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Critique Ciné : Le Dernier Loup, la steppe de Mongolie

18 Mars 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Le Dernier Loup, la steppe de Mongolie

Le Dernier Loup // De Jean-Jacques Annaud. Avec Shaofeng Feng, Shawn Dou et Akhnyam Ragchaa.


Il n’y a que Jean-Jacques Annaud qui pouvait mettre en scène des scènes d’action avec des animaux et plus particulièrement des loups. Adapté du best-seller de Jiang Rong, Le Dernier Loup était avant d’être un film l’un des livres les plus lus en Chine. Autant dire qu’il s’agit d’un monument sacré de la littérature chez eux. Et quelle belle histoire que l’on nous compte. Le film n’est pas le meilleur de Jean-Jacques Annaud mais l’émotion qu’il créé, la densité des décors, la façon de mettre en scène les loups, etc. tout cela participe au plaisir que le spectateur peut prendre. On retrouve ici le goût du réalisateur pour le documentaire animalier, ce qui a toujours fait sa patte et surtout sa force. Il a toujours su faire des films propres et généralement il associe d’autres genres au documentaire afin de faire un film un peu plus consistant et donner envie à d’autres de découvrir une espèce. Quatre ans après le désastreux Or Noir, Jean-Jacques Annaud ne pouvait pas décevoir, il lui fallait un film fort avec une histoire suffisamment intéressante et puissante pour que l’on ait tous envie d’aller le voir et surtout, derrière, voir que le travail a été fait. Contrairement à Or Noir qui est probablement son film le plus raté. Le film repose donc en grande partie sur ses bons sentiments, mais ils ne sont jamais synthétiques. On a l’impression de vivre les choses en même temps que les personnages.

1969. Chen Zhen, un jeune étudiant originaire de Pékin, est envoyé en Mongolie-Intérieure afin d’éduquer une tribu de bergers nomades. Mais c’est véritablement Chen qui a beaucoup à apprendre – sur la vie dans cette contrée infinie, hostile et vertigineuse, sur la notion de communauté, de liberté et de responsabilité, et sur la créature la plus crainte et vénérée des steppes – le loup. Séduit par le lien complexe et quasi mystique entre ces créatures sacrées et les bergers, il capture un louveteau afin de l’apprivoiser. Mais la relation naissante entre l’homme et l’animal – ainsi que le mode de vie traditionnel de la tribu, et l’avenir de la terre elle-même – est menacée lorsqu’un représentant régional de l'autorité centrale décide par tous les moyens d’éliminer les loups de cette région.

Et c’est ce qui fait la force du cinéma de Jean-Jacques Annaud. En s’entourant d’acteurs inconnus au bataillon (en tout cas pour moi), il parvient à transformer ce qui semblait être une simple histoire de louveteau sauvé des mains des chasseurs de loups, est bien plus que ça. Le film met en scène les enjeux politiques de la région, sa modernisation rapide et surtout le peu d’égard que certains ont pour la nature et ce qu’il faut en préserver. On voit là (et à plusieurs reprises dans les dialogues de Le Dernier Loup) que Jean-Jacques Annaud tire la sonnette d’alarme sur le climat et le fait qu’il faut arrêter de vouloir gâcher la nature, simplement pour étendre son territoire. Il faut préserver la terre que l’on a. Si ce message est quelque chose que j’ai tendance à trouver barbant dans beaucoup de films, ici cela avait fort heureusement toute sa place. Ce qu’il y a également de bien avec ce cinéma c’est qu’il rappelle que finalement on peut faire de très belles choses avec peu de choses. C’est ça la véritable force de ce film, le fait qu’il cherche à illustrer avant de réellement nous proposer quelques chose de complètement différent. C’est ce qui a fait de ce cinéaste ce qu’il est aujourd’hui alors on ne peut pas lui en vouloir de revenir à une valeur sûre.

Par ailleurs, Le Dernier Loup est un très beau film qui illustre également très bien le combat d’un homme pour sauver des espèces. On l’a déjà vu film les ours, les tigres, pour ne citer qu’eux, et ici il parvient à filmer une autre espèce de voie de disparition : les loups. Il le fait avec beaucoup de malice et surtout un sens aiguisé de la surprise qu’il connaît bien. Notamment dans sa façon de gérer les scènes d’action mettant en scène des loups. La scène avec les chevaux sur le lac gelé est probablement l’une des scènes d’action les plus surprenante qu’il soit depuis un sacré bout de suite. En tout cas, dans ce genre de cinéma c’est l’une des plus belles. Car derrière tout cela, on retrouve quelque chose de sincère, loin des films à gros budget et sans cervelle que le réalisateur a pu nous délivrer ces dernières années (depuis Deux Frères en somme). La 3D est à côté de ça un accessoire dispensable comme pour beaucoup de films d’ailleurs mais ce n’est pas bien grave, le plaisir que l’on prend reste malgré tout assez entier et empli de sincérité. N’est-ce que le but ultime recherché finalement ? De la sincérité…

Note : 7/10. En bref, un très joli film, sincère et plein de belles images.

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