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Critique Ciné : Boomerang (2015)

29 Septembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Boomerange

Critique Ciné : Boomerang (2015)

Boomerang // François Favrat. Avec Laurent Lafitte, Mélanie Laurent et Audrey Dana.


Un thriller derrière un drame familial, il fallait le faire. Boomerang s’inspire énormément de nos voisins britanniques et scandinaves pour nous offrir un film moderne et intelligent. François Favrat (Le Rôle de sa vie), sort un peu des classiques afin de donner au drame familial une toute nouvelle dimension. En induisant quelque chose de plus mystérieux, il parvient à raconter l’histoire de façon complètement différente de ce que l’on a pour habitude de voir. Accessoirement adapté d’un roman de Tatiana de Rosnay du même nom, le scénario est construit autour d’une bonne idée, cherchant constamment à utiliser cette bonne idée pour nous plonger encore un peu plus dans l’univers du thriller, des secrets familiaux qui rongent les relations et la tension parvient alors à monter petit à petit. Ce qui n’était pas forcément exceptionnel au départ, devient de plus en plus passionnant. Cela ne veut pas dire que Boomerang n’échappe pas à quelques clichés mais globalement, il parvient à toujours créer une ambiance bien à lui. Il faut dire que côté mise en scène, François Favrat ne veut jamais nous endormir et donne alors une vraie sensation de rythme au milieu des paysages, des personnages et même de l’histoire. Car l’on sent que Favrat cherche à donner de la perspective à son film, tant dans la tension qu’il installe que dans les relations qu’il développe.

Boomerang : nom masculin, arme de jet capable en tournant sur elle-même de revenir à son point de départ… En revenant avec sa sœur Agathe sur l’île de Noirmoutier, berceau de leur enfance, Antoine ne soupçonnait pas combien le passé, tel un boomerang, se rappellerait à son souvenir. Secrets, non-dits, mensonges : et si toute l’histoire de cette famille était en fait à réécrire ? Face à la disparition mystérieuse de sa mère, un père adepte du silence et une sœur qui ne veut rien voir, une inconnue séduisante va heureusement bousculer la vie d’Antoine…

On retrouve au sein de Boomerang aussi énormément de cette ambiance hitchcockienne que l’on retrouve malheureusement peu souvent au cinéma ces derniers temps. En tant que grand fanatique de Hitchcock et de l’influence qu’il a pu avoir sur le cinéma, je suis assez heureux de voir que Boomerang s’inspire pleinement de ce genre là et le fait de façon assez brillante par moment. L’avantage du scénario est de développer petit à petit l’intrigue, révélant des informations judicieusement afin de nous donner de quoi nous accrocher à chaque minute qui passe. Et tout cela jusqu’au twist final qui est complètement différent de ce que j’avais imaginé au départ. Accessoirement, l’histoire évolue dans un univers assez connu : le drame familial. C’est le genre d’histoires que l’on nous raconte encore et encore. Parfois au début j’ai eu l’impression d’avoir tout déjà vu mais rapidement, la maitrise de ce film tient avant tout dans sa manière de décanter cette histoire sans passer par les chemins battus. On retrouve alors au milieu de ce film quelque chose de très étrange puisque la sensation de mélange entre thriller et tragédie familial se fait très naturellement.

A côté de ça, le réalisateur parvient à apporter une vision propre à lui-même d’un point de vue de la mise en scène. L’attention que Boomerang apporte au cadre, à la lumière, aux décors (ceux de Noirmoutier et du passage du Gois notamment, que l’on n’a pas pour habitude de voir mais qui donne des accents étrangers à ce film) plonge alors le film. Peut-être que le seul vrai problème de Boomerang c’est son démarrage, parfois un peu poussif, notamment du point de vue de ces flashbacks qui n’ont pas toujours de sens ou d’intérêt, intégrés de façon trop facile au milieu d’un récit complexe. Du point de vue du casting, là aussi c’est un tout pile. Laurent Lafitte (Elle l’adore) s’est trouvé une nouvelle obsession : les thrillers. Il est devenu le porte drapeau de très bons thrillers familiaux. Il est bon dans le registre de l’enquête (plus que dans le dramatique pur et dur) ce qui lui vaut de réussir ici quelque chose. A ses côtés, Mélanie Laurent (Inglorious Basterds) accepte ici un rôle beaucoup plus discret, moins tape à l’oeil mais qui semble lui aller bien mieux que beaucoup d’autres qu’elle a pu choisir récemment. L’actrice se révèle par moment beaucoup plus intéressante que je n’aurais pu l’imaginer. Le reste du casting n’est pas en reste.

Note : 7.5/10. En bref, un thriller hitchcockien rondement bien mené.

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