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Critique Ciné : Le Pont des Espions (2015)

9 Décembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Le Pont des Espions (2015)

Le Pont des Espions // De Steven Spielberg. Avec Tom Hanks, Mark Rylance et Alan Alda.


L’Histoire a toujours passionné Steven Spielberg, encore plus tout ce qui se rapporte à l’Allemagne : Munich (sur les attentats de Munich), les films sur la Seconde Guerre Mondiale mettant donc en scène des allemands (La Liste de Schindler, et dans une certaine mesure Il faut sauver le soldat Ryan) et maintenant nous avons Le Pont des Espions se déroulant durant la Guerre Froide. Bien entendu, le rapproche que je peux faire ici est peut-être un peu grossier mais l’on ne peut nier le fait qu’il y a une vraie continuité dans la filmographie du réalisateur. L’histoire de James Donovan est particulièrement intéressante et pas seulement pour ce qu’il a fait ici avec les négociations entre la Russie, la RDA et les Etats-Unis. Mais aussi car cet homme a permis de libérer plus de 9000 hommes après avoir été négocier avec Fidel Castro la libération au départ de 1000 prisonniers). On retrouve alors un Steven Spielberg inspiré alors qu’il utilise sa caméra de façon très intelligente et ce spectacle est vraiment à la hauteur des attentes. Je savais que j’allais beaucoup aimer ce film, mais l’on retrouve le réalisateur qui fascine, qui passionne et qui narre.  

James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

Le Pont des Espions est une démonstration encore une fois très intéressante des talents de ce réalisateur. Accessoirement, le film bénéficie également d’un scénario au poil co-écrit entre Matt Charman (Black Work, Suite Française) et les frères Coen. Ces derniers viennent d’ailleurs apporter un humour bienvenu qui change de ce que l’on avait pour habitude de voir dans les films sérieux de Spielberg. Après tout, la légèreté humoristique dont Le Pont des Espions fait preuve n’est pas quelque chose que l’on avait pu voir dans Lincoln, l’un des derniers films du réalisateur. Mais je suis ravi de voir une fois de plus que le scénario sait être à la hauteur des attentes. Le film veut parler d’un acte héroïque, celui d’un homme qui a cru en ses capacités et qui a réussi à les utiliser pour le bien. Il a réussi à sauver la vie d’un américain dont le gouvernement se moquait complètement alors qu’au fond, c’était peut-être justement lui LA personne à sauver. James Donovan l’a bien compris. Je ne suis pas là pour vous re-raconter une très belle histoire. Le scénario le fait déjà très bien, mélangeant justement habilement l’histoire avec des moments beaucoup plus légers où quelques gags et quelques répliques font mouches. Tom Hanks est d’ailleurs un très bon client.

Cet acteur, une sorte de statue de cire dans le monde du cinéma continue de démontrer à quel point il fait partie des meilleurs (après Capitaine Phillips ou encore Dans l’ombre de Mary). Si je suis très heureux de voir l’acteur retrouver le réalisateur qui l’avait mis en scène dans Le Terminal (qui reste un autre chef d’oeuvre de Steven Spielberg dans un registre différent mais toujours assez politique et affirmé), l’acteur continue de montrer une vraie valeur ajoutée. Je me demande même si au fond ce rôle n’a pas été écrit pour lui car il y a probablement très peu d’acteurs qui auraient été capable d’être aussi bons. Le film est découpé en deux parties. La première est là pour montrer la paranoïa américaine de l’époque, la façon dont l’espionnage supposé était traité et surtout le regard des américains à l’égard d’un homme qui ne faisait que son boulot (et qui par la suite, est devenu un héros qui a réussi à sauver deux américains). Le Pont des Espions incarne bien évidemment pas mal de valeurs américaines (notamment le fait de défendre la constitution des Etats-Unis - et le fait qu’il s’agit aussi d’une Terre d’accueil depuis des années -, la scène patriotique avec le discours face au drapeau de cette classe d’enfants, etc.). Le russe reste donc vu comme un ennemi, comme l’américain le perçoit. C’est un film à point de vue de toute façon et ce n’est pas si bête que ça.

Note : 9/10. En bref, Spielberg revient la tête haute avec un brillant film juridico-espionnage.

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