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Critiques Séries : The Knick. Saison 2. BILAN.

24 Décembre 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #The Knick

Critiques Séries : The Knick. Saison 2. BILAN.

The Knick // Saison 2. 10 épisodes.
BILAN


Cette saison 2 de The Knick a continué le travail effectué lors de la première saison et je vous conseille de ne pas manger avant de regarder cette série. Rien que le premier épisode nous a offert une scène particulièrement fort, mais ce n’est probablement rien par rapport à la scène d’opération à la fin de « This is All We Are ». Ce dernier épisode est probablement l’un des épisodes les plus intéressants de The Knick, peut-être car il semble emprunter au monde de l’horreur, tout en restant une histoire dramatiquement riche et fort en émotions. Cette saison a clairement permis à Clive Owen de démontrer aussi à quel point il est brillant et à quel point la série réalisée par Steven Soderbergh était faite pour lui depuis le début. Je ne sais pas trop si Cinemax a prévu de renouveler The Knick pour une saison 3 ou non, mais quoi qu’il en soit, cette saison 2 pourrait très bien conclure la série. Cette saison a cherché à plonger au plus profond des personnages, surtout afin de montrer à quel point le progrès médical est quelque chose d’important. The Knick me fait parfois un peu penser dans une certaine mesure à Manhattan même si les deux séries ne parlent pas du tout du même sujet, il y a une sorte de lien entre les deux inextricable. La saison 2 démontre très rapidement au détour de son premier épisode qu’elle n’est pas là pour se reposer sur ses lauriers mais au contraire pour rebondir.

Si le temps passe, les personnages sont toujours présents et les névroses de chacun vont donner à cette saison 2 une vraie empreinte. Ce qui est intéressant de voir ici c’est la façon dont les choses ont évolué car la saison 2 est clairement différente de la première saison et pourtant, The Knick reste la même. C’est en grande partie dû à la mise en scène de Steven Soderbergh qui parvient à donner une vraie identité visuelle à la série. Si les décors et les intrigues sont chamboulées, la mise en scène reste la même afin de donner au téléspectateur une impression familière. La série parvient aussi à parler des problèmes d’une époque (Algie et le racisme, Cornelia et le problème d’être une femme qui veut travailler, etc.). J’aime bien ces façons de parler de sujets importants pour l’époque avec un ton toujours aussi voluptueux. Algie et Cornelia sont d’ailleurs les meilleurs portes drapeaux de ce que The Knick tente d’incarner d’un point de vue de la société de l’époque. Parmi les moments les plus riches en émotions, cette saison a largement de quoi faire, pas seulement par rapport au dernier épisode, aussi par rapport à d’autres intrigues complètement différentes comme celle d’Harriet qui apporte une vraie identité émotionnelle à la saison. Ce qui se passe pour elle est terrible mais justement, c’est aussi peut-être pour cela que The Knick me plaît autant et qu’elle est capable de surprendre.

Tout au long de cette saison, les détours émotionnels sont très importants, que cela soit au début de la saison ou même à la fin. Même l’avant dernier épisode et cet incendie terrible (jusqu’au suicide de son propriétaire). J’aime bien le boulot que fait Steven Soderbergh avec The Knick une fois de plus. Il a une façon d’utiliser le gros plan, les couleurs, qui me fascine. Ce n’est pas la première fois que j’apprécie le travail du réalisateur alors que je suis un grand adepte de son cinéma mais The Knick a une atmosphère particulièrement qui est en grande partie dû à la capacité du réalisateur de surprendre. J’aime bien cette façon qu’il a de nous offrir des moments particulièrement troubles, où le but est de ne pas tomber dans l’excès, juste de nous surprendre à sa façon. Le style reste donc là pour donner des coups de massue au téléspectateur. En surclassant légèrement la première saison, The Knick démontre que le sort généralement réservé à la saison 2 de n’importe quel série ne se vérifie pas forcément ici. Petit à petit, la série surprend par son charme et sa capacité à prendre des idées terribles afin de nous les mettre en scène. C’est piquant comme série tout de même. Cette saison 2, sait aussi être féministe en défendant à merveille les problèmes des femmes de cette époque là.

C’est avec un regard moderne que le tout nous est conté et je pense que c’est tout ce que je pouvais attendre de la part de The Knick. Au début de la saison Thackery est en cure de désintox, mais cela ne veut pas pour autant dire que The Knick compte le laisser là bien longtemps. Bien au contraire, le but est de le faire revenir au plus vite au Knick. C’est une saison qui permet également de parler des travaux du second hôpital, ce qui permet aussi à Barrow de s’en mettre plein les poches dans le but de créditer ses dettes. Thackery absent dans un premier temps, cela permet à The Knick de se poser d’autres questions, notamment de parler aussi de la place des autres comme Edwards à la recherche de pouvoir, demandant celui de chef du service de chirurgie. Etant donné qu’Edwards n’est pas le plus apprécié de tous, l’animosité que cela peut bien créer est là aussi un élément que The Knick exploite de façon intelligente. La série continue de parler de l’idéologie de cette époque, des problèmes que cela a pu créer et de ce que ce monde est en train de vivre petit à petit de terrible. Les choses s’installent et le regard que nous (avec la connaissance du futur) propose la série est très différent de beaucoup de séries historiques.

En multipliant les intrigues, professionnelles ou romancées, The Knick continue de développer son univers à sa façon. Rien n’est vraiment laissé au hasard et c’est justement ce que j’apprécie le plus dans cette série. Je pense que la série est en train de muer au fil des épisodes, permettant aussi de conclure une partie de l’histoire afin d’ouvrir un nouveau chapitre par la suite. Et si finalement The Knick n’était qu’une anthologie où une saison 3 raconterait une toute nouvelle intrigue avec de nouveaux personnages, pourquoi pas à une autre époque des grandes évolutions de la médecine moderne. Car c’est de ça dont il est question aussi au delà des personnages, des avancées médicales à une époque précise. Quoi qu’il en soit, si The Knick est renouvelée pour une saison 3, la série devrait changer drastiquement puisque Steven Soderbergh a annoncé son envie de donner sa caméra à quelqu’un d’autre.

Note : 8.5/10. En bref, une saison 2 qui brille par sa modernité, son féminisme et l’ombre sombre qui plane au dessus.

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anon 25/12/2015 23:41

Suicide ou plutot patricide?

dvs 25/12/2015 20:02

Merci pour la critique je pensais que tu avais oublié cette excellente série ;-)

delromainzika 26/12/2015 00:25

Non non :) Surtout pas :)