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Critiques Séries : Trepalium. Saison 1. Episodes 1, 2 et 3 (France).

13 Février 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Trepalium

Critiques Séries : Trepalium. Saison 1. Episodes 1, 2 et 3 (France).

Trepalium // Saison 1. Episodes 1, 2 et 3. Episode Un / Episode Deux / Episode Trois.


Depuis quelques années maintenant, les fictions inspirées de la légende de Midgard s’enchaînent. C’est Hunger Games qui a remis tout cela au goût du jour et par la suite des sagas comme Divergente, Le Labyrinthe, etc. se sont aussi mises à utiliser ce créneau. A la manière de Hunger Games, Trepalium nous plonge dans un univers rétro-futuriste assez inspiré nous laisser nous plonger peu à peu dans ce monde complexe aux personnages qui n’ont pas forcément tous les mêmes choses à raconter. Cette série reste ambitieuse mais démontre aussi la volonté de Arte et des séries françaises à sortir un peu de leurs carcans. Créée par Antarès Bassis (L’emploi vide) et Sophie Hiet (Plus belle la vie, Trouble), Trepalium utilise l’une des peurs du monde actuelle : celle du manque de travail et du chômage de plus en plus présent. La légende de Midgard est une histoire de la mythologie nordique. Midgard signifie d’ailleurs enceinte du milieu et l’histoire de cette fortification créée autour du monde par les fils de Bor avec les cils du géant Ymir pour se protéger des descendants : les géants. Cette histoire a inspiré tout un tas de dystopies actuelles et Trepalium ne fait pas exception même si l’inspiration de base est probablement plus Hunger Games que Midgard.

Dans un futur proche, dans une société où 80% de la population est sans emploi, une jeune femme, Izia, tente de survivre. Elle est née dans "la Zone", du mauvais côté du Mur, un Mur qui a été dressé pour séparer les Zonards des 20% d'Actifs de la Ville.
Au fil du temps, les tensions se sont accentuées entre les deux territoires : une rébellion est née parmi certains chômeurs. Les Activistes multiplient les actes de sabotage et de pression, et l’équilibre entre la Ville et la Zone se fragilise. Le Gouvernement décide alors de mettre en place la mesure des "Emplois Solidaires" pour calmer la situation : 10.000 habitants de la Zone vont être sélectionnés pour travailler dans la Ville.

Quoi qu’il en soit, cette série est ambitieuse. L’idée de raconter ce qui se passerait s’il y avait 80% de chômage parmi nous. C’est une série qui propose de parler des problèmes du monde dans lequel on vit mais pas seulement, aussi de ses dérives, des problèmes et des limites du capitalisme, etc. Le seul reproche que je pourrais faire à Trepalium lors de ces trois premiers épisodes c’est le fait que la série est un peu trop académique à mon goût, usant d’une mise en scène peu inspirée qui reprend tous les codes de la dystopie actuelle sans chercher justement à sortir autant des carcans du genre que la réflexion proposée derrière le scénario. La SF en France n’est pas un genre très développé et pourtant, depuis quelques années on semble voir un regain d’intérêt pour un univers abandonné voire même inexploité. Loin des séries policières inspirées de thrillers nordiques, Trepalium est une série ingénieuse qui trouve toujours le petit truc qui va nous donner l’impression d’être ailleurs, dans un futur proche afin que les questions et problématiques posées résonnent jusqu’à nous. C’est en mettant en place une histoire anxiogène et des personnages dépressifs que l’on est plongé dans ce monde. C’est aussi une série qui pose pas mal de questions sur la valeur que l’on donne au travail.

En effet, dans notre monde actuel où le chômage se fait persistant, il est difficile de savoir où est-ce que l’on va réellement. Trepalium a décidé de pousser le problème à l’extrême en prenant un monde post-capitaliste très différent de ce que j’avais imaginé au départ. Quand j’ai vu les premiers trailers de Trepalium au cinéma, je dois avouer que je ne savais pas à quoi m’attendre. D’autant plus que cela ne nous donnait pas nécessairement de vision aussi importante que ça d’un monde. L’autre question posée par Trepalium c’est une question sur le travail : est-on obligé de travailler pour avoir le droit d’exister et d’être quelqu’un ? Le travail incarne forcément quelque chose de fort dans notre société actuelle. Notamment car c’est quelque chose qui nous donne un but précis dans la vie, des objectifs et une certaine forme de stabilité. Mais la réflexion proposée se fait de façon assez intelligente pour ne pas tomber dans les poncifs d’un genre avec lequel il était facile de tomber. Je retrouve aussi un peu de Akta Maniskor dans Trepalium, surtout dans la façon de voir le futur dans une ambiance un peu rétro. La mise en scène morne et sobre a tendance à appuyer là dessus même si ce n’est pas toujours aussi réussi que je n’aurais probablement pu l’espérer. J’aurais adoré que la mise en scène dénote complètement avec le reste mais elle reste assez linéaire.

Je trouve aussi dommage que par moment Trepalium n’aille peut-être pas aussi loin qu’elle n’aurait dû aller. La série cherche à toucher à des sujets forts mais brosse ses personnages en surface. Le propos est donc fort mais les personnages un peu faibles. Non pas que je n’aime pas Léonie Simaga, Pierre Deladonchamps ou encore Ronit Elkabetz mais je trouve que leurs personnages manquent d’une vraie personnalité marquante et forte au sein du développement de l’histoire. Trepalium est donc une série ambitieuse qui a parfois fait l’erreur de ne pas être à la hauteur mais qui propose malgré tout de se poser des tas de questions intéressantes et intelligentes dans un monde qui semble beaucoup plus proche que l’on ne pourrait le penser.

Note : 5.5/10. En bref, la déconstruction de la société capitaliste actuelle sous forme de dystopie étrange mais aux personnages un peu lisses et à la mise en scène froide et académique.

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