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Critiques Séries : Dix Pour Cent. Saison 1. Pilote & Episode 2 (France).

13 Octobre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Dix Pour Cent

Critiques Séries : Dix Pour Cent. Saison 1. Pilote & Episode 2 (France).

Dix Pour Cent // Saison 1. Episodes 1 et 2. Cécile (Pilote) / Line et Françoise.


Fanny Herrero (Fais pas ci, Fais pas ça, Un Village français, Kaboul Kitchen) a créé une série mettant en scène des agents d’acteurs et d’actrices à Paris. Dix Pour Cent n’est pas pour autant un ersatz d’Entourage et des aventures d’Ari Gold. Ce n’est pas du tout l’histoire que cette série veut nous raconter. Mise en scène par Cédric Klapish (Casse Tête Chinois, L’auberge Espagnole), le premier épisode est une occasion de rappeler à quel point le scénario est important. Les répliques sont soignées, les personnages développés de façon intelligente et il y a constamment un besoin pour le téléspectateur de voir la suite. France 2 vient de démontrer encore une fois qu’en matière de série, ils misent sur les bons chevaux. Ce n’est pas la première fois que Cécile de France tourne pour Cédric Klapisch, c’est probablement pour cela qu’elle est au centre de cet épisode et qu’elle capture bien souvent la lumière de sa caméra. En incarnant son propre rôle, j’ai beaucoup aimé la façon dont elle influence l’histoire de cet épisode qui se joue en grande partie à huis clos, dans les locaux de l’agence. Le rythme est d’ailleurs très trouvé, entre bonnes blagues potaches, répliques bien pensées et développement de personnages particulièrement bien orchestré.

Trois agents de comédiens, aux personnalités hautes en couleur et aux vies personnelles compliquées, se battent au quotidien pour trouver les meilleurs rôles pour leurs prestigieux clients. Quand Camille, la fille illégitime de l'un d'entre eux, débarque à Paris pour chercher un boulot. Cette dernière est alors plongée dans le quotidien mouvementé de l'agence et nous fait découvrir à travers son regard naïf les dessous de la célébrité.

Cet épisode est donc l’histoire de Cécile de France et de son agent, Gabriel. Ce dernier ne va pas réussir à boucler le contrat avec Quentin Tarantino pour qu’elle incarne l’Immortel dans le film du même nom et qui doit se tourner à Paris. Si la morale va vouloir qu’elle refuse le rôle à la fin de l’épisode, simplement car Cécile n’est pas de ces femmes prêtes à tout (notamment accepter de la chirurgie esthétique) pour avoir un rôle. Elle préfère le naturel. Au delà de tout ça, Dix Pour Cent utilise à merveille l’univers de ses personnages et des relations qu’ils peuvent entretenir les uns avec les autres. Notamment la relation entre Camille et Mathias. J’aime bien cette relation, basée sur des piques et un besoin de cacher quelque chose qui n’a pas vraiment besoin de l’être. Cette série utilise aussi à merveille le talent de Camille Cottin. Celle que l’on connait peut-être plus pour avoir incarné la plus grande Connasse de France incarne ici le rôle d’Andrea, une agent de star lesbienne qui n’a pas froid aux yeux. Elle est toujours là pour dire ce qu’elle pense et je trouve ça particulièrement drôle. Ses répliques sont parmi les meilleurs de ces deux épisodes. Elle partage ses bonnes répliques avec Nicolas Maury, l’assistant de Gabriel : Hervé.

Ce dernier est lui aussi très drôle, ne serait-ce que dans sa façon d’écouter tous les potins du bureau (rien que le potin de la compta dans le premier épisode était excellent). Il ponctue l’épisode de quelques piques assez comiques qui permettent aussi de rappeler que Dix Pour Cent n’est pas qu’une série dramatique, aussi une comédie. Le casting de cette série gagne alors les services de Lien Renaud et Françoise Fabian dans le second épisode. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est très différent de ce que l’on a pu voir avec Cécile de France dans le premier épisode. Le second épisode bascule avec la mort du grand patron de l’agence : Samuel. Afin de rappeler que Dix Pour Cent est aussi un peu une comédie, cet épisode traite de sa mort : est-il mort à cause d’une guêpe qu’il aurait volé ou bien comme la rumeur le dit, serait-il mort à cause d’une « partie fine » avec des brésiliennes. Dix Pour Cent s’inscrit parfaitement dans la nouvelle direction que prend France 2 avec ses fictions (Les Témoins, Disparue, Accusé, Chefs) qui cherchent de nouvelles façon de raconter des histoires. Alors parfois cela s’inspire de séries britanniques (Accusé est un remake d’une série britannique) mais ce n’est pas bien grave, surtout que ce n’est pas si mal fait.

Dix Pour Cent est une occasion de mettre en scène des personnages décousus, qui vont devoir par moment s’unir. La série se concentre également sur quelques histoires plus personnelles comme toute la scène d’Andrea face aux sites de rencontre. C’est une scène très moderne, symptomatique du monde d’aujourd’hui et de la façon dont on voit les sites de ce genre là (même si cela se joue un peu plus sur les applications que sur des sites de rencontre à proprement parler). Dix Pour Cent reste une série moderne aussi dans sa façon de parler de l’agent de star, du monde des acteurs et des actrices, sans compter que Paris (le lieu de tournage) est utilisé à bon escient, sans fioritures et sans gros clichés. On retrouve alors là aussi le cinéma de Klapisch (un style qu’il a imposé dans le premier épisode). Ce dernier avait déjà fait un film sur Paris (du même nom, Paris), très réussi dans sa façon de mettre en avant la ville et l’on retrouve cela dans le peu de lieux parisiens dans lesquels le film s’orchestre. C’est feutré, voluptueux et réussi.

Note : 8/10. En bref, deux épisodes intelligents, drôles et futés. En somme, c’est comme dirait Andrea, Hiroshimesque !

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