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Critique Ciné : Microbe et Gasoil (2015)

25 Décembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Microbe et Gasoil (2015)

Microbe et Gasoil // De Michel Gondry. Avec Ange Dargent et Théophile Baquet.


Michel Grondy adore les films fauchés aux univers un peu étranges et farfelus. C’est pour ça qu’on aime ce réalisateur français. Il met toujours tout au service de l’originalité, à sa façon et le résultat est bien souvent excellent. J’ai beaucoup aimé la relation qu’il y a entre les deux jeunes acteurs, Ange Dargent et Théophile Baquet. Les deux ont une relation qui fonctionne, qui est touchante et attachante à la fois. Les deux sont perdus dans une vie qui ne leur plait pas car le problème c’est qu’ils n’ont pas d’occasion de vivre leurs rêves. Ils vont cependant parvenir à rêver au moment où ils vont construire une maison roulante et traverser la France avec elle. C’était vraiment farfelu comme idée mais elle fonctionne parfaitement. Il y a des émotions créées par tout un tas de choses : l’amitié, les premiers émois, l’idée de prendre son indépendance et de devenir adulte, etc. On voit que Michel Gondry n’a pas perdu de son côté inventif et bricoleur avec un film qui parvient à jouer la carte du road-movie de façon complètement différente de ce que l’on avait probablement pu imaginer au départ. Car avant de voir ce film, je pensais vraiment qu’il allait ressembler à quelque chose d’autre.

Les aventures débridées de deux ados un peu à la marge : le petit "Microbe" et l'inventif "Gasoil". Alors que les grandes vacances approchent, les deux amis n'ont aucune envie de passer deux mois avec leur famille. A l'aide d'un moteur de tondeuse et de planches de bois, ils décident donc de fabriquer leur propre "voiture" et de partir à l'aventure sur les routes de France...

Si parfois, Microbe et Gasoil fonctionne un peu trop comme un film de Michel Gondry classique, l’avantage c’est que l’on n’est pas toujours trop dépaysé. L’idée de départ de Microbe et Gasoil est tellement originale qu’au fond… c’est presque dommage de l’enfermer autant mais bon, Microbe et Gasoil reste une réussite à sa façon. Notamment car c’est une réflexion assez sympathique sur l’adolescence et l’envie de devenir adulte. Quand on est ado on se dit que la vie est bien mieux quand on est adultes et c’est aussi pour cela que je trouve ce film si intéressant. Il y a une vraie réflexion derrière, pas toujours très bien développée mais c’est suffisamment frais pour que l’on n’ait pas l’impression d’avoir perdu son temps. Bien au contraire. On sent aussi derrière Microbe et Gasoil qu’il y a une envie de raconter une aventure très personnelle. Michel Gondry a beau faire énormément de Gondry là dedans, au fond c’est pile poil ce qu’il fallait pour qu’il puisse parler de lui-même. C’est en tout cas comme ça que je l’ai imaginé et le résultat, fauché par des moyens assez minimaliste démontre qu’au fond le cinéma est un art qui peut très bien être artisanal.  

Ce grand rêveur démontre avec brio qu’il ne faut pas s’arrêter de rêver. Bien au contraire, il faut toujours célébrer le pouvoir de l’imagination et pour le coup, le résultat est au rendez-vous. En 1h43, on aurait probablement pu s’attendre à un film complètement différent, beaucoup plus mitigé mais c’est tout le contraire qui s’est passé. Par chance, on comprend très rapidement aussi ce que ce film a toujours voulu chercher à faire (et ce qu’il a réussi à faire de façon assez intelligente). En adaptant aussi le film de potes à ce registre adolescent, on a l’impression de trouver un décalage entre nostalgie (la confrontation entre les bonnes vieilles méthodes et l’iPhone par exemple) et puis un humour qui change de ce que l’on a pour habitude de voir dans la comédie française actuelle. C’est aussi un film très tendre, très léger qui prend rapidement goût à tout ce qu’il raconte, tout en sachant rester inoffensif. Rien n’est fait pour offenser qui que ce soit. Dommage. Côté casting, l’apparition d’Audrey Tautou est assez étonnante dans un rôle à contre emploi qui lui sied comme un gant.

Note : 8/10. En bref, belle petite chronique de road-trip bucolique sur fond d’adolescence qui a envie de grandir plus vite pour gagner son indépendance.

Date de sortie : 8 juillet 2015

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