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Critiques Séries : Trapped. Saison 1. BILAN (Islande).

28 Février 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Trapped

Critiques Séries : Trapped. Saison 1. BILAN (Islande).

Trapped // Saison 1. 8 épisodes.
BILAN


Dans sa tentative de proposer des séries d’autres horizons, France 2 poursuit son bout de chemin. Sa case policière du lundi soir, consacrée à des séries de tous genres, explore cette fois-ci une autre partie du continent européen avec l’Islande. L’Islande est un petit pays que l’on a peu d’occasions de voir dans des fictions et pourtant, c’est un pays aux paysages sauvages magnifiques comme le démontre Trapped au travers de ses huit épisodes. C’est d’ailleurs en grande partie pour ces magnifiques paysages, dignes de fond d’écran juste là pour nous faire rêver un peu, que cette série vaut le coup d’oeil. Car au delà de ces paysages et donc du décor, Trapped reste assez classique. Cette série singulière n’est cependant pas sans charme. Au fil des épisodes elle installe lentement et insidieusement une histoire à l’ambiance anxiogène comme tous les polars scandinaves peuvent faire depuis des années. Cette mode a aussi frappé les islandais (après Meurtre au Pied du Volcan récemment sur Arte, c’est la deuxième fiction de ce pays que je peux regarder). Ce que j’ai cependant découvert avec Trapped c’est qu’elle a été co-produite par France 2. Pour une production comme celle-ci c’est assez étonnant mais cela va avec la politique de la chaîne de développer les co-productions (elle l’a déjà fait notamment sur Meurtres au Paradis avec BBC One - et la série existe encore, elle en est à sa saison 5 -).

Dans une petite ville portuaire d’Islande, un meurtre bouleverse le quotidien des habitants et de l’inspecteur Andri.

Trapped reste très loin des polars scandinaves qu’elle tente de copier à sa façon. Le rythme lent va cependant à son avantage. Trapped se permet alors de développer les personnages et la personnalité de chacun sur huit épisodes. C’est aiguisé et millimétré derrière ce qui semble être un long chemin, peu arpenté d’action. Très loin dur rythme des séries américaines, cette enquête séduit surtout par son attachement aux petits détails et son ambiance particulière qui change un peu de ce que l’on a pour habitude de voir. Les paysages font beaucoup bien évidemment, mais pas seulement. Il y a quelque chose de brut dans la série de Baltasar Kormàkur qui nous frappe dès le départ. Tout au long de ces huit épisodes, l’ambiance reste bien gardée et évolue donc à sa façon. Trapped ou Ófærð dans sa langue maternelle, Reykjavik est une petite ville bien sympathique tout de même, très typique d’un pays qui n’a pas été aussi modernisé que le notre peut l’être, ou en tout cas de façon complètement différente. On retrouve donc un peu dans le côté brut de Trapped quelque chose d’assez fort qui nous donne l’impression d’un côté suranné. Bien entendu, c’est pourtant moderne mais les méthodes empruntées ne le sont pas toutes.

Huit épisodes, c’était cependant peut-être un peu trop (j’aurais certainement préconisé six) étant donné qu’il est facile d’éponger certaines choses et de n’en garder qu’une partie. Même si tout semble nécessaire pour creuser la personnalité de chacun (notamment quand les suspects sont interrogés), ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus fort pour autant. Toutes les pièces de ce macabre et abject puzzle se mettent en place dans les trois derniers épisodes. On en apprend plus d’un coup alors que la première partie de la saison se concentrait surtout sur l’univers et les personnages. Maintenant que l’on sait qui est qui, il est temps d’en savoir plus. Cela manque alors peut-être d’idées par rapport à certains twists mais quelques courses poursuites rattrapent l’ensemble pour en délivrer quelque chose de suffisamment sympathique au demeurant. Il s’agit du résultat d’une lente - mais malicieuse tout de même - mise en scène et d’une écriture remarquable. C’est donc surtout sur la fin que Trapped se révèle être plus sympathique, plus travaillée.

Le départ n’est pas forcément brouillon mais il ne parvient pas forcément à utiliser tous les éléments de la meilleure façon qu’il soit. Finalement, si Trapped fonctionne (au moins en partie) c’est grâce à une galerie de personnages et surtout à l’ambiance du pays et de la série. Le côté froid polaire se ressent. On a froid devant cette série, alors que ce qui s’est passé est à glacer le sang, mais pas que puisque là aussi le récit se déroule dans un décor aussi froid. En créant des retournements de situation (on croit que l’affaire est résolue et puis finalement ce n’est pas du tout le cas) classiques et prévisibles, Trapped a tout de même réussi à se renouveler un peu et à nous permettre de voir les choses autrement. La question maintenant est de savoir s’il y a une saison 2 de prévue pour Trapped ? Rien n’est encore acte pour le moment. Il est donc plausible qu’une saison 2 de Trapped voit le jour, comme le fait qu’elle soit annulée. Cette série, qui m’a parfois rappelé un peu Fortitude (en beaucoup moins intéressant), mérite tout de même le coup d’oeil pour les fans de polars.

Note : 5.5/10. En bref, pas exceptionnelle mais Trapped se révèle surtout dans ses derniers épisodes, intelligents et palpitants.

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