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Critiques Séries : Ainsi Soient-Ils. Saison 3. BILAN.

3 Novembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Ainsi Soient Ils

Critiques Séries : Ainsi Soient-Ils. Saison 3. BILAN.

Ainsi Soient-Ils // Saison 3. 8 épisodes.
BILAN


Ce n’est pas facile de dire au revoir à une série comme Ainsi Soient-Ils. Elle est montée crescendo au fil des années, parlant de l’état de l’Eglise et de ses préceptes, et de comment cette école de prêtrise a réussi à délivrer sa propre vision des choses, tout en restant en lien avec la religion. Ce n’est pas facile de parler d’homosexualité, de pédophilie, de repris de justice, etc. dans un monde religieux comme celui qui est dépeint dans Ainsi Soient-Ils. Mais la série parvient à le faire de façon intelligente, sans temps morts. Cette saison 3 ne déroge d’ailleurs pas à la règle et voir la série s’arrêter cette année est presque décevant dans le sens où quand une série est bonne, on n’a pas envie de la voir s’en aller. La série était au départ très intéressante mais imparfaite et c’est d’ailleurs ce qui lui a valu d’avoir toute mon attention. Les imperfections laissaient petit à petit place à de bonnes surprises et à des éléments narratifs intelligents. Le sous-texte est quant à lui traité avec soin, afin de mettre en scène l’univers de l’Eglise, la place du Vatican, etc. mais tout cela au XXIe siècle, pas avec les idées d’une vieille époque. Si Ainsi Soient-Ils avait été un immense succès à travers le monde, elle aurait pu être vu comme un blasphème contre l’Eglise et pourtant, elle pose des questions intelligentes et modernes tout en apportant des réponses tout aussi modernes.

Ainsi Soient-Ils connaît énormément de chemins tumultueux au fil des épisodes et cette saison ne déroge pas à la règle. Bien au contraire, elle démontre une fois de plus la capacité de la série de pouvoir méditer et réfléchir à la fois. Puis il y a le grand saut dans celui des fidèles, celui de leurs tourments, l’entrée dans la violence du monde moderne et la rupture avec le divin. Cette année, Ainsi Soient-Ils est presque encore plus sombre que l’année précédente, invitant des sujets complexes à traiter au sein d’une narration toujours aussi fluide et posée. L’avantage de cette série a toujours été de bousculer les conventions tout en restant très calme. Il n’y a donc jamais d’excès, tout est fait de façon millimétrée. Quatre ans après la vente des Capucins (oui, il y a un long laps de temps qui s’est écoulé), José, Guillaume et Yann s’apprêtent à plonger dans le sacerdoce. Et forcément, les affections paroissiales qui leurs sont réservés vont les laisser circonspects de déception. C’est là que certains vont bousculer des secrets qui planent comme Yann avec sa paroisse bretonne. De son côté, Guillaume est en région parisienne et doit supporter son supérieur, avec énormément de difficulté bien entendu. J’ai toujours aimé le personnage de Guillaume, en grande partie car c’est celui qui avait l’intrigue la plus visionnaire de la série.

L’homosexualité n’a jamais été un sujet facile à aborder dans des fictions mettant en scène l’Eglise mais Ainsi Soient-Ils a réussi à le faire même si je pense que l’on aurait pu mériter une saison supplémentaire encore afin de gérer le laps des 4 ans. Si Ainsi Soient-Ils est une série aussi intelligente et soignée, c’est aussi car elle incarne à merveille plusieurs thématiques. Alors qu’au plus haut des arcanes du Vatican se font ressentir les complots divers et variés, Ainsi Soient-Ils démontre donc son besoin de sortir de Paris et des Capucins afin de se concentrer aussi sur l’Eglise de manière beaucoup plus générale. Cela a été inauguré au fil des épisodes et cela se voit encore plus cette année. Le Vatican a donc une place importante cette année, d’autant plus qu’il gère forcément tout ce qui se passe dans l’Eglise. Notamment quand certains ont des requêtes en tout genre. Les prêtres vivent quant à eux au plus près la cruauté de la vie et des hommes. Les complots du Vatican ont beau résonner, ce n’est pas ce qui les préoccupent le plus. Il y a bien des choses plus importants qui leur offre désillusion face à ce qui leur semblait pourtant être un choix judicieux. Le fait d’avoir voulu situé cette dernière saison 4 ans après les évènements de la saison 2 est une occasion en or.

C’est une opportunité que Ainsi Soient-Ils utilise à merveille afin de confronter les personnages aux problèmes du monde, des gens qui côtoient une paroisse, des secrets de l’Eglise et du Vatican. Car c’est aussi ça. Il y a une face cachée à laquelle aucun de nos apprentis préférés ne s’attendaient et qu’ils vont découvrir au fil des épisodes. La morosité qui imprègne donc cette saison m’a étrangement fasciné. Heureusement que le Père Fromenger a été là pour éduquer ces prêtres qui gardent en eux ses préceptes. Notamment pour ce qui est de la solidarité quand Guillaume ouvre son église alors que des gens sont en train d’être assommés par la pluie battante, allumant des cierges afin de les réchauffer. C’est une scène assez symbolique là aussi de la modernité de Ainsi Soient-Ils et de sa façon de parler de la religion et de ce qu’elle est ici. Ainsi, de leur initiation à l’accompagnement des paroissiens, pendant trois saisons, nous avons suivi ces trois prêtres et retiré une grande richesse intérieure. Il y a des intrigues secondaires comme celle de Monseigneur Poireaux qui doit se charger des comptes de l’Eglise de France et ce n’est pas très joli. Cette série a un message d’humanité assez unique en son genre et je pense que tout le monde qui a partagé l’aventure Ainsi Soient-Ils en a retiré quelque chose, peut-être de la sagesse, peut-être un peu plus d’humanité. Je ne sais pas mais ce qui est sûr et certain c’est qu’il y a eu un avant Ainsi Soient-Ils et un après Ainsi Soient-Ils.

Note : 8/10. En bref, la beauté de Ainsi Soient-Ils est d’être restée authentique tout au long de son histoire.

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