-américains, des latinos mais également des blancs. Personne n’est sous représenté, tout le monde est mis sur un même pied d’égalité. De plus, on ne traite pas les personnages avec un angle raciste, loin de là. Les personnages sont traités avec un angle bien plus intéressant, plus intelligent malgré la crétinerie des intrigues. Tyler Perry, lui-même issu de la communauté afro américaine prouve donc qu’il peut permettre de faire un pas vers la diversité culturelle à la télévision.

Pour en revenir aux grands networks américains, eux aussi tentent des choses et je pense à ABC qui aura eu cette saison le plus de nouveauté avec le plus de diversité. A commencer par Black-ish, une comédie sur une famille afro-américaine qui aime justement ses valeurs et aimerait bien les transmettre aux autres. Le pilote ne m’avait pas convaincu, trop axé sur quelque chose de presque raciste à mon goût. Puis dès le second épisode la série a semble t-il viré de bord et est devenue complètement différente. C’est alors devenu une comédie brillante, soigneusement écrite et qui s’avère finalement être l’une des meilleurs nouveautés de la saison et probablement l’une de mes comédies actuelles préférées. Je suis en train de revivre ce que j’ai vécu avec Trophy Wife l’an dernier sauf que pour le coup, Black-ish a l’avantage d’être un succès. Ouf. Puis nous avons How to Get Away with Murder, autre série de la diversité où l’héroïne Annalise, est incarnée par Viola Davis, une grande actrice déjà multi-récompensée. Si la série n’est pas toujours brillante, c’est l’une des preuves que l’on peut faire évoluer les moeurs tant son succès est aujourd’hui là.

Puis il y a la petite Cristela. Cette dernière n’est pas un immense succès audimatique mais l’on ne peut pas demander à ce que tout fonctionne de partout. Mais c’était en tout cas une tentative intéressante qui est en plus de ça pour une série plutôt réussie dans son ensemble. Car Cristela n’a rien de honteux, bien au contraire, c’est une petite comédie très classique, avec parfois des moments assez ratés mais une sérieuse envie de faire des choses qui sont plutôt bien mises en valeur à l’écran. Je m’attendais pas nécessairement grand chose de Cristela au départ, puis j’ai été agréablement surpris. Quoi qu’il en soit, je vais aller jusqu’au bout de la saison. La diversité à la télévision a longtemps été un point faible alors qu’avoir des héros noir ou latinos n’était pas quelque chose de simple. On a vu cela évoluer avec Shonda Rhimes qui, au fil des années de Grey’s Anatomy a su mettre tout le monde sur un pied d’égalité. On a eu Kevin Hill aussi même si cela n’a pas fonctionné, Day Break encore une autre tentative ratée, etc. On se rend aussi rapidement compte quand on remonte le temps que la chaîne qui a le plus osé en termes de diversité c’est ABC. ABC a toujours proposé des séries différentes avec des gens de tous horizons. C’est ce qui fait probablement aussi la force de cette chaîne aujourd’hui.

Par ailleurs, l’une des meilleures nouvelles séries de l’année, Jane the Virgin, met en scène la communauté hispanique de façon assez cocasse. Les clichés sont là mais pas dans la culture des personnages, simplement dans la forme utilisée par la série. On retrouve un peu ce qui avait pu faire l’originalité d’une Ugly Betty poussé presque à l’extrême. La série parvient donc à faire des choses intelligentes avec ses personnages et son univers. Tout ce dont on pouvait rêver en somme. Mais la série va bien plus loin. Ensuite la diversité cela ne passe pas forcément par les origines ethniques mais également par un handicap (Switched at Birth est probablement l’un des plus beau modèle du genre bien que la série soit malheureusement très irrégulière) ou encore une orientation sexuelle (et l’homosexualité, LGBT en générale, est souvent instrumentalisé au second plan même si ces dernières années NBC avait tenté quelque chose d’assez brillant sur le sujet avec The New Normal qui était à mon sens très réussie). Il est cependant difficile de savoir ce qui peut fonctionner dans le registre de la diversité puisque finalement en dehors de quelques petits succès, souvent de niche, il est difficile de réellement savoir ce qui plaît dans la diversité.

Certes, on a How to Get Away with Murder (et Scandal aussi avec son héroïne afro-américaine) ou encore Black-ish mais ce n’est pas suffisant comme modèles puisqu’ils ne viennent que d’un seul et même network et que les autres ont des lignes de conduites différentes. Malgré tout on retrouve aussi de la diversité éparpillée, notamment avec State of Affairs où l’on a une Présidente afro américaine. Le fait que cela soit une femme et qu’elle soit afro-américaine tend encore une fois à changer les moeurs ou encore à prouver que l’on peut être les deux à la fois et être à la tête d’un pays. La diversité se traduit donc également par des séries comme Orange is the New Black ou malgré le fait que le personnage « principal » soit blanc, la série est d’une diversité étonnante. Elle ose justement ne pas conjuguer héroïne blanche avec des clichés communautaires à côté. Au contraire, elle s’en sort royalement bien de ce point de vue là afin de nous proposer quelque chose de complètement différent mais surtout d’égalitaire par rapport aux autres.

Mais la preuve que les séries évoluent vers quelque chose de plus diversifié : Kerry Washington et tout de même la seconde femme afro-américaine à devenir l’héroïne d’une série depuis Diahann Caroll et cela datait de 1968. Autant dire que la télévision américaine a réellement évolué avec Scandal. Mais il ne faut pas non plus tout voir trop comme un réel changement car Ugly Betty devait bien être l’ouverture à des séries plus diversifiées et il aura fallu attendre 2014 pour que cela soit réellement le cas. Cette année on a aussi Extant avec Halle Berry. Cette dernière, outre sa notoriété cinématographique, est là aussi une preuve de la volonté de diversité en télévision. Mais si le rôle de Halle Berry est assez important dans la série, je trouve qu’elle a finalement une place aussi importante que Octavia Spencer dans Red Band Society (encore une autre série qui tente la diversité mais pour des raisons légèrement différentes puisqu’il est question de handicap). Je pourrais mettre dans les séries culturellement variées The Mindy Project mettant en scène Mindy Kaling, d’origine indienne. Il s’agit en plus de ça de l’une de mes comédies préférées de ces dernières années. Finalement, et si 2014 était l’année du premier pas vers la diversité à la télévision ?

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rachida 03/01/2015 00:06

Les américains ont toujours mis des noirs, des portoricains même des gens d'origine arabe dans leurs séries. En France on pêche et si il y en a ça sonne faux comme posé là...Je me rappelle d'une série pathétique qu'il s'appelait "seconde b" dedans il traitait d'un "lycée" avec des minorités mais il s'avérait que les 2 maghrébins principaux (censé représenter la communauté) ne l'étaient même pas!! C'était des réunionnais la blague