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Critique Ciné : Love (2015)

19 Novembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Love (2015)

Love // De Gaspar Noé. Avec Karl Glusman, Aomi Muyock et Kara Kristin.


Présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2015, Love a choqué et a même créé une sorte de petite affaire d’Etat quand Fleur Pellerin a dû se prononcer sur l’interdiction de Love aux mineurs. Elle a voulu que les règles qui régissent le moins de 18 ans évoluent. Quoi qu’il en soit, même si le petit buzz qu’a pu faire ce film l’a laissé aux oubliettes, j’étais curieux de le découvrir. Je n’ai pas eu la chance de pouvoir le voir au cinéma, à mon grand damne. Gaspar Noé est un cinéaste fascinant par sa façon de montrer le sexe, la violence, l’amour, etc. Je me souviens encore d’irreversible comme d’un choc cinématographique. Mais autant visuellement que scénaristiquement parlant c’était intelligent et il y avait une vraie forme de réflexion sur le mauvais fond humain, la perversité sexuelle et le besoin de violence. Love est un récit d’un tout autre fruit, c’est l’amour sans états d’âme, brut sous toutes ses formes. Il y a beaucoup de sexe c’est sûr, de la pénétration à la branlette. Mais le film a beau montrer le sexe non simulé à l’écran (contrairement à Nymphomaniac par exemple) mais ce qu’il faut retenir de ce film c’est l’histoire d’amour qu’il raconte qui est sincère et belle. Le sexe renforce juste le sentiment de réalisme car que serait l’amour sans le sexe mais pas celui que l’on voit dans tous les films, le « vrai » sexe.

Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d'Electra lui demande, très inquiète, s'il n'a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu'il lui soit arrivé un accident grave.
Au cours d'une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d'amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d'excès et d'erreurs...

Gaspar Noé veut montrer des gens avoir des orgasmes à l’écran. Il veut nous montrer ce que c’est que de vivre l’amour. En racontant son histoire autour d’un jeune couple qui s’aime jusqu’à se détruire est justement quelque chose qui me fascine. Love n’a pas peur de nous montrer ce qu’il y a de plus brut en chacun de nous. C’est loin d’être un film transgressif, je dirais même que Love est doux comme un agneau. C’est un film ne contrairement à Irreversible par exemple ne cherche pas la violence, juste à montrer la beauté des sentiments tant dans les relations sexuelles que des moments de vie les plus simples. Love est aussi un phénomène à sa façon. C’est un film qui se vit comme un spectacle, qui nous plonge dans l’intimité de deux êtres. C’est d’ailleurs très touchant comme film là aussi par rapport à sa capacité à être une sorte de film où tout est autorisé. Côté casting, Gaspar Noé mise sur des inconnus mais personne n’est mauvais. Au contraire, je trouve qu’il y a derrière chacun d’entre eux quelque chose de sincère et de beau. Visuellement, Gaspar Noé démontre encore une fois qu’il est très attaché à la lumière rouge. Cette lumière, très caractéristique est une vraie réussite. Sexuellement parlant, je trouve que le film nous offre là aussi quelque chose de beau, toujours soigné et jamais vulgaire. Un peu comme Lars von Trier avait pu idéalisé le sexe sous toutes ses formes dans Nymphomaniac (avec un regard beaucoup plus froid alors qu’ici les couleurs sont chaudes, brûlantes), Gaspar Noé instrumentalise la chose à sa façon.

Il y a une scène qui m’a marqué dans ce film et c’est celle du ménage à trois. Visuellement la scène est magnifique mais c’est la musique qui suit le rythme des orgasmes et de la montée du plaisir qui m’a fasciné. Car la musique a une place très importante et permet de suivre la scène au départ sur un petit riff de guitare jusqu’à la folie cacophonique. Ce n’est pas la seule scène de sexe qui est rythmé par la musique puisque toutes le sont mais je trouve que c’est la plus belle scène de sexe du film. Ce n’est que mon avis. Durant près de deux heures et 15 minutes, le film enchaîne ses scènes sans aucun temps mort. Si la durée du film aurait pu être son défaut, c’est tout le contraire. Je dirais même que c’est ce qui permet justement de se plonger au mieux dans la vie de ces personnages. Le film prend le temps de poser des questions, d’interroger les personnages et de montrer les choses dans un contexte précis. Finalement, Love démontre tout le talent d’un artiste qui ne veut jamais faire les choses comme les autres et qui se refuse aux conventions. Le fait est que le film cherche constamment à donner de la vie à ce qu’il raconte. C’est beau et Love est peut-être le plus beau pamphlet pour l’amour (et l’inverse).

Note : 9/10. En bref, un film beau, doux et enlevé qui contre tout cela par le côté brut des scènes de sexe sans tabous.

Date de sortie : 15 juillet 2015

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isabelle 19/11/2015 20:06

pas intéressée du tout, il en faut pour tout le monde. si ça vous plait ...

delromainzika 20/11/2015 17:35

artistiquement parlant c'est pourtant un très bel exercice. Il ne faut pas se laisser avoir par le choc imposé par les médias. Le film est respectueux du sexe et de l'amour.