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Critique Ciné : Ave, César! (2016)

29 Février 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Ave, César! (2016)

Ave, César! // De Joel et Ethan Coen. Avec George Clooney et Josh Brolin.


J’ai toujours adoré le cinéma des frères Coen, prenant à contre courant les genres qui font le succès d’Hollywood. Que cela soit le film d’espionnage (Burn After Reading) ou bien le western (True Grit), le polar (No Country for Old Men) et la folk new-yorkaise (Inside Llewyn Davis), les Coen restent surprenant. Avec Ave, César! ils s’engagent à nouveau alors qu’ils prennent des sujets qui étaient problématiques à une certaine époque aux Etats-Unis : le communisme et accessoirement l’homosexualité. Bourré de références (à James Bond avec le personnage de Channing Tatum, et accessoirement la « terrible » organisation communiste, à Ben Hur avec Ave César, etc.), le film s’amuse à briser les codes d’une époque. En transformant Josh Brolin en « fixer », ce dernier doit gérer tous les problèmes d’un grand studio américain : Capitole, tout cela au rythme des divers tournages. J’ai beaucoup aimé la façon dont le film parvient à dérouler son second niveau de lecture, en indiquant de façon explicite ce qui s’est passé à cette époque : notamment les scénaristes communistes qui tentaient de faire passer des messages sous-jacent, sans compter par rapport à l’homosexualité qui aujourd’hui est encore complexe.

La folle journée d’Eddie Mannix va nous entraîner dans les coulisses d’un grand studio Hollywoodien. Une époque où la machine à rêves turbinait sans relâche pour régaler indifféremment ses spectateurs de péplums, de comédies musicales, d’adaptations de pièces de théâtre raffinées, de westerns ou encore de ballets nautiques en tous genres. Eddie Mannix est fixer chez Capitole, un des plus célèbres Studios de cinéma américain de l’époque.

J’attendais avec impatience Ave, César! et je n’ai pas été déçu. Dès le départ on retrouve l’humour des frères Coen, les situations rocambolesques et tout le monde semble s’amuser tout autant que nous dans ce film. La première partie, très rythmée, place les personnages et l’histoire. La seconde, beaucoup moins rythmée est cependant plus dense sur la réflexion. La lecture que l’on doit faire de la seconde partie est ce qu’il y a de plus intéressant car c’est là où il se passe quelque chose. Il y a des scènes plus marquantes que d’autre (notamment celle entre Ralph Fiennes et Alden Ehrenreich, ou encore le lasso que Alden Ehrenreich va créer avec un spaghetti sans compter sur la scène de la monteuse et de son foulard), et d’autres qui apportent une vraie réflexion (la scène de Channing Tatum à la fin du film est aussi étrange que fascinante, très en accord avec ce qu’elle tente de dépeindre). Bien entendu, Ave, César! n’est pas un chef d’oeuvre pour autant. C’est un très bon film des frères Coen mais loin d’être le meilleur. Il y a des scènes fortes, qui permettent de se souvenir et une galerie de personnages tous très atypiques. En faisant des allusions à des scandales et/ou des personnalités de l’époque, Ave, César! a tout de même l’occasion de surprendre grâce à la folie des Coen.

Côté mise en scène, ils restent très fidèles à eux-mêmes. On rit, on sourit, tout au long du film. N’était-ce pas le but premier ? La richesse de ce film est peut-être justement sa galerie de personnages et le fait que l’on n’a jamais l’impression que le rythme se casse complètement. Il y a toujours quelque chose à raconter, toujours une interaction entre des personnages, toujours quelque chose à se mettre sous la dent en somme. Hollywood est un monde qu’il est souvent difficile à critiquer mais Ave, César! parvient à le faire de façon intelligente, ne serait-ce que pour la sous-critique laissant presque imaginer que les Coen sont communistes : les scénaristes qui ne récoltent jamais le fruit du succès des films qu’ils ont écrit, les stars qui peuvent tout faire avec impunité et s’en sortir sans problème (l’histoire de l’accident était tout de même terrible), la façon dont la presse people cherche toujours le moindre ragot pour nourrir des millions de lecteurs américains (quoi de mieux que d’avoir donné ce rôle, presque trop court, à Tilda Swinton).

Note : 7.5/10. En bref, un bon petit film des frères Coen.

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