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Critique Ciné : Une Mère, la tête haute

1 Juillet 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Une Mère, la tête haute

Une Mère // De Christine Carrière. Avec Mathilde Seigner et Kacey Mottet Klein.


Face à Une Mère, impossible de ne pas penser à La Tête Haute qui raconte à peu près la même histoire, celle d’un adolescent pas comme les autres et très perturbé qui va en faire voir des vertes et des pas mûres à sa mère. Une Mère a cependant l’avantage de ne pas prendre le moins point de vue puisque celui de ce film sera le point de vue de la mère, pas de l’enfant et encore moins de ceux qui auraient pu l’aider. J’ai beau ne pas détester Mathilde Seigner, je n’en suis pas pour autant son plus grand défenseur. Cependant, Une Mère a l’avantage de lui offrir suffisamment de matériaux pour qu’elle puisse délivrer une prestation intéressante. On retrouve chez elle les traits d’une femme qui n’en peux plus, qui est épuisée par son fils qui ne sait faire que des bêtises et transformer sa vie en enfer. On sent qu’elle donne tout ce qu’elle peut dans ce film afin de nous offrir quelque chose de réaliste. Ce n’est pas la première fois qu’elle incarne le rôle d’une mère au cinéma. En effet, on avait déjà pu voir ça avec Rosine de la même réalisateur. Celle qui, 7 ans plus tôt, faisant Darling (avec Guillaume Canet) qui reste dans ma mémoire un film véritable troublant. Dommage que son film arrive après plusieurs films du genre qui à mon sens avaient bien mieux réussi leur histoire.

Marie vit seule avec son fils de 16 ans. Elle se bat pour rester debout, pour le sortir des mauvais coups dans lesquels il s’enfonce. Trop usée et contrariée pour vivre sa vie de femme, Marie est coincée entre son ex toujours amoureux et son adolescent irrécupérable. Entre eux, les mots passent de plus en plus mal, l’amour s’exprime de moins en moins bien. La violence et le rejet envahissent tout. Il est mauvais fils, elle sera mauvaise mère. De là à penser qu’il n’y a pas d’amour…

L’avantage de La Tête Haute c’était d’avoir au casting un bon jeune garçon. Ce dernier incarnait son personnage avec beaucoup de caractère et de réalisme. Cela ne veut pas dire que Kacey Mottet Klein est mauvais dans ce film mais disons qu’il n’est peut-être pas aussi bon que j’aurais apprécié qu’il soit. Si Une Mère se concentre avant tout sur le point de vue de la mère (et laisse donc un peu tomber les à côtés, histoire pour prendre le point de vue de Marie), les faces à faces entre le fils et la mère sont souvent surjoués. Mathilde Seigner a beau donner tout ce qu’elle a, dans un jeu presque théâtral, à côté de ça, celui qui incarne son fils, Guillaume, est particulièrement médiocre. On est cependant loin de Darling, le précédent film de la réalisatrice. Ce dernier était excellent dans sa façon de mettre en scène la violence subit par cette femme. Mais étant donné que j’ai largement préféré que l’on a pu voir avec La Tête Haute, et encore plus avec Mommy de Xavier Dolan, je pense qu’à vouloir faire un film aussi classique, Christine Carrière n’a peut-être pas choisi le bon sujet (ou bien au bon moment étant donné qu’il passe après un chef d’oeuvre et un très bon film). Je me demande si la faute n’est pas non plus celle du garçon, moins poignant que les précédents. Cela a dû énormément jouer dans mon appréciation.

Côté scénario, l’histoire n’est pas mauvaise mais les personnages secondaires n’ont pas suffisamment d’intérêt. Que cela soit l’ancien amant de la mère. Si la relation qu’elle a pu entretenir avec lui tout au long de Une Mère est légère, elle n’est pas très intéressante car elle ne mène à pas grand chose. On se retrouve avec de longues scènes de dialogue entre ces deux personnages qui n’ont peut-être pas lieu d’être (ou en tout cas d’intérêt pour la narration même de ce film). On a donc parfois l’impression que les amis de Guillaume ne servent pas à grand chose non plus, sans parler de Suzanne sa petite amie. On veut nous raconter l’histoire de ces personnages mais l’environnement dans lequel on les fait évoluer est un peu bancal. Christine Carrière a beau être passionnée par les dysfonctionnements familiaux dans son cinéma depuis ses débuts, elle donne ici l’impression qu’elle est arrivé trop tard au bout d’une corde. Elle ose mais pas suffisamment, laissant aussi un arrière goût un peu trop polissé dans un film qui aurait mérité d’être beaucoup plus âpre, surtout que la mise en scène se prêtait plutôt bien à l’exercice (de mon point de vue en tout cas).

Note : 4.5/10. En bref, rattrapé par Mathilde Seigner, le film est un peu trop passe partout.

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