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Critique Ciné : Cymbeline, après Hamlet

21 Mai 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Cymbeline, après Hamlet

Cymbeline // De Michael Almerayda. Avec Ethan Hawke, Ed Harris et Milla Jovovich.


Adapté de la pièce de William Shakespeare du même nom, Cymbeline est un film honorable sur une guerre entre gang de motards et flics ripoux. 15 ans après son adaptation d’Hamlet, Michael Almerayda revient donc à Shakespeare, une nouvelle fois avec Ethan Hawke au casting. Ce qui aurait pu être un vrai accident industriel est tout le contraire. En effet, Cymbeline est une pièce que je ne connais pas du tout mais la façon dont Michael Almerayda l’adapte rappelle justement son Hamlet et la façon dont il avait déjà tenté de nous raconter une tragédie Shakespearienne avec son angle de vue, ses mots et tout ce qui peut s’en suivre. L’une des surprises de ce film c’est avant tout son casting qui en plus d’être particulièrement bon, est aussi surprenant pour certains comme par exemple Penn Badgley que j’avais plus pour habitude de voir cabotiner dans Gossip Girl qu’autre chose et qui parvient ici sous les traits de Posthumus à délivrer une prestation étonnante. C’est à peu près le cas de tous les membres du casting qui incarne des rôles de la pièce avec l’histoire tragique que Michael Almerayda a voulu imposer derrière. Ce n’est pas non plus le film le plus original dans le sens où en plus de reprendre l’oeuvre, il reprend des éléments de polar que l’on a déjà vu ailleurs et surtout en beaucoup mieux.

Une nouvelle lecture de la pièce de William Shakespeare, Cymbeline.

C’est bien qu’il y a un léger problème dans le scénario et dans le fait qu’il ne cherche pas à sortir de son angle classique. Mais la mise en scène, souvent froide et rustre, apporte là aussi un grain au film, qui nous permet de l’apprécier de façon complètement différente. Il y a parfois des non-sens mais ce n’est pas ce qui intéresse le plus le spectateur étant donné que le spectacle reste assez fidèle au genre tragique du début à la fin. La fin tente de nous offrir une vision un poil plus heureuse de l’histoire mais ce n’est pourtant pas totalement le cas dans le sens où Cymbeline a justement besoin de dramaturgie pour avancer et la conclusion ne pouvait pas se faire autrement. Transporter une oeuvre aussi importante qu’une oeuvre de William Shakespeare aux temps modernes est quelque chose qui n’est pas si facile que ça mais le pari, bien qu’ambitieux, est réussi. Cymbeline est pourtant l’une des oeuvres les moins connues du tragédien mais l’on sait rapidement pourquoi il a choisit cette oeuvre plutôt qu’une autre. Car cette oeuvre lui permet justement de mieux nous plonger nous dans l’univers de Cymbeline, incarné par Ed Harris. C’est ici le leader des Briton, un club de motard façon Sons of Anarchy. D’ailleurs, impossible de ne pas penser à cette dernière quand on regarde ce film (même si l’influence n’est probablement pas celle du scénariste et réalisateur).

Cymbeline est en guerre avec les forces de police, menées par Caius Lucius (incarné par Vondie Curtis-Hall) mais forcément, les dangers ne viennent pas forcément de là mais plutôt de Queen (incarnée par Milla Jovovich), Imogen (incarnée par Dakota Johnson vu récemment dans 50 Nuances de Grey) amoureuse d’un skater, Posthumus (incarné par Penn Badgley). Cymbeline veut rapidement nous faire croire que les personnages sont importants et qu’il y a énormément de liens entre tout un tas d’entre eux. Chacun des membres de l’histoire sont reliés par un moment de l’histoire et c’est forcément important. Ensuite, le casting est bien plus grand que ça puisque nous avons Cloten (incarné par Anton Yelchin), un « valet », Pisanio (incarné par John Leguizamo) qui va d’ailleurs avoir droit à sa petite scène à lui dans la seconde partie du film (ou le second acte ?) et enfin Iachimo (incarné par Ethan Hawke) qui va faire un pari avec Posthumus qu’il peut séduire Imogen, encore vierge. C’est tout un tas de choses de ce genre là et l’histoire devient rapidement assez drôle (sans le vouloir ou meêm en le voulant). Sans égaler Hamlet, Cymbeline reste une petite production honorable qui dénote des autres films de ce genre là grâce à une exécution à la fois moderne et passée.

Note : 6/10. En bref, une relecture intéressante d’une oeuvre de William Shakespeare.

Date de sortie : Directement en DVD

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