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Critiques Séries : False Flag. Saison 1. BILAN (Israël).

17 Janvier 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #False Flag

Critiques Séries : False Flag. Saison 1. BILAN (Israël).

False Flag // Saison 1. 8 épisodes.
BILAN


False Flag ou de son nom israélien Kfulim était sur le papier la parfaite série d’espionnage pour un fan comme moi. Cette histoire de conspiration qui va amené à ce que des inconnus soient accusés d’être des agents du Mossad responsable du kidnapping du ministre de la Défense iranien dans un hôtel à Moscou est quelque chose d’assez intéressant à creuser. Les deux premiers épisodes sont d’ailleurs plutôt bien construit et l’on ressent clairement qu’il se passe quelque chose d’intéressant. Amit Cohen (Ta Gordin - qui a connu un remake américain sous le nom d’Allegiance et qui a fait un flop monstrueux) et Maria Feldman (La grammaire intérieure) ont voulu construire une série à la fois rythmée, avec de l’action et des twists en tout genre, mais avec aussi un caractère un peu plus intimiste et personnel. C’est ce que l’on retrouvait notamment dans Hatufim (qui s’est transformée en un remake américain que l’on connait tous : Homeland) qui associait très bien le monde de l’espionnage à des histoires plus personnelles et intimes. C’est plus ou moins le contraire de la façon dont Homeland explore son récit mais peu importe, l’inspiration n’est pas vraiment la même. Quoi qu’il en soit, False Flag tente de nous plonger dans cet univers tout en créant la rencontre entre les cinq israéliens accusés.

Deux semaines après l’enlèvement du ministre de la Défense iranien dans un hôtel de Moscou, les autorités russes accusent le Mossad d’être derrière l’opération et désignent cinq Israéliens comme étant les auteurs du kidnapping. Le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, hérite de l’affaire. Il doit établir si les cinq Israéliens mis en cause par les Russes sont liés ou non à l’enlèvement. Commence alors un jeu du chat et de la souris avec les suspects. Tous résident à Tel-Aviv et découvrent avec effarement leurs visages dans les journaux télévisés. Pressés par leurs proches de s’expliquer, chacun réagit différemment. En apparence parfaitement innocents, des détails de leur comportement trahissent pourtant, si ce n’est leur implication, quelques dissimulations. Mais sont-elles seulement en lien avec l’affaire ? Eytan Koppel, l’inspecteur en chef du Shin Bet, a carte blanche pour déterminer les responsabilités de chacun.

Jusque là, tout va plutôt bien. La série évolue même correctement, puis au milieu de la saison on sent que cela commence à s’effriter un peu. Je pense aux épisodes 5 et 6 qui laissent sous entendre que finalement tout cela n’était pas aussi bien construire que l’on aurait probablement pu l’espérer. Mais sans désespérer, derrière leur crédulité apparente et leur manifestation de bonne foi, les personnages de False Flag abritent une certaine forme d’ambigüité déroutante qui laisse forcément à supposer que tout cela n’est peut-être pas fait au hasard. On retrouve alors rapidement le twist facile car l’on se demande s’ils sont coupables, innocents, ou si l’un d’eux n’est pas en train de mentir, etc. C’est suffisamment passionnant pour que l’on ait envie d’aller voir jusqu’au bout où est-ce que False Flag peut bien nous embarquer, malgré quelques pertes de rythme à certains moments. J’aurais peut-être apprécié que cela se tienne un peu mieux du début à la fin mais False Flag a au moins des questions personnelles à poser, tout en abritant un peu du monde de l’espionnage d’une façon caractérisée et étonnante. A mesure que l’étau se resserre, l’ambivalence des personnages, de même que notre attachement à leur cavale éperdue vont se faire de plus en plus manifeste dans les deux derniers épisodes.

C’est d’ailleurs les deux derniers épisodes qui donnent vraiment le ton de cette saison et permettent de se dire que finalement on n’a pas perdu notre temps. Il est vrai également que False Flag est le genre de séries d’espionnage que l’on voit rarement. Les israéliens ont un rapport à l’espionnage qui sort un peu du commun. Il y a déjà eu Hatufim qui était une série très différente de ce que l’on pouvait voir à une certaine époque (24 était presque devenue une sorte de symbole du monde de l’espionnage moderne, alors que désormais les choses sont complètement différentes même si 24 : Legacy aura la lourde tâche de relancer la machine), il y a aussi eu Ta Gordin et cette histoire de famille infiltrée qui doit reprendre du service, etc. Il y a aussi The Americans, et tout un tas d’autres séries qui prennent des visions plus personnifiées afin de nous attacher à un ensemble de choses. Si False Flag reste parfois un peu détachée de certains aspects (la romance n’est pas trop de truc de cette série malgré tout ce qu’elle tente de faire dans ce domaine) mais peu importe. Je suis en tout cas ravi de voir que l’ensemble de ces choses fonctionnent et permettent de laisser libre court à une série qui s’amuse et qui démontre que finalement elle a pu tenir du début à la fin un sujet qui n’était pas forcément facile à tenir.

Il y a des tas de séries qui tentent de rassembler des personnages qui rien n’assemble au premier abord afin de raconter des intrigues derrière mais l’avantage ici est d’avoir réussi à former assez rapidement un groupe. C’est aussi la force de ce groupe que d’être des personnages ambivalents qui peuvent interagir entre eux, sans nécessairement nous donner l’impression que l’ensemble est superficiel. L’accent est d’ailleurs mis sur l’intime, sur le rapport étranger avec l’autre, etc. du début à la fin de la saison, que cela soit dans l’écriture ou encore dans la mise en scène qui se veut très sobre, très minimaliste pour que ce qui se passe à l’écran avec les personnages passent au premier plan.

Note : 7/10. En bref, une petite série qui se tient bien.

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