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Critiques Séries : HAPPYish. Saison 1. Episodes 6 et 7.

23 Juin 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #HAPPYish

Critiques Séries : HAPPYish. Saison 1. Episodes 6 et 7.

HAPPYish // Saison 1. Episodes 6 et 7. Starring Helen Keller, Moses and Lenny Bruce / Starring David Ogilvy, Anton Chekov and Lady Liberty.


L’aspect le plus intéressant d’HAPPYish pour moi est la façon dont elle parle de la communication d’aujourd’hui. Le monologue au sujet de la façon dont il faut séduire les américains moyens est assez fascinant car c’est la vérité. L’épisode 1.06 veut donc nous montrer à quel point séduire les américains est quelque chose d’intérêt. C’est pour cela que Thom et son collègue sont très intéressants dans cet épisode car ils ont la même vision des choses. Ils pensent que la publicité aux Etats-Unis se fait toujours de la même façon dès que l’on veut vendre quelque chose. Du coup, vendre des Wonderbra, en somme des soutien-gorges doit-il passer par les plus gros clichés possibles et imaginables ? Non pour Thom. Ils vont donc nous offrir une publicité complètement différente à base d’images grandioses mais qui n’ont aucun lien avec une belle poitrine généreuse. C’était d’ailleurs une publicité assez étrange à laquelle je n’aurais probablement été réceptif si j’avais été la cible. Mais HAPPYish a cette facilité bien à elle de parler de communication qui est très loin de ce que l’on peut imaginer au départ. L’épisode 1.06 est une réflexion en soi, sur l’Amérique et les dérives de la publicité dans ce pays. C’est fait avec beaucoup de simplicité et de malice au travers d’un dialogue choisi.

Puis nous avons Lee qui se retrouve avec Bella dans un centre commercial. C’est un symbole du consumérisme américain, le centre commercial avec la femme qui va dépenser l’argent de son mari dans diverses boutiques de Kara ou encore H&M. C’était une façon de porter une réflexion sur le voyage qu’une femme peut faire dans un centre commercial quand elle ne suit pas le chemin habituel et se retrouve à errer (et fini par devenir la femme américaine qui consomme un peu tout et n’importe quoi). Du coup, j’ai trouvé cet épisode intéressant de ce point de vue là, un peu moins du point de vue reste. Tout ce qui se déroule avec Moise par exemple n’est pas ma tasse de thé. De toute façon, les digressions de ce genre là n’ont pas toujours d’intérêt et dans le cas de cet épisode, c’est probablement ce que HAPPYish a fait de plus mauvais. Je trouve ça dommage car sincèrement, l’épisode fait de belles interventions logiques et critique la société américaine d’un point de vue publicitaire et consumérisme, mais il ne se passe rien à côté. C’est un paradoxe que j’ai un peu de mal à comprendre mais j’ai malgré tout apprécié ce que la série avait à nous offrir car c’était frais une fois de plus avec le ton que HAPPYish aime employer, qui est loin d’être celui que l’on a l’impression de voir tous les jours.

Dans sa volonté de fuir, Thom s’imagine toujours des choses et a des visions de tout un tas de personnages dans diverses circonstances (le cartoon dans l’épisode 1.07 et Moise dans l’épisode 1.06). Par ailleurs, l’épisode 1.07 fait quelque chose d’assez proche dans le sens où HAPPYish fait encore une fois référence au matérialisme à la fois du point de vue de Thom (alors qu’il critique le matérialisme et l’attachement que l’on peut avoir pour des gens qui sont futiles d’un point de vue de la vie) mais aussi du point de vue de Lee. La scène dans le magasin de téléphonie était parfaite dans ce sens là. La discussion entre Lee et Julius au sujet de l’iPad était un autre moment que j’ai beaucoup aimé qui rappelle encore une fois à quel point HAPPYish aime se moquer de la société. On a donc une vision d’un téléphone que l’on va acheter et qui va finir éclaté en milles morceaux sur le sol. C’est comme ça la société d’aujourd’hui. Il faut consomme tout le temps car l’on ne peut pas se passer de ces petites bêtes. Ce qu’il y a probablement de plus fascinant dans cet épisode c’est la façon dont Apple est utilisé. Au départ c’est un iPhone 6 (avec une description détaillée de tous les caractéristiques). Puis c’est une discussion simple au sujet d’un iPad entre un fils et sa mère. Enfin, c’est le père, qui, en ayant fait la promesse de revenir de L.A avec un cadeau pour son fils va se rendre à Apple.

Apple, on l’appelle « The Church of America » dans HAPPYish. Enfin, c’est Thom qui fait cette description. Toute la scène dès l’entrée dans l’Apple est fascinante. C’est une critique toute entière du matérialisme et de ce qui nous pousse à la consommation (l’écran plus grand, etc.). Tout cela se termine par un achat, un iPhone 6+ et un petit « And let just say amen » comme si Thom venait de dire qui s’était fait avoir par ce qu’il exècre le plus : son propre métier. Je pense que quand on travaille dans le monde de la publicité, on ne peut que finir par détester ce monde, un peu comme le personnage principal de 99 Francs qui va finir par en perdre la tête. C’est ici un peu la même façon mais d’une façon un poil moins fataliste. Finalement, ces deux épisodes sont intéressants avec une préférence pour le second qui décortique à merveille la façon dont Thom déteste son boulot et va finir par tomber dans le pire des pièges.

Note : 7/10. En bref, deux épisodes qui brillent par leur réflexion.

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