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Critique Ciné : Antigang (2015)

30 Août 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Antigang (2015)

Antigang // De Benjamin Rocher. Avec Jean Reno, Caterina Murina et Alban Lenoir.


Jean Reno tente de redonner ses lettres de noblesse au film d’action policier français sauf que ce n’est pas avec Antigang que ce genre de film va être sauvé. Benjamin Rocher, réalisateur de l’excellent Goal of the Dead prouve ici qu’il a du mal à surprendre. C’est un film d’action qui est parfois réussi, mais aussi qui use des mêmes techniques frelatées du cinéma français façon Luc Besson. Le scénario manque donc cruellement d’intérêt et de surprises, laissant le spectateur uniquement avec l’action urbaine qui tente d’utiliser Paris de façon presque intelligente. En effet, Paris n’est pas utilisé sous ses coutures les plus classiques mais les plus modernes, ce qui donne à ce film un attrait particulier. Benjamin Rocher tente d’utiliser à sa façon l’univers policier français des années 2010 tout en restant assez proche des méthodes du cinéma de Luc Besson où tout est dans la démonstration de moyens et rien dans le reste. Le film veut trop en faire, faire dans le mauvais spectaculaire et du coup, à a fin, on a l’impression que tout ne peut pas exister dans la vraie vie. On n’a donc pas vraiment l’impression d’être face à un bon film policier français alors que ce dernier est rongé par l’irréalisme. On ne sait pas vraiment qu’est-ce que cela va donner et le résultat est particulièrement décevant.

Serge Buren est un flic de légende, entouré d’une bande de jeunes flics aux méthodes peu conventionnelles.
Qu’importe qu’ils utilisent des battes de baseball ou « oublient » le règlement au cours d’arrestations spectaculaires, les résultats sont au rendez-vous !
C’est alors qu’un groupe de braqueurs meurtriers entre en scène, dévalisant avec une facilité déconcertante banques et bijouteries de la capitale, à coup d’armes de guerre et de scénarios imparables.
Face à tant d’ingéniosité et de brutalité, Buren et son unité se retrouvent confrontés à une situation délicate :leurs méthodes expéditives suffiront-elles à arrêter ces criminels autrement plus machiavéliques ?

En dehors du scénario ridicule et surréaliste d’Antigang, le film a tout de même de bonnes surprises à nous offrir et la première c’est Jean Reno. L’un des papis du cinéma français utilise cet atout à son avantage dans ce qui ressemble presque à une sorte de L’arme fatale à la française. La référence n’est pas si bête que ça puisque c’est même ce qui fait aussi l’intérêt de ce film. Jean Reno est heureusement pour nous fidèle à ce qu’il sait nous offrir habituellement. Bien entendu, Jean Reno ne peut pas courir comme un jeune de vingt ans (même si le film tente de nous le faire croire) mais bon, cela reste assez drôle. Je me demande parfois si Benjamin Rocher ne s’est pas reposé un peu trop sur sa star qu’il ne lâche pas d’une semelle. Il y a quelques scènes assez drôles (notamment la machine à café pendant que Thierry Neuvic est en train de parler) mais voilà, ce n’est pas suffisant non plus. Accessoirement, j’ai aussi retrouvé un peu de The Town mais légèrement. Le film de Ben Affleck était tout de même beaucoup plus ambitieux que ce que l’on a ici sous les yeux. Le casting de secondaires ne manque pas de bonnes têtes mais toutes ne sont pas utilisées à bon escient.

Je pense notamment à Caterina Murino qui se retrouve affublée de l’un des pires rôles du film (elle qui avait déjà côtoyé Jean Reno dans L’enquête corse). Sur le terrain elle est sous exploitée alors que justement, cela aurait pu être intéressant de casser le code ultra masculin (dont le film parle au début en plus) afin de nous rappeler autre chose. Le gang qui vole des banques dans ce film rappelle aussi un peu Taxi 3 et le fameux gang des Père Noël. C’est moins honteux mais ce n’est pas bien mieux pour autant. Enfin, j’ai appris que la référence première de ce film n’était pas tous les films que j’ai pu cité jusqu’à présent mais Heat. S’il est vrai qu’il y a un peu de ça, le film de Michael Mann est tellement culte à mes yeux que comparer Antigang à Heat ne serait pas rendre service à ce petit film français sorti en catimini. Finalement, Antigang est donc un film français d’action parfois un peu frais, parfois un peu réchauffé, mais globalement il y a aussi de bonnes choses. Dommage que Jean Reno ne soit pas aussi vif que le scénario semble le demander. D’autant plus que je suis certain qu’il y avait beaucoup plus à faire.

Note : 4.5/10. En bref, déçu.

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paolo 30/08/2015 13:42

tout à fait d'accord avec votre avis, je serais moins généreux au niveau note.
pour moi, jean reno n'est pas bon lorsqu'il a du dialogue. il est bon avec ses regards, ses gestes bourrus, ses intonations mais pas dans les grandes palabres.
les autres acteurs sont là pour lui servir la soupe.
dommage de faire un film autour d'un acteur.