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Critique Ciné : My Old Lady, Paris carte postale

14 Juin 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : My Old Lady, Paris carte postale

My Old Lady // De Israël Horovitz. Avec Kevin Kline, Maggie Smith et Kristin Scott Thomas.


My Old Lady est avant tout une pièce de théâtre de Israël Horovitz que ce dernier a mis en scène et adapté pour le cinéma. Globalement, ce film n’est pas nécessairement brillant mais réserve malgré tout de bons moments grâce à Maggie Smith et Kristin Scott Thomas, mais aussi à Kevin Kline qui m’a beaucoup surpris, surtout lors d’une scène particulièrement émouvante sur la fin du film. Je me demande si au fond, ce qui fait l’intérêt de ce film ce n’est pas la façon dont il parle du temps et de la façon dont on vieilli. C’est un sujet que l’on a déjà vu dans tout un tas de films mais je dois avouer que la façon dont My Old Lady le traite est assez efficace. Surtout car Maggie Smith (Downton Abbey) est parfaite dans le rôle. Dommage qu’à côté, ce film ressemble un peu trop à une carte postale. Paris est une destination touriste, on l’a bien compris, et ce film veut nous le rappeler. C’est bête car j’aurais préféré quelque chose qui se prend moins pour une façon de parler de la fascination d’un réalisateur pour notre capitale. Woody Allen l’avait fait, beaucoup trop, mais dans son excès il y avait une vraie notion de charme que je ne m’attendais pas du tout à retrouver. Mais ici, pas vraiment. Paris devient rapidement un lieu vu sous toutes ses coutures, de ses quais à son Marais.

Mathias, la cinquantaine, new-yorkais, divorcé et sans ressources, débarque à Paris pour vendre la maison qu'il a héritée de son père. Il découvre alors que ce magnifique hôtel particulier du Marais est habité par une vieille dame de 92 ans, Mathilde, et sa fille, Chloé. Un hôtel particulier que Mathilde a placé il y a bien longtemps en viager, coutume typiquement française que ne comprend évidemment pas cet Américain pragmatique, qui, non seulement se retrouve en plus à devoir payer une rente.

Kevin Kline n’était pas le genre d’acteur à qui j’avais envie de faire confiance. Généralement, il en fait des tonnes et ce n’est jamais le meilleur élément qu’il soit. Du coup, de le voir bien moins cabotin ici me surprend et m’a beaucoup enjoué. Il faut dire qu’il est mis en lumière par le reste du casting dans ses moments les plus amusants comme ses moments les plus dramatiques (et comme je le disais, il y en a un excellent à la fin du film que je ne m’attendais pas du tout à voir). Cette comédie douce-amère apporte donc un vent de légèreté dont l’on n’avait probablement pas besoin mais qui fonctionne grâce à la bonne volonté de chacun. Du coup, les émotions viennent au spectateur assez facilement et rapidement car l’histoire, bien que simpliste et presque déjà vu, prend le spectateur aux tripes à sa façon. On est tout de suite mis en condition dès que l’on rencontre le personnage de Mathilde. J’aime beaucoup la façon dont le personnage évolue tout au long du film sans que je ne m’y attende nécessairement. Du coup, ce qui aurait pu être un film ennuyeux, devient assez rapidement quelque chose de mignon et intense en termes d’émotions. Israël Horovitz a réussi à trouver un véritable équilibre entre tous les éléments dramatiques et comiques de ce film sans nous donner l’impression que le film suit un chemin classique de la comédie britannique un peu carte postale.

La mise en scène est peut-être là où le bas blesse. C’est là que le film manque probablement le plus de charme tant il donne l’impression de faire parfois dans l’excès parisien. Heureusement que l’on ne nous représente pas comme des français clichés, c’est déjà ça de gagner. Seul ce casting pouvait emporter My Old Lady à son meilleur et camouflent alors tant que bien que mal un Paris filmé à la façon d’un mauvais cliché du genre (et j’en ai vraiment marre de voir Paris sous cet angle là). Finalement, d’une pièce de théâtre qui mord un peu la poussière, on se retrouve rapidement avec un film charmant, le spectateur étant charmé par le jeu de Maggie Smith, Kristin Scott Thomas ou encore Kevin Kline et c’est une grande (et bonne) surprise pour ce dernier. Pour un premier long métrage, je pense que l’on peut être indulgent car l’on ressent le côté théâtral du film sans pour autant le cloisonner. Du coup le film a un véritable espace de liberté en dehors du champ du théâtre et cela permet de sortir un peu les personnages de ce qui aurait rapidement pu devenir clostrophobique et surtout horriblement déprimant.

Note : 5/10. En bref, un film charmant mais pas époustouflant.

Date de la sortie : 6 mai 2015

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