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Critiques Séries : Blood and Water. Saison 1. BILAN (Canada)

23 Décembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Blood and Water

Critiques Séries : Blood and Water. Saison 1. BILAN (Canada)

Blood and Water // Saison 1. 8 épisodes.
BILAN


Alors qu’une saison 2 est déjà en cours de développement, l’intérêt de Blood and Water réside surtout dans tout ce que la série peut bien raconter autour de la culture sino-canadienne. C’est une importante minorité ethnique du Canada et le fait qu’une série policière s’intéresse à cette culture me plait, d’autant plus que la série ne cherche pas à faire de la barrière de la langue un besoin de tout traduire en anglais. Il y a donc des passages qui sont en mandarin, d’autres en anglais et d’autres encore en cantonais (qui est un patois du sud de la Chine et ses régions environnantes). C’est donc d’autant plus intéressant que Blood and Water n’est donc pas une série policière comme les autres. La façon dont elle se veut une sorte de documentaire d’une certaine culture est parfois un peu étrange dans le sens où ce n’est pas toujours brillant mais cela reste assez agréable dans son ensemble et c’est avant tout ce que j’ai envie de retenir ici. Dans le registre des séries policières, Blood and Water est très différente de ce que j’avais en tête au départ et au fil des épisodes, elle sait rester assez classique en son genre. Elle ne cherche pas à sortir trop de certaines conventions pré-établies ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose pour autant, surtout que d’un point de vue scénaristique, cela fonctionne assez bien.

Il y a donc de jolies scènes d’interrogatoire et l’on sent que Blood and Water a voulu beaucoup appuyer là dessus. Mais c’est aussi une série avec un concept dont la recherche est peut-être un peu plus sociologique alors que Blood and Water tente de refléter un peu plus la société d’aujourd’hui et cette sorte de melting pot qu’il y a. En reflétant la réalité urbaine, Blood and Water parvient à délivrer quelque chose d’assez original et étonnant, loin de ce que j’avais imaginé au départ. Pour vous remémorer un peu le point de départ de Blood and Water, tout partait du meurtre d’un junkie dans un parc de Vancouver. Sa jeune veuve est enceinte de huit mois mais la famille du défunt, riche, ne veut rien avoir à faire avec elle car elle est accusée d’être responsable des addictions de leur fils. Pendant ce temps, notre détective héroïne a été diagnostiquée avec un cancer. Alors forcément, on ne peut pas dire que Blood and Water démarre avec le sourire au bout des lèvres. Tout est fait pour nous plonger dans une ambiance morbide, très forte mais c’est justement pour ça que j’ai beaucoup aimé cette saison du début à la fin. Blood and Water tente de créer une sorte d’univers sociologique avec la confrontation de plusieurs clichés de la société canadienne : un riche businessman chinois, un bon vieux flic blanc, une jeune détective asiatique, un dealer de drogue, sans compter sur la présence de toutes ces langues dans une seule et même saison.

C’est en tout cas une série très soignée, même si elle n’est pas non plus toujours réussie. La résolution reste assez simpliste, proche de ce que l’on a déjà pu voir dans des séries influencées par le polar noir scandinave (The Killing, The Bridge, etc.). Ce ne sont pas de mauvaises inspirations et Blood and Water leur rend parfois même la pareil mais bon, quand on creuse le cas de la saison en lui-même, il ne sort pas forcément des lignes. Ce qui permet à Blood and Water de sortir un peu des sentiers battus et d’être une série vraiment intéressante, c’est tout le reste, cet enrobage linguistique et un peu plus encore. Car cette série cherche aussi à raconter d’autres choses, sur la personnalité d’un pays, sur ce que tout cela peut impliquer pour chacun. Avec quelques clichés au départ, on nous délivre donc quelque chose d’assez agréable in fine. Pourquoi pas, après tout je n’attendais rien de Blood and Water et j’ai été plus surpris que je n’aurais pu l’imaginer. Même la mise en scène cherche à faire des efforts divers et variés. Notamment dans sa façon de dépeindre certains éléments assez sombres. On voit qu’il y a une recherche pour dépeindre au mieux un Vancouver que l’on voit plus comme le New York des séries américaines qui n’ont pas les moyens de se payer les décors new-yorkais. C’est ici pluvieux, proche de ce que AMC avait pu produire avec The Killing. Si vous avez un peu de temps à perdre, l’envie de découvrir la culture sino-canadienne et de voir une série policière assez sombre alors Blood and Water saura vous combler.

Note : 6/10. En bref, une série policière en somme très classique mais avec un fond assez recherché et une idée de départ intelligente.

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