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Critique Ciné : Much Loved (2015)

27 Septembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Much Loved (2015)

Much Loved // De Nabil Ayouch. Avec Loubna Abidar, Asmaa Lazrak et Halima Karouane.


Qui l’eût cru que l’on puisse faire un film aussi dramatique et drôle sur la prostitution au Maroc ? Much Loved est cette bonne surprise. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes, ce film raconte la prison dorée dans laquelle s’enferment les prostituées au Maroc : des parias pour leur propre famille, vivant difficilement avec l’argent qu’elles peuvent gagner (quand elles en gagnent et qu’elles ont les bons tuyaux). Ce qui est aussi très étonnant avec ce film c’est la sincérité des images qui fait que l’on a l’impression de vivre l’histoire de ces femmes. La fin de Much Loved est peut-être ce qu’il y a de plus terrible, rappelant encore une fois eu ces femmes n’ont pas vraiment de place dans la société, qu’elles se retrouvent toujours dans des situations où elles doivent oublier le reste et surtout leur envie de faire d’autres choses dans leur vie. Heureusement pour Much Loved, ce film se veut très fort autour des femmes, parlant du fait qu’elles sont capable de se défendre et de rester dignes de leur principe (notamment quand l’une d’elle est tabassée par un saoudien qui ne voulait pas montrer qu’il était homosexuel - en même temps il me semble que c’est puni par la mort dans son pays -).

Marrakech, aujourd'hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d'amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant.

Much Loved c’est l’histoire de ces femmes, prostituées, qui vivent des soirées où coule le champagne à flot et où elles peuvent passer de bons moments. C’est un film assez étonnant aussi dans sa façon de parler de la prostitution. Par moment, on a l’impression que ce n’est pas si terrible que ça au début du film même si les hommes sont parfois un peu trop insistants. Mais Much Loved est un film beaucoup plus complexe que l’on ne peut pas cerner tout de suite. Il y a donc énormément de choses à déduire des diverses intrigues du film et notamment le fait que ce monde fait d’apparence est une façon de cacher quelque chose de beaucoup plus dramatique. Accessoirement, le film ne se veut jamais too-much. Il ne cherche donc pas à tout prix à nous montrer la prostitution sous ses angles les moins reluisants. Ce n’est pas un film qu’il faut aller voir en étant voyeur car on risque d’être déçu. Mais ce n’est pas aussi ce que Nabil Ayouch cherche à faire étant donné que dès le début il respecte ces femmes et leur donne toujours la plus belle place du film, sans jamais les dénigrés ou en faire des objets. On sent qu’il y a une vraie sensibilité là dedans sui fonctionne brillamment.

Accessoirement, le film est aussi beaucoup aidé par le fait que Much Loved a aussi beaucoup de talent. C’est un film qui est aussi victime du gouvernement marocain qui ne cherche pas à lui faire de bonne publicité. Disons que la façon dont il a été censuré au Maroc, seulement à partir de quelques extraits, est un peu abjecte, d’autant plus qu’il n’y a pas d’irrespect de la femme dans ce film. Mais d’un autre côté, c’est aussi un film à charge sur la façon dont se joue la prostitution dans ce pays et ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus reluisant non plus. Nabil Ayouch continue de faire du cinéma engagé dans son pays afin de parler ici de personnes qui cherchent à profiter du système pour s’enrichir, du tourisme, etc. alors que le Maroc est perdu entre son besoin d’être reconnu par les autres (comme par les instances religieuses) et accessoirement le fait qu’il est aussi une sorte de plaque tournante entre drogue et prostitution. Il y a même un constat d’autant plus horrible lorsqu’un enfant apparaît à l’écran, payé par ses européens 100 dirhams de temps en temps (ce qui est une misère par rapport à ce que des prostituées malignes peuvent gagner en temps normal comme ici avec les saoudiens). Much Loved est finalement un objet parfois étrange mais toujours très intelligent qui nous présente une face (pas forcément très cachée) du Maroc tout en défendant la femme.

Note : 8/10. En bref, très bonne surprise.

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moi59 03/10/2015 15:42

En fait je suis sorti de la salle au bout de 30 mn .

Ton analyse me dit que je reverrai le film en dl car pour le coup si c' est ce que tu dis ca me va .


J ai peut etre jugé trop vite mais franchement la demi heure de vulgarité racoleuse que j ai vu m a vite fait partir . meme ma copine a vite voulu degager

Merci pour cet echange en tout cas

delromainzika 08/10/2015 10:57

Pas de soucis :) J'attends ton retour sur ton revisionnage :)

moi59 03/10/2015 10:59

une daube pour pervers orientaliste , de la merde en barre mais forcement adulé par les critiques en France comme tous les films qui peuvent salir l' image des arabes ou des musulmans

delromainzika 03/10/2015 12:49

En gros pour toi, aimer ce film est un acte raciste ?
Je suis désolé de te dire que ce film est loin d'être là pour salir une image. La seule image que le film salit c'est celle d'un gouvernement qui a 2 discours et cache une partie moins reluisante. L'image de la femme arabe et/ou musulmane n'est pas dénigrée dans ce film.

isabelle 28/09/2015 10:15

trop raccoleur !

delromainzika 03/10/2015 14:01

@moi59 : Alors, as-tu vu le film ? Car ce n'est pas l'image des hommes arabes en général qui est dégueulasse mais celle des saoudiens. Le film critique le fait que les saoudiens arrivent au Maroc comme des Dieux et les marocains sont impuissants. Regarde l'histoire de celle qui s'est faite tabasser par un saoudien. Derrière, elle n'a aucun recourt car l'argent saoudien fait vivre le pays. C'est osé de dénoncer.

Ensuite, elles sont peut-être vénales mais intelligentes aussi. Celles savent très bien comment faire. Il n'y a rien de dénigrant. On aurait vu un tel film sur un prostitué marocain dans les mêmes circonstances, on n'aurait jamais parlé d'image dégueulasse de l'homme arabe, etc. Ce n'est pas parce que c'est une femme (et le film ne les dénigrent jamais sexuellement) qu'ils ne peuvent pas montrer la dure réalité d'un "métier". Et le film n'a pas été fait par des occidentaux mais par des marocains, qui ont voulu dénoncer quelque chose. C'est aussi pour cela que le film est censuré au Maroc.

Et pourquoi tu ne pourrais pas avoir de l'empathie pour des prostituées marocaines ? Elle font le même boulot.

De plus, l'image de l'homme d'occident et donc d'Europe est moquée dans le film. On fait passer le français pour quelqu'un qui pense que tout lui est dû car il a de l'argent dans ce pays. Alors bon... De là à dire qu'il dénigre uniquement des hommes arabes... (et encore, là aussi c'est une généralité car on ne parle que d'hommes saoudiens pas d'hommes arabes en général).

moi59 03/10/2015 13:02

Non pas raciste c' est pas mon propos . l hypocrisie je suis tout a fait d accord .

Mais l image des hommes arabes est toujours degueulasses et ca plait au critique .

Ces femmes sont vulgaires venales . si il voulait parler des femmes un film sur les femmes mules ou qui travaille dans l huile ... Aurait suffit

Le choix de ces prostitues c est surtout un truc racoleur .

Les prostitues de l est par exemple on a de l empathie pour leur condition .

La elles sont tellement vulgaires que c' est compliqué de voir des victimes