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Critiques Séries : Sense8. Saison 1. Pilot.

6 Juin 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Sense8

Critiques Séries : Sense8. Saison 1. Pilot.

Sense8 // Saison 1. Episode 1. Limbic Resonance (Pilot).


Le créateur de Babylon 5, J. Michael Straczynski est de retour et s’est associé aux Wachowski afin de créer une toute nouvelle série pour Netflix. Quand on voit les Wachowski au générique d’un film, on sait tout de suite qu’il y a ceux qui aiment et ceux qui détestent. Il n’y a jamais de demi-mesure. En tout cas, je n’en vois que très rarement. Sense8 est une série que j’attends depuis bien trop longtemps et qui a été mise en gestation pendant trop d’années (depuis fin 2012 tout de même), créant ainsi des attentes toujours plus importantes à chaque nouvel épisode qui passe. L’idée qu’il y a derrière Sense8 pourrait ressembler à Cloud Atlas dans des histoires de temporalité. En effet, nous suivons l’histoire de 8 personnages dans divers endroits du monde. La première séquence nous permet de nous plonger de façon assez efficace dans l’univers de cette série. Le montage est clipesque, donnant presque l’impression d’être encore au milieu de la bande annonce de la série. Sauf que ce n’est pas du tout le cas (et ce n’est pas plus mal d’ailleurs). Quoi qu’il en soit, ce qui m’a tout de suite donné envie de plonger au coeur de Sense8 c’est cette scène. La musique est d’ailleurs adaptée elle aussi, sortant des carcans sériels et nous offrant quelque chose de plus proche du cinéma (il faut dire que Tom Tykwer et Johnny Klimeck, qui ont co-composé celle de Cloud Atlas, ont réalisé la bande son de cette série).

Huit individus éparpillés aux quatre coins du monde sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s'entendre et de se parler comme s'ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres. Les huit doivent dès lors s'adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d'eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l'humanité.

Visuellement parlant, Sense8 est irréprochable. C’est beau mais pas seulement. C’est une série qui semble donner à chaque personnage quelque chose de visuellement raccord avec les autres tout en créant un certain sens de la différenciation. En effet, l’avantage de Sense8 dans ce sens là c’est que plusieurs réalisateurs se sont occupés de différentes histoires dans différents lieux du monde par exemple James McTeigue (Survivor) qui s’est occupé de Mexico, Tom Tykwer (Cloud Atlas) de Berlin et Nairobi. C’est ce qui permet justement d’apporter des éléments visuels proche à chaque réalisateur dans un univers qui colle parfaitement à ce dont ils ont envie à l’écran. Derrière Sense8 il y a donc un certain sens de la complexité. C’est un univers très dense et dans ce premier épisode on est trimbalé d’un bout à l’autre sans toujours comprendre ce que l’on a sous les yeux. En s’éparpillant dans tous les sens de cette façon, la série perd donc parfois un peu l’attention d’un spectateur qui doit digérer une scène pendant qu’il est en train d’en regarder une autre, et vice-versa. Sur le papier, cette série donnait déjà l’impression que Netflix allait avoir su FlashForward ou quelque chose de ce genre là.

Mais ce n’est pas du tout ça, on en est même très loin. Afin de nous donner tout de suite un véritable choc, la série ouvre donc sur le personnage de Daryl Hannah (Kill Bill). C’est l’une des nos entrées dans cet univers complexe et dès le début de la série, on sent que cela n’est pas prêt de nous révéler grand chose avant un certain nombre d’épisodes. Je sais que certains pourraient être déçu de voir la série ne pas trop évoluer rapidement (et apparemment, c’est ce qui ressort souvent des critiques faites à la série), mais la lenteur est loin d’être une mauvaise chose. Au contraire, cela va permettre à la série d’accorder du temps aux personnages et à installer l’univers avant de vraiment entrer dans le vif du sujet. Je crois d’ailleurs qu’au fond ce qui intéresse le plus le téléspectateur dans Sense8 ce n’est pas vraiment le mystère mais bel et bien tout le reste. L’idée d’une conspiration n’est pas ce qui me donne envie de revenir (ou alors très légèrement) mais la façon dont les personnages sont écrits. Tout est fait de façon tellement différente et les personnages ont beaucoup de choses à nous raconter qui n’ont pas nécessairement de lien avec le mystère.

Bien entendu que dans tous ces univers, avec tous ces personnages, tout ne peut pas fonctionner. Je pense par exemple à Mumbai avec la séquence la plus cliché de l’épisode. Mais tout ne peut pas tout de suite est parfait. Il faut encore que la série s’accorde sur tout ce qu’elle va pouvoir développer et puis il reste cette séquence finale, aussi étrange que délirante. C’était une fin fascinante dans le sens où le personnage de Riley est peut-être l’un des plus intéressant. On passe énormément de temps avec elle tout au long de l’épisode et tout cela est fait pour le meilleur.

Note : 7/10. En bref, une introduction curieuse mais passionnante.

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