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Critique Ciné : Marseille (2016)

23 Mars 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Marseille (2016)

Marseille // De Kad Merad. Avec Kad Merad, Patrick Bosso et Venantino Venantini.


Comment faire un bon film avec Marseille en trame de fond sans tomber dans tous les clichés marseillais possibles et imaginables ? Difficile. C’était un pari, risqué tout de même que de parler de Marseille, dans un film qui s’appelle Marseille sans tomber dans les clichés vus par le Nord de la France du sud de la France. Kad Merad a peu-être voulu son Bienvenue chez les Ch’tis ici avec Bienvenue chez les Marseillais ou dans la Canebière, quoi qu’il en soit dès le début on est mis dans l’ambiance. Dès que l’on met un pied sur le sol canadien avec le personnage de Kad Merad et son fils, nous avons tous les clichés canadiens. Je me suis demandé si Marseille allait elle aussi être assumée de personnages ultra clichés. Malheureusement, c’est le cas et l’on sent que Kad Merad persiste avec son envie de se rapprocher probablement de certaines de ses influences comme Fernandel et cie. Sauf que ce n’est jamais à la hauteur et il n’est pas vraiment aidé par un Patrick Bosso, plus heureux que jamais de faire dans le cliché bien marseillais jusqu’au bout. La scène de la gare où il se gare à contre-sens en plein milieu de la voie de circulation c’était déjà trop pour moi.

Devant l'insistance de son frère Joseph, qu'il n'a pas revu depuis 25 ans, Paolo se résout à abandonner quelques jours sa vie calme et harmonieuse au Canada, pour revenir à Marseille au chevet de son père accidenté. Il part donc, son fils sous le bras, bien décidé à ne pas s'attarder dans cette ville qu'il a fui, des années plus tôt, à la suite d'un drame. Il n'imagine pas que l'affection de sa famille retrouvée, sa rencontre amoureuse avec une jeune femme et la solidarité joyeuse et simple des Marseillais le réconcilieront avec cette ville qu'il n'aurait jamais voulu quitter... Marseille.

Mais j’ai voulu persévéré, en espérant que cela soit un poil plus intéressant par la suite. Mais Marseille symbolise à merveille le malaise qu’il y a parfois dans le cinéma français quand ce dernier tente de s’attaquer à certains symboles et en l’occurence ici la culture marseillaise. Parfois, Marseille ressemble à une page Wikipédia où l’on nous raconte des futilités sur la ville : elle a été capitale européenne de la culture, etc. Sauf que l’on s’en fout complètement. Marseille n’aurais dû être qu’un décor, pas une excuse pour plonger dans tous les poncifs du genre. Cette ville est pourtant belle et montrée sous son plus beau jour. J’ai beaucoup aimé la façon dont Kad Merad choisi sa façon de mettre en avant certains décors de la ville. Cela fonctionne bien mais derrière tout cela se cache quelque chose de particulièrement vide. Le film oscille alors entre les genres, entre la comédie et le drame, sans jamais vraiment réussi à être à la hauteur des attentes face aux deux. D’un côté le film veut être drôle mais il ne l’est pas puisque tout repose sur des clichés et donc le malaise que l’on peut ressentir face à tout ce qui se passe. Et d’un autre côté, le film veut être touchant sauf que l’histoire contée manque là aussi cruellement d’intérêt et c’est bien dommage.

Le jeu des acteurs n’a rien d’exceptionnel dans le sens où chacun fait ce que l’on peut attendre de lui, au minimum. Du coup, le scénario simpliste et sans grande ambition, révèle très rapidement ses fêlures et son manque cruellement de folie. Cela manque de surprises, de volonté de la part de Kad Merad de nous apporter un regard neuf sur une ville que le cinéma n’utilise plus tellement depuis quelques années maintenant. Au bout d’une heure et demie de film, on en a vraiment marre des simagrées de chacun. Tout le monde se plain de son existence sans que le film ne cherche vraiment à trouver des solutions ou à en faire quelque chose de véritablement fort et riche. Le développement ras les pâquerettes des personnages n’aide pas, il faut bien l’avouer. On retiendra donc surtout les décors de la cité phocéenne, qui sont eux au moins assez jolis pour porter le spectateur jusqu’au bout. A certains moments j’ai vraiment eu envie de piquer du nez tant le rythme manque cruellement de les personnages sont fades. Chacun a pourtant quelque chose à nous dire, mais le film ne sait jamais comment s’y prendre.

Note : 2/10. En bref, Marseille ou comment donner de l’argent à un acteur connu qui veut se faire un petit kif et réaliser son film. Manque de bol, l’accumulation de clichés sur Marseille et l’ennui n’aident pas.

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