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Critique Ciné : La Dune, road trip

4 Janvier 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : La Dune, road trip

La Dune // De Yossi Aviram. Avec Niels Arestrup, Lior Ashkenazi et Guy Marchand.


La Dune est tout de même un film assez étrange. Disons qu’au premier abord, je ne m’attendais pas du tout à voir un film de ce genre là. Mais je suis tout de même forcé de constater que sans être complètement réussi, La Dune n’est pas ce qu’il y a de plus honteux non plus. Il y a derrière cette quête pour un père mais aussi pour se retrouver soi-même une vraie volonté de faire les choses bien. Peut-être un peu trop bien d’ailleurs puisque l’on ressent une certaine forme d’académisme dans un film qui avait largement de quoi faire de façon légèrement différente. C’est donc avec une structure très mécanique, très académique, que l’on suit ce film et les aventures de ces personnages. Je n’ai jamais été un très grand fan des films français qui cherchent à nous faire des road-trip toujours de la même façon alors qu’il y a des tas de choses à faire. La preuve en est avec Mammuth (avec Gérard Depardieu) qui est un road-trip original à mes yeux. L’originalité pour La Dune, on ne la vit donc pas dans la forme mais plutôt dans le fond alors que les diverses quêtes offrent au film un charme certain.

Hanoch est seul face à la mer, il a parcouru une longue route à vélo, à travers la France. Au loin : Israël, son pays, qu’il a quitté pour une raison mystérieuse. Quelques jours plus tard, une jeune femme le retrouve sans connaissance sur le rivage. Personne ne parvient à savoir qui il est. L’inspecteur Ruben Vardi est sur le point de prendre sa retraite : pas question de se charger de cette affaire. Mais des faits étranges le décident à changer d’avis…

Du coup, l’un des plus grands atouts de La Dune c’est bien évidemment Niels Arestrup. Cet acteur, que l’on a retrouvé un peu de partout cette année au cinéma (96 Heures, Diplomatie, et j’en passe et des meilleurs) est une figure emblématique du cinéma. C’est un brillant acteur que a bien souvent la reconnaissance qu’il mérite (il a eu un César l’an dernier pour le rôle qu’il incarnait dans Quai d’Orsay). En face nous avons Lior Ashkenazi, lui aussi également très bien qui nous offre une bien jolie prestation. Cependant, ce n’est pas suffisant à mes yeux. Bien au contraire, La Dune semble faire un peu trop les choses dans l’ordre, comme si tout ce que l’on allait voir par la suite allait devenir bien plus prévisible. Le film prend alors plusieurs tons, passant d’une idée à un autre, sans que cela ne soit réellement intéressant. Le film cherche à prendre son temps afin de poser son univers, ses personnages, sans que le tout aurait clairement pu être légèrement différent. Forcément que la lenteur a aussi du bon car si cela ne satisfait pas vraiment l’histoire en elle-même, le plus important reste les portraits masculins.

Ces portraits d’homme sont teintés d’une belle sincérité qui force forcément le respect de tous et qui nous donne l’occasion de passer un agréable moment. Pour son premier long métrage, Yossi Aviram ne s’est pas encore absout de tout l’académisme dont peuvent faire preuve les jeunes réalisateurs. Mais je suis persuadé qu’il y a du potentiel à creuser pour lui, notamment car il semble avoir une vision des choses bien plus grands. A certains moments, cette histoire semble vouloir aller au delà. Ainsi, on se retrouve donc avec un film dont on semble tout deviner avant même que cela ne commence. Les décors sont eux aussi intéressants alors que l’on n’a pas souvent pour habitude de voir l’Aquitaine et notamment le Lot et Garonne au cinéma. Ce ne sont pas des coins que les réalisateurs semblent adorer en France mais au moins Yossi Aviram a tenté d’en faire quelque chose et pour le coup, c’est en parti réussi. Avec un scénario moins prévisible et un travail de mise en scène plus important, on aurait probablement pu avoir un très beau film.

Note : 5/10. En bref, ne manquant pas d’idées, La Dune tombe souvent dans les facilités et l’académisme.

Date de sortie : 13 août 2014

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