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Critique Ciné : A vif ! (2015)

18 Novembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : A vif ! (2015)

À vif ! // De John Wells. Avec Bradley Cooper, Sienna Miller et Daniel Brühl.


Mettez Bradley Cooper en star de la cuisine et vous avez À Vif !, un film de rosbeef sur la nourriture comme si l’on était dans un restaurant parisien. Sauf que nous sommes à Londres et que l’on nous ouvre donc le palais avec tout un tas de mets en tout genre. C’est d’ailleurs assez réussi dans son ensemble, ou en tout cas agréable à suivre sans pour autant chercher la grande originalité. Bradley Cooper utilise au mieux le vocabulaire français afin de pimenter un peu la chose, assaisonnée d’une présence féminine presque secondaire alors qu’elle aurait peut-être dû avoir le premier rôle (Sienna Miller). D’ailleurs, je pense sincèrement qu’Adam Jones n’est pas le personnage le plus intéressant dans ce film. C’est donc avec un menu assez classique que l’on tente de nous mettre en appétit du début à la fin avec le typique chef ancien alcoolique qui tente de se relancer avec un restaurant. Quelque chose va se briser à un moment donné et puis tout d’un coup il va prendre conscience de quelque chose qui va l’aider. Cela aurait très bien pu s’appliquer à tout un tas d’autres typologies de comédies dramatiques américaines. Et c’est peut-être justement là le problème, les épices et les plats sont déjà connus de tous donc le dénouement n’a pas de grande saveur.

Plus qu’un grand chef, Adam Jones est une rock star de la cuisine, couronnée par deux étoiles au guide Michelin. Grisé par le succès, arrogant et capricieux, l’enfant terrible de la scène gastronomique parisienne sombre dans l’alcool et la drogue.
Quelques années plus tard, il a retrouvé la voie de la sobriété. Entouré de jeunes commis et chefs de parties, il relance un restaurant londonien, déterminé à obtenir le graal de la gastronomie : une troisième étoile.
Hanté par les fantômes du passé, le chemin de la rédemption s’annonce plus âpre que prévu : il ne lui reste plus qu’une seule chance pour devenir une légende…

Ce qui nous fait cependant voyager c’est la cuisine. Impossible de ressortir d’À Vif ! sans avoir l’envie de croquer une boucher d’un bon Burger King (si l’on s’arrête aux premières minutes) ou bien de manger à ce restaurant de gastronomie moléculaire ou encore au restaurant d’Adam Jones bien évidemment. Car bon, trois étoiles Michelin ce n’est pas rien. Oups. Sans chercher à trop exciter le palais du spectateur, À Vif ! tente donc de ponctuer son histoire de tout un tas d’éléments narratifs. John Wells est assez connu pour ce genre de choses alors qu’il écrit parmi les meilleurs épisodes de Shameless par exemple. On a l’impression d’ailleurs que son film tente parfois de sortir un peu de son côté le plus classiques afin de surprendre et de prendre son spectateur de court. Notamment sur les bases d’un thriller plus psychologique. Les scènes dans la cuisine d’Adam sont parmi les plus intelligentes du film. Le début est un peu redondant et facile, certaines intrigues secondaires (l’argent, l’alcool, la relation filiale, etc.) sont même parfois un peu clichées et pompeuses mais sans trop savoir pourquoi, À Vif ! sait attirer l’oeil du spectateur (et ce n’est pas qu’une question de bons sentiments ou belles photos de plats).

On est tout de même loin d’autres films de cuisine comme Ratatouille (oui !), Le Chocolat (bon ok, c’était juste du chocolat mais Adam fait un gâteau au chocolat donc cela doit compter non ?), ou même Les recettes du bonheur qui était une belle invitation à la gastronomie d’un autre pays mais en France. Derrière tout un tas de choses un peu soupe au lait, À Vif ! tente donc de nous pimenter un peu l’ensemble avec des ingrédients comme Bradley Cooper et son français, un Matthew Rhys un brin mystérieux mais toujours très propre dans son interprétation (il était d’ailleurs encore récemment l’atout d’un film français : En mai fais ce qu’il te plaît). Sienna Miller est un peu sous exploitée à mon goût. Elle méritait en effet un rôle beaucoup plus important et peut-être aussi plus savoureux. D’une bonne idée de départ, John Wells n’a donc pas su être totalement surprenant. Comme son héros au début du film avec le menu de son restaurant. Le réalisateur/scénariste/producteur a déjà fait mieux et je pense notamment au très bon Un été à Osage County qui n’avait bouleversé en 2013 (surtout pour la prestation de Meryl Streep et des dialogues qu’il lui avait écrit).

Note : 5.5/10. En bref, agréable comédie dramatique culinaire.

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isabelle 18/11/2015 22:22

sans le fric, ce film nunuche n'existerait pas.