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Critique Ciné : N.W.A. : Straight Outta Compton (2015)

18 Septembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : N.W.A. : Straight Outta Compton (2015)

N.W.A. : Straight Outta Compton // De F. Gary Gray. Avec O’Shea Jackson Jr, Corey Hawkins, Jason Mitchell et R. Marcos Taylor.


Nous raconter l’histoire des N.W.A n’était pas ce qu’il y avait de plus facile. A la fois car il s’est passé des choses violentes en coulisse, qu’ils n’ont pas tous fait des choses reluisantes, mais cela reste un très joli hommage à leur ancien camarade Eazy-E, décédé à cause du VIH en 1994. Sa mort a assommé tout le monde et créé un mouvement de soutien sans précédent pour un tel groupe. Ce qui est impressionnant c’est la façon dont ce groupe a connu son succès, bravé les dangers et surtout les autorités avec la liberté d’expression (qu’ils ont défendus). Derrière la caméra, N.W.A. : Straight Outta Compton s’offre les services de F. Gary Gray, à qui l’on doit une série de films comme Be Cool ou encore Braquage à l’italienne, pas toujours des films brillants, pataugeant parfois dans le nanar (Be Cool) mais aussi quelques films assez efficaces (Que justice soit faite). Mais j’aime beaucoup L’histoire de ces stars du hip-hop et du rap américain sont pour certaines aujourd’hui encore des stars : Dr Dre (plus connu des jeunes pour les casques Beats, revenus à Apple), Ice Cube (connu pour ses rôles au cinéma et le clin d’oeil à Friday qu’il est en train d’écrire durant l’une des scènes du film) et accessoirement l’apparition de Jimmy Iovine, le grand manitou d’Interscope Records.

En 1987, cinq jeunes hommes exprimaient leur frustration et leur colère pour dénoncer les conditions de vie de l'endroit le plus dangereux de l’Amérique avec l'arme la plus puissante qu'ils possédaient : leur musique. Voici la véritable histoire de ces rebelles, armés uniquement de leur parole, de leur démarche assurée et de leur talent brut, qui ont résisté aux autorités qui les opprimaient. Ils ont ainsi formé le groupe de rappeur des N.W.A. en dénonçant la réalité de leur quartier. Leur voix a alors déclenché une révolution sociale qui résonne encore aujourd'hui.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, N.W.A. : Straight Outta Compton est avant tout celle de Eazy-E. C’est un film produit par Ice Cube et Dr Dre qui voulait montrer à quel point Eazy-E était leur pote, qu’ils se sont tous brouillés pour mieux se reprendre par la suite et se pardonner. C’est un film parfois un peu lisse dans sa façon de parler de ces personnalités mais il fonctionne de façon assez intelligente car d’un point de vue musical c’est assez pertinent. On nous raconte la façon dont les titres ont été construit (notamment le premier titre, incarné par la voix hors du commun de Eazy-E, sur une production de Dr Dre et des paroles de Ice Cube). La façon dont les trois ont réussi à construire quelque chose (accessoirement avec les autres, un peu plus dans l’ombre : DJ Yella, MC Ren, D.O.C.). Mais le film ne nous apprend pas que des choses sur la musique, aussi sur la façon dont le business de la musique a séparé ces garçons et les a petit à petit détruits. C’est là que le personnage de Jerry Heller a tout son intérêt. Paul Giamatti fait quelque chose de très intéressant en offrant à son rôle le côté vicieux de son personnage qui ne cherchait qu’à profiter du succès (qu’il a certes vu venir) de N.W.A.. C’est toute l’histoire de Ruthless (le premier label) qui est assez bien développée, jusqu’à l’arrivée de Death Row (que Dre a créé avec Suge Knight - label sur lequel a été signé 2Pac ou encore Snoop Dogg -).

Le film laisse de côté l’histoire d’Aftermath (le label de Dre, qui existe encore aujourd’hui). Le casting est lui aussi très réussi. On retrouve parmi le casting les vraies personnes. Ce n’est pas qu’une question de physique, c’est aussi une façon de nous plonger un peu plus proche de la réalité. Jonathan Herman (son premier scénario) et Andrea Berloff (World Trade Center) s’associent pour écrire un scénario au plus proche de la réalité. Il y a des images d’archives qui viennent alors raconter un peu plus de la réalité de l’époque (notamment du point de vue des violences policières et du laxisme du gouvernement vis-à-vis de tout ça). Sur le milieu du gangsta-rap, je pense que l’on a ici pu voir l’un des meilleurs films. C’est beaucoup plus brut que 8 Mile et beaucoup plus intelligent que Réussir ou Mourir (pour prendre les deux films sur l’histoire de deux rappeurs connus - Eminem et 50 Cent, qui ont travaillé avec Dre à un moment de leur vie -). Ce qui est dommage c’est que le film n’aille pas creuser aux endroits les plus sombres (notamment une agression de Dre qui a été omise). Le film ne voulait donc pas toujours creuser, se contentant parfois de simplement énumérer tout un tas de choses.

Note : 7/10. En bref, N.W.A. : Straight Outta Compton reste un solide film sur le monde du gangsta-rap, intelligent et soigné.

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