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Critique Ciné : Le Nouveau (2015)

29 Décembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Le Nouveau (2015)

Le Nouveau // De Rudi Rosenberg. Avec Max Boublil et Raphaël Ghrenassia.


On a tous connu ça une fois, est le nouveau dans un collège, dans un lycée. Et puis c’est ce dont Rudi Rosenberg avait envie de parler pour son premier long métrage. C’est un sujet que le cinéma français aime bien, les comédies se déroulant à l’école : Les Beaux Gosses, LOL, etc. qui prennent des sujets actuels et tentent d’en faire ressortir quelque chose. Ce n’est pas toujours facile mais ils tentent et c’est déjà pas mal. L’avantage du réalisateur et scénariste ici est de nous raconter une histoire classique avec des personnages qui le sont peut-être un peu moins mais qui symbolisent à merveille l’école actuel : une jeune fille étrangère qui a du mal à parler le français mais qui s’y fait, le garçon qui vient du Havre car ses parents doivent réussir à Paris, la jeune fille handicapée mais qui ne cherche pas à ce que cela soit un problème pour sa vie sociale, le bullying dans toute sa splendeur et la bande de losers qui tentent de gagner des points auprès de ceux qui en valent la peine, etc. Il y a donc un peu de ce que Ryan Murphy a fait avec Glee (et l’écho est d’autant plus fort dès que l’un des personnages cherche à créer une chorale).

La première semaine de Benoit dans son nouveau collège ne se passe pas comme il l’aurait espéré. Il est malmené par la bande de Charles, des garçons populaires, et les seuls élèves à l’accueillir avec bienveillance sont des « ringards ». Heureusement, il y a Johanna, jolie suédoise avec qui Benoit se lie d’amitié et tombe sous le charme. Hélas, celle-ci s’éloigne peu à peu pour intégrer la bande de Charles. Sur les conseils de son oncle, Benoit organise une soirée et invite toute sa classe. L’occasion de devenir populaire et de retrouver Johanna.

Par ailleurs, ce film a un autre avantage, être incarné par une bande de jeunes inconnus qui ne sont pas professionnels mais qui s’en sortent très bien. C’est peut-être aussi ce qui fait l’une des originalités là-dedans. Mais au-delà de ça, Le Nouveau manque un peu de folie. Le film veut être fou mais ne s’en donne pas vraiment les moyens de l’être. La faute vient probablement du fait que l’on ne peut pas rire de tout, que l’on ne peut pas forcément rire du handicap ou encore du bullying. Il y a cependant de bons moments hilarants grâce à notre bande de losers dans leurs aventures et surtout le jeune Joshua qui sort vraiment blague sur blague. Enfin, sans vraiment le vouloir. Le Nouveau ne risque donc pas grand-chose mais sait rester agréable du début à la fin. Je pense que c’est ce qu’il y a de plus important, sans porter de jugement de valeurs, juste en parlant de la construction d’une bande de potes. Dès le début, Rudi Rosenberg veut donner au héros, Benoît, l’occasion de faire un choix, celui de rester avec les garçons populaires mais un peu vilain, ou bien l’inverse et devenir quelqu’un de beaucoup plus intéressant.

Parler de jeunesse de notre époque ce n’était pas si facile que ça mais c’est réussi et je pense que c’est avant tout ce qu’il faut reconnaître ici. Le Nouveau n’est pas le meilleur film de l’année mais un bon exemple de ce que le cinéma français a à offrir dans le registre du film adolescent. Les gamins du film sont tellement naturels dans leurs faits et gestes que l’on a parfois l’impression de voir une sorte de docu-fiction sur un microcosme que l’on ne connaît pas forcément. Personnellement, j’ai connu un peu la division des clans, ceux qui font régner la terreur, ceux qui s’en foutent et ceux qui subissent. C’est quelque chose qui restera probablement encore longtemps dans l’éducation et dans nos sociétés, celle de la loi du plus fort. Quoi qu’il en soit, Rudi Rosenberg a au moins le mérite de ne pas être tombé dans certains poncifs et d’avoir échappé au film trop facile. En restant assez juste du début à la fin, on a envie d’oublier les petits moments de faiblesse du scénario où l’on commence à regarder un peu sa montre et la porte de sortie en se demandant dans combien de temps tout cela s’arrête.

Note : 6/10. En bref, une comédie française avec un ton juste.

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