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Critique Ciné : Journal d’une femme de chambre, élégante peste

8 Avril 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Journal d’une femme de chambre, élégante peste

Journal d’une femme de chambre // De Benoît Jacquot. Avec Léa Seydoux et Vincent Lindon.


Léa Seydoux s’est faite remarquer ces dernières années au travers de film comme La Vie d’Adèle ou encore La Belle et la Bête. C’est une actrice que j’ai parfois un peu de mal à cerner mais qui, dans le rôle d’une servante qui n’a pas sa langue dans sa poche, semble trouver ses aises. Benoît Jacquot quant à lui semble enchaîner les films après 3 coeurs l’an dernier il nous offre déjà une toute nouvelle histoire. Je dois avouer que j’ai trouvé ce film un peu déroutant. Adapté du roman d’Octave Mirbeau, Journal d’une femme de chambre est une adaptation fidèle et surtout dans un monde où ressort de façon très sous-jacente (mais de façon intelligente) la lutte des classes qui se met en place en France. C’est d’ailleurs là que le personnage de Vincent Lindon (Pour elle) entre en jeu et le moins que l’on puisse dire c’est peut être là aussi où le film ne séduit pas complètement. La façon dont Benoît Jacquot introduit cette histoire de révolution qui se met en place n’est pas ce que j’ai préféré. Disons que le film ne parvient pas à nous rendre compte de ce qui se passe vraiment en dehors des maisons dans lesquelles notre « femme de chambre » a travaillé. Si l’on se réfère au titre du film, c’est bien normal que le film ne creuse pas plus.

Début du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

L’une des vraies bonnes idées de Journal d’une femme de chambre c’est Léa Seydoux. Je n’ai jamais détesté cette actrice bien que certains puissent dire qu’elle est une tête à claques. En tout cas, je trouve que ce rôle de femme de chambre lui va au teint. Elle est radieuse, mystérieuse mais également particulièrement insolente comme il se doit. Je connais le livre d’Octave Mirbeau mais je n’ai jamais lu ce livre, je ne peux donc pas vous parler de l’adaptation mais bien que j’ai largement préféré 3 coeurs du même cinéaste, je trouve qu’il y a quelque chose d’intéressant dans ce film. Si la lutte des classes n’est pas suffisamment bien mise en avant, le film gagne des points dans sa façon de dépeindre la bourgeoisie, se permettant tout (changer de femme quand bon lui semble, simplement car il en trouve une plus belle à côté, la difficulté de ne pas être riche et d’avoir un enfant dans la rue, tenter de gagner de l’argent avec son corps car c’est la seule chose que l’on ait d’intéressant à offrir, etc.). Léa Seydoux au milieu de ça se retrouve dans le rôle assez cruel de cette femme qui aurait voulu une vie meilleure mais qui ne l’a malheureusement pas eu. Même Vincent Lindon, qui vient la sortir de l’enfer Lanlaire n’est pas ce qu’elle cherchait.

La scène de sexe entre Vincent Lindon et Léa Seydoux exprime d’ailleurs parfaitement à quel point elle n’est pas heureuse. Le film n’a de cesse d’être cruel avec nous, révélant tout un tas de choses au fil du film (notamment le fait que Célestine a été florée à 12 ans, ce qui est tout de même horrifiant). Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé la façon dont Benoît Jacquot met tout cela en scène. C’est simple mais élégant. Il y a d’ailleurs une certaine forme de décalage intéressant entre le sujet horrible du film et la mise en scène léchée. C’est un choc qui fonctionne bien car c’est ce que l’on peut attendre de ce genre de film. Par ailleurs, Journal d’une femme de chambre est aussi d’une simplicité affolante. Le film est bourré de moments où l’on ne sait pas nécessairement où l’on est (par rapport à la scène que l’on a vu auparavant) mais la façon dont tout est sous-entendu derrière et dont Benoît Jacquot choisit de représenter la société de cette époque est quelque chose d’assez fascinant dans son ensemble. J’ai également adoré Clotilde Mollet sous les traits de cette peau de vache de Madame Lanlaire. C’est d’ailleurs même un film qui peut être assez drôle dans son ensemble (l’histoire des pruneaux pour ne prendre qu’un exemple était excellente).

Note : 7/10. En bref, un film étonnant et pourtant si simple.

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