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Critique Ciné : Love and Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys (2015)

14 Décembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Love and Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys (2015)

Love and Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys // De Bill Pohlad. Avec Paul Dano, John Cusack et Elizabeth Banks.


Qui n’a jamais entendu un titre des Beach Boys au moins une fois dans sa vie ? C’est un groupe culte. Si l’on pourrait croire que l’on va voir un biopic de Brian Wilson, le leader du groupe, ce n’est pas vraiment le cas. Disons que le but est surtout de nous raconter une histoire avec quelqu’un de connu et sur fond de musique et d’époque qui colle parfaitement avec ce que le film raconte. Du coup, Love and Mercy cherche à raconter une histoire alternative au sujet de son héros connu avec plein de « et si… ». Cette façon d’utiliser le conditionnel afin de raconter une histoire légère et douce amère est étonnant d’autant plus que l’on ne s’attend pas forcément à un film de ce genre là. La façon dont le film raconte le mythe de Brian Wilson est donc intéressant car j’ai beau ne rien connaître à l’histoire du personnage, j’ai été passionné par ce qui nous est raconté. C’est soigné et très bien ancré dans une certaine époque. Cela ne vient pas que de la musique, aussi de la façon de reproduire les années 60 et 80 et cette ambiance si particulière. Bill Pohlad, producteur sur des films comme Le secret de Brokeback Mountain, réalise ici son second long métrage (le premier datait de 1990 !). Ce metteur en scène oublié a largement pu peaufiner sa technique au fil des années afin de nous délivrer ici quelque chose de soigné, avec un grain indé qui colle parfaitement avec ce que Love and Mercy représente.

Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

Michael A. Lerner (War Zone) est accompagné de Oren Moverman (I’m Not There) au scénario et cela se voit. En effet, ce dernier est à l’origine d’un biopic fantasmagorique sur Bob Dylan et la représentation qui est faite de Brian Wilson a beau ne pas être aussi fantasmée, l’histoire n’en reste pas moins très imagée. En prenant deux points de vue (le premier dans les années 60 avec Paul Dano dans le rôle du maestro et le second dans les années 80 sur la fin du groupe et le futur d’une ancienne gloire). C’est un film qui veut raconter deux rencontres, deux histoires distinctes. La première se concentre sur le succès et la musique, la seconde sur l’histoire entre Brian et Melinda (incarnée par une Elizabeth Banks tout en retenue et assez surprenante, actrice prouvant d’ailleurs ces derniers temps qu’elle fait de bons choix de rôles). John Cusack et Paul Dano sont complémentaire dans le même rôle au sein d’un film qui laisse à chaque acteur la liberté d’apporter sa propre patte au personnage. C’est quelque chose qui permet justement à Love and Mercy d’être aussi intéressant car les deux acteurs ne se ressemblent pas forcément mais se complètent. D’ailleurs, j’aime bien la façon dont le génie musical de Brian est représenté chez la version des années 60 du personnage.

Les Beach Boys ont influencé énormément de choses dans le monde de la musique et restent aujourd’hui un groupe classique dont les tubes parfois un peu désuets restent malgré tout intemporels. Il y a quelque chose d’envoûtant dans cette musique que l’on retrouve à chaque fois que des notes de God Only Knows (notamment) retentissent. Love and Mercy casse aussi la narration linéaire des biopics les plus classiques afin de raconter à sa façon l’histoire. En prenant ces deux époques, ces deux points de vue, le film s’offre une belle énergie, évitant ainsi de ronronner à certains moments où l’histoire du héros est sensée être la plus miséreuse. Le film sait aussi créer des émotions ici et là derrière son côté particulièrement léger. Les dialogues sont soignés, le casting apporte quelque chose d’un peu plus libre et le résultat va bien au delà de mes attentes. J’ai mis du temps avant de me pencher sur le cas de ce film et pour cause, j’avais peur que cela ne soit qu’un nouveau biopic qui suit la même façon de faire une histoire de ce genre là. Etant donné que c’est tout le contraire qui s’est passé dans ce film, je suis content du résultat. Par ailleurs, je tiens aussi à citer Paul Giamatti (qui semble apprécier les films sur le monde de la musique avec N.W.A à la rentrée) lui aussi frappé du génie par son interprétation du docteur de Brian.

Note : 7.5/10. En bref, joliment délicieux et doux, un film aussi musical que touchant. Manque peut-être un peu plus de folie là dedans.

Date de sortie : 1er juillet 2015

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