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Critique Ciné : Frank, délire abusif

9 Février 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Frank, délire abusif

Frank // De Lenny Abrahamson. Avec Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal et Michael Fassbender.


Lenny Abrahamsson qui avait accouché du très bon What Richard Did (2012) revient avec un film dramatique étrange alors que le héros se cache sous une grande tête en papier mâché. On retrouve un peu de Michel Grondy là dedans sans lui parvenir à la cheville car le problème c’est que Frank est ennuyeux. C’est un joli film avec une jolie petite histoire mais ce n’est pas suffisant pour transformer l’idée en un film solide et bien mené. Car du début à la fin, je me suis demandé si Frank allait parvenir à décoller ou bien si le film allait rester ce qu’il était et donc décevant. Peter Straughan (Wolf Hall, La Taupe) et Jon Ronson (Les chèvres du Pentagone) se retrouvent donc une fois de plus pour un film dont le potentiel est très mal exploité. Jouer la carte de la quête d’identité c’est quelque chose que l’on a déjà vu encore et encore dans bien d’autres films sauf que celui-ci ne parvient pas à faire les choses de la bonne façon. Le film tire encore et encore sur la corde jusqu’à ce que cette dernière craque et laisse alors le film tourner en roue libre. La seconde partie de Frank manque d’ailleurs énormément de consistance et de cohérence. Le film était déjà très fade dans sa première partie, mais écrit avec beaucoup de fainéantise, le récit fonde comme neige au soleil.

Jeune musicien rêvant d’être une rock star, Jon croise le chemin d’un groupe de pop avant-gardiste à la recherche d’un nouveau clavier. Il devient vite le protégé de Frank, leur leader, aussi fascinant que mystérieux : ce génie musical vit dissimulé en permanence sous une grande tête en papier mâché. Entre phases de doute et éclats de créativité, rapports fusionnels et crises de confiance, l’enregistrement du premier album du groupe et les concerts les conduiront dans une véritable aventure humaine de l’Irlande jusqu’au Texas !

Il y avait une idée derrière Frank que je trouvais assez intéressante : mettre Michael Fassbender sous une tête. C’est quelque chose qui n’est pas bête mine de rien étant donné que cet acteur manque cruellement d’expressions. Caché il peut donc être beaucoup plus expressif sauf que le scénario ne vient pas appuyer cette idée et du coup, cette fantaisie apparaître comme terriblement pompeuse. Au bout d’une heure j’ai commencé à avoir envie de quitter la salle, de stopper ce petit film que j’allais voir avec l’envie d’aimer. D’aimer ce que Lenny Abrahamsson allait nous proposer, à mi chemin entre la comédie et la dramaturgie, sauf que malgré de nombreuses idées, on n’est jamais à la hauteur d’un bon Michel Gondry (voire même d’un mauvais film du réalisateur français). La faute à un film qui n’ose rien et qui n’a de cesse de tomber dans le prévisible. C’est un film assez naïf sur sa quête qui évolue donc de façon terriblement ennuyeuse sans parvenir à nous surprendre. Le rythme est bien souvent l’un des plus gros problèmes de Frank. Il a beau être sympathique en surface, dès que l’on tente de se plonger dedans, le film nous rejette automatiquement.

C’est un peu comme si Frank s’essoufflait aussitôt après avoir débuté. Inspiré par le musicien anglais Chris Slevey et son personnage de Frank Sidebottom (qui a eu un immense succès dans les années 80), ce film veut nous raconter l’histoire de ce musicien qui ne sait pas trop dans quelle direction il peut aller pour nous surprendre. Il y a tout de même des atouts et notamment Maggie Gyllenhaal (The Honourable Woman) qui parvient à nous délivrer une prestation touchante et sans faille malgré tous les problèmes du film pour tenter de nous surprendre. Finalement, Frank manque cruellement d’idées pour soutenir celle qu’il tente de mettre au milieu et c’est forcément le plus gros problème que Leonard Abrahamson ne parvient pas à combler. Les ovnis au cinéma c’est souvent une bonne idée mais pas toujours aussi réussi que l’on ne pourrait le penser. Le regard apposé par le réalisateur sur la personnalité de Jon manque aussi d’un peu de légèreté car l’on a l’impression de plonger dans un truc manquant cruellement de surprises. Sans compter que les changements de registre à tire larigot tout au long du film, cela ne sert pas du tout le récit. Loin de là.

Note : 4/10. En bref, un film original extrêmement dispensable.

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