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Critique Ciné : La Rage au Ventre

23 Juillet 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : La Rage au Ventre

La Rage au Ventre // De Antoine Fuqua. Avec Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams et Forest Whitaker.


Kurt Sutter, plus connu pour avoir été scénariste de The Shield et créateur de Sons of Anarchy, nous permet ici de retrouver son style bien à lui dans une drame sur le milieu de la boxe. La Rage au Ventre c’est un peu le nouveau Rocky et Hope le nouveau Balboa. J’aime bien la façon dont Kurt Sutter traite son sujet de la boxe avec une certaine forme de gravité qu’il semble apprécier. Il n’oublie pas la place de la famille, quelque chose qu’il a toujours très bien travaillé dans sa dernière série en date. C’est aussi ce qui fait l’originalité de ce film et pas qu’un simple film de boxe comme les autres. Non, ce n’est pas du tout le but de ce film et c’est appréciable de voir un scénario qui change de ce que l’on a pour habitude de voir dans ce registre là. Mais Rocky plane au dessus de ce film, comme une ombre qui vient forcément nous rappeler qu’il y a déjà eu mieux. Cela ne veut pas dire que Kurt Sutter, dans ce qui semble être un film de fan de boxe, ne maîtrise pas son monde, mais disons que j’aurais parfois aimé qu’il sorte un peu des sentiers battus (notamment en parlant de la place de l’argent qui a disparu, des difficultés de fonder une famille et de vivre de la boxe sans s’esquinter la santé, etc.).

Champion du monde de boxe, Billy Hope mène une existence fastueuse avec sa superbe femme et sa fille qu’il aime plus que tout. Lorsque sa femme est tuée, son monde s’écroule, jusqu’à perdre sa maison et sa fortune. Pire, la garde de sa fille lui est retirée, la justice estimant son comportement incompatible avec son rôle de père. Au plus bas, il trouve une aide précieuse en la personne de Tick Willis, un ancien boxeur avec lequel il reprend l’entrainement. Billy va devoir se battre pour trouver la voie de la rédemption et regagner ainsi la garde de sa fille.

La Rage au Ventre reste un film grave mais peut-être pas suffisamment à mon goût. Disons que La Rage au Ventre n’appuie pas forcément au bon moment sur les bonnes choses. Antoine Fuqua a fort heureusement dans son sac quelques idées de mise en scène qui donne un vrai coup de punch au film. Il permet à cette histoire assez simple de devenir quelque chose d’un peu plus spectaculaire, notamment lors des scènes de combat de boxe. Le dernier combat notamment est le plus réussi du film avec tout un tas de plans assez sympathiques (que cela soit la vue subjective depuis les gants ou encore la vision que chacun des boxeurs a depuis ses yeux amochés, etc.). Le réalisateur du très bon Equalizer (2014) avait besoin de prouver qu’il n’a pas perdu la main et c’est clairement ce que l’on voit à l’écran. Il a délaissé un peu le registre des nanars de luxe pour se concentrer sur des films plus profonds. Celui qu’il a délivré l’année dernière était déjà très réussi et je crois que celui de cette année l’est tout autant malgré ses faiblesses. Si la mise en scène est suffisamment solide pour porter le film, accessoirement nous retrouvons un Jake Gyllenhaal (Nightcall) surprenant dans un rôle d’homme cabossé qui lui colle à la peau.

On sent qu’il veut briser ici son image de beau gosse de service (comme il le fait depuis quelques années au travers de projets savamment choisis). J’aime beaucoup ce qu’il délivre dans ce film même si tout n’est pas forcément parfait non plus. En effet, si son jeu est bon, à côté on retrouve un Forest Whitaker qui cabotine un peu trop. Le fait que l’acteur se retrouve en roue libre de la sorte m’a déçu. J’aurais aimé un personnage plus fort, de l’acabit d’un Clint Eastwood dans Million Dollar Baby. Cela aurait été alors un poil plus efficace. De plus, La Rage au Ventre aurait peut-être été un peu plus intéressant en prenant des idées sur Fighter (de David O’Russell) ou même Raging Bull. Si je pense que ces films sont de vraies références (en plus de Rocky), je pense sincèrement que La Rage au Ventre n’a pas pour autant besoin de se mesurer à ses modèles. Kurt Sutter a apporté quelque chose de différent à son récit, cette volonté de se venger, cette implication familiale très forte, etc. histoire de donner une vraie importance au récit. Finalement, je pense que ce film peut à la fois plaire et décevoir mais il reste intelligent du début à la fin, même avec plein de bons sentiments.

Note : 7/10. En bref, sans oublier ses références, ce film parler de boxe et de famille à la façon d’un Kurt Sutter assez en forme.

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