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Critiques Séries : Intrusion. Mini-series. BILAN (France).

30 Mai 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Intrusion

Critiques Séries : Intrusion. Mini-series. BILAN (France).

Intrusion // Mini-series. 3 épisodes.
BILAN


Arte a su au fil des années montrer sa force quand il s’agit de créer des séries en tout genre d’Ainsi Soient-Ils à P’tit Quinquin en passant bien entendu par d’autres. Intrusion est son dernier bébé, créé à trois mains par Frédéric Azemar (créateur de Odysseus, une série assez médiocre également produite pour Arte), Quoc Dang Tran (Kaboul Kitchen, 10%) et Florent Meyer (Famille d’Accueil, La vie est à nous). L’histoire d’Intrusion n’est pas si complexe que ça. Il suffit juste d’être passionné du début à la fin pour en comprendre la contenance. C’est cependant un thriller psychologique classique et ambitieux. Tout passe en grande partie par le jeu de Jonathan Zaccaï (que l’on a récemment pu voir dans la première saison de Le Bureau des Légendes) qui vient nous offrir ici quelque chose d’assez pertinent et surtout d’assez impressionnant. Sa prestation est impeccable du début à la fin. Arte revient donc avec une mini-série étonnante et étrange, qui n’est pas sans rappeler bien d’autres films du genre reprenant le mythe du Jekyll et Mr. Hyde. Mais justement, c’est aussi cette relecture qui mythe, sous forme d’un thriller mêlant deux personnalités, deux hommes qui sont pourtant beaucoup plus proches que l’on ne pourrait le croire. Le twist final est assez prévisible mais ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus important.

Philippe est un pianiste qui monte. Obsessionnel et perfectionniste, il travaille dur pour préparer une série de concerts à l'opéra de Strasbourg. Son monde, jusqu’ici rangé et ordonné, se fissure le jour de ses quarante ans. Des acouphènes de plus en plus violents et des visions étranges entament sa concentration. Il est le seul à entendre des fausses notes sur son piano. Sans rien pouvoir contrôler, Philippe est en train de basculer dans un autre monde... Un monde gouverné par ses peurs, par ses angoisses et surtout par un traumatisme profond qu'il a refoulé il y a plus de 30 ans, lorsqu'il était encore petit garçon... Est-il vraiment en train de basculer dans une autre réalité, ou est il uniquement la victime malheureuse de son délire paranoïaque ?

Le but premier de Intrusion est de parler d’une lutter acharnée qu’un homme est en train de vivre contre lui-même. Il ne veut pas se souvenir de ce qui s’est passé dans son enfance et qui est en train de le ronger petit à petit. Dès qu’il s’en souvient, tout devient clair et limpide pour lui et cette conclusion, logique, est finalement une vraie réussite car le chemin qu’emprunte la série n’est pas le plus simpliste qu’il soit. Au contraire, il est le plus complexe. Au début, cette histoire est celle de quelqu’un d’autre, d’un pianiste, de Philippe Kessler, qui a 40 ans et qui se sent de plus en plus mal (qui entend notamment des fausses notes sur son piano qu’il est le seul à entendre). Petit à petit on veut nous montrer qu’il est en train de littéralement perdre la tête jusqu’à ce que le second épisode nous offre presque une autre vision de l’histoire. Le frère jumeau de Philippe, Marc, est décédé à l’âge de 10 ans, sauf que forcément cette mort est quelque chose que Philippe a énormément de mal à oublier et c’est aussi ce qui transforme sa folie en une véritable folie nerveuse. Xavier Palud (A l’aveugle) n’est pas le réalisateur le plus fascinant de sa génération mais justement, pour citer son film avec Jacques Gamblin et Lambert Wilson, un thriller sur un flic aveugle qui tente de retrouver un meurtrier, c’est quelque chose qui avait réussi à me séduire dans mes souvenirs.

La mise en scène, suffisamment étouffante, avait justement perdu de se plonger au coeur du récit plus facilement. C’est cette mise en scène là que l’on retrouve dans Intrusion. C’est étouffant la plupart du temps mais justement, ce sentiment d’oppression constante est ce qui fait le caractère le plus intéressant de ce récit. C’est une mini-série qui a donc une façon de raconter les choses qui peut être assez complexe au premier abord mais qui ne l’est pas tant que ça. Finalement, on se rend bien vite compte que le but ici est de faire quelque chose de complètement différent de ce que l’on a pour habitude de voir dans le monde des séries, même si cela reprend forcément tous les adages connus du thriller psychologique. Alors cela peut dérouter par moment, surtout lors du premier épisode, parfois un peu étrange que l’on ne parvient pas à cerner complètement. Mais dès le second épisode, tout devient beaucoup plus limpide et l’on cerne alors le twist final avant même d’enclencher le dernier épisode. Mais le côté prévisible de l’histoire n’est pas un problème en tant que tel. Ce thriller reste assez glacial et efficace pour ne jamais nous ennuyer. Arte prouve une fois de plus qu’elle sait faire les bons paris même si Intrusion aurait probablement pu être encore plus angoissante qu’elle ne peut l’être dans cet épisode.

Note : 6.5/10. En bref, un agréable petit thriller psychologique reprenant les ficelles classiques d’un genre inépuisable.

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