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Critiques Séries : Narcos. Saison 1. Episode 4.

2 Septembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Narcos

Critiques Séries : Narcos. Saison 1. Episode 4.

Narcos // Saison 1. Episode 4. The Palace in Flames.


Si le côté leçon d’histoire est toujours aussi divertissant dans Narcos, cet épisode parvient à faire évoluer la narration de façon assez surprenante alors que la série capture aussi des moments assez prenant. J’aime bien la façon dont la volonté de devenir une star de la politique est quelque chose que Escobar et son clan se sont pris en pleine figure, d’autant plus qu’il a fait tué le ministre de la justice, autant dire qu’il est en bien mauvaise posture. L’une des plus grandes forces de cet épisode est justement la façon dont toute l’histoire se recoupe autour d’Escobar, aidé par la prestation de l’acteur qui est toujours aussi intéressant. La série parvient à mettre en avant l’équilibre du personnage, entre le père de famille capable d’être drôle, l’homme silencieux, et sa rage qu’il cache au fond de lui et qui remonte à certains moments. Sans compter que c’est un homme de pouvoir, capable de tout et ça, on le voit de façon assez intelligente apparaître au fil des épisodes. Cet épisode est l’occasion de voir aussi un peu plus des forces de la série, de ce qu’elle peut véritablement nous offrir structurellement parlant sur la longueur et le résultat est assez surprenant.

Narcos est une série très différente des autres, ne serait ce que pour le fait qu’elle est un dodu-fiction et pas une série comme les autres. Elle veut nous raconter avec fidélité ce qui s’est passé avec Escobar à cette époque. C’est d’ailleurs pour cela aussi que Narcos est une réussite, introduisant tout au long de ses épisodes des passages de ce qui s’est réellement passé, avec images d’archives à l’appui. Si ce n’est pas nécessairement original de traiter de l’histoire d’Escobar sous un angle aussi documenté (étant donné que le pouvoir de surprises, quand on connaît l’histoire de l’homme, est assez peu intéressant), je trouve que la façon dont tout cela est fait est vraiment ce qui fait aussi la force de cette série. Elle veut raconter une histoire complexe tout en restant fidèle à la façon dont elle s’est déroulée. Ce n’est pas toujours facile de raconter exactement tout ce qui s’est passé d’une histoire vraie étant donné que beaucoup de fictions préfèrent s’inspirer plutôt que de rester totalement fidèle, afin d’agrémenter le tout de quelques passages plus intéressants. Mais ils donnent aussi énormément d’informations dans la voix off de Murphy, histoire de donner aussi de la pertinence à certains moments dramatiques forts.

On retrouve alors ici un peu de ce que Martin Scorsese pourrait faire. La voix off est un élément assez intéressant qui permet aussi de donner l’impression que Narcos pourrait être une sorte de livre audio et pas seulement une fiction, qu’elle pourrait donc se consommer sans en regarder une seule image. Je n’ai pas encore tenté l’expérience mais je suis persuadé que ce serait possible à faire. La mort de Lara dans l’épisode précédent a beaucoup influencé cet épisode et la façon dont l’histoire de celui-ci évolue. C’est une très bonne chose, d’autant plus que le résultat est assez surprenant dans son ensemble. La série continue de poursuivre sa sorte de vendetta contre Escobar, sans pour autant être du point de vue américain ou colombien. La série veut être neutre et cela se voit, elle ne donne donc pas plus de parole à Murphy ou à Escobar et ne cherche pas nécessairement à faire de Escobar quelqu’un d’aussi vilain que d’autres fictions américains ont pu le faire. C’est aussi un épisode qui permet d’extradition (et le problème que cela peut imposer entre les Etats-Unis et la Colombie au sujet des narco-trafiquants à cette époque). Globalement, j’ai tout ce que je veux avec cette série dans cet épisode, et j’espère que les prochains épisodes vont rester d’aussi bonne facture.

Note : 8/10. En bref, une narration fluide,  des personnages avec chacun sa morale, tout est raconté de façon intelligente suivant scrupuleusement l’histoire.

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