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Critique Ciné : Saint Amour (2016)

9 Mars 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Saint Amour (2016)

Saint Amour // De Benoît Delépine et Gustave Kervern. Avec Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde.


C’en est presque ironique qu’un (ancien) alcoolique notoire et un amoureux des bon vin (et alcoolique notoire lui aussi) se retrouvent à la tête d’un film parlant de leur plus grande tentation : l’alcool ou plutôt le vin. En tout cas, Benoît Poelvoorde et Gérard Depardieu vont très bien ensemble. Il y a une vraie alchimie entre ces deux acteurs qui se dessine grâce aux verres de vin échangés. Je ne m’attendais pas du tout à un tel film mais compte tenu du cinéma de Delépine et Kervern, les rois du road-trip à la française (Mammuth, Le Grand Soir, Near Death Experience) récupèrent un peu de partout des acteurs que l’on a déjà vu dans leurs précédents films : Gérard Depardieu dans Mammuth, Benoît Poelvoorde dans Le Grand Soir et aussi Michel Houelbecq dans Near Death Experience. L’apparition de ce dernier donne d’ailleurs lieu à l’une des séquences les plus drôles de tout le film. Si en surface ce n’est qu’un road-trip entre un père et son fils avec un twist alcoolique, il y a pourtant beaucoup plus que ça. Les deux réalisateurs ont voulu nous raconter les problèmes qui rongent notre économie en disant haut et fort que l’on ne pourra jamais rembourser notre dette par exemple, sans compter sur le salon de l’agriculture, terrain de jeu du début du film qui montre une certaine morosité de l’agriculture en France de nos jours.

Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à hauts risques entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple…

Les deux réalisateurs continuent donc de vouloir montrer la France sans filtres. S’ils vont très (trop ?) fort dans le brutal, ce film fait écho à Mammuth alors que leur dernier film (Near Death Experience) était particulièrement raté à mon goût et pas forcément digne de leur talent. Il se dégage en tout cas de ce film un je ne sais quoi. Bien que les personnages soient un peu classiques et conformités, l’ensemble sait être drôle et léger à la fois quand il faut. En effet, le film n’oublie pas de nous détendre par moment grâce à quelques bons moments de rire. Cela passe par nos deux héros, mais aussi par les personnages qui vont intervenir dans leur histoire. Notamment Vincent Lacoste (Hippocrate) qui démontre lui aussi qu’il a bien changé depuis Les Beaux Gosses, prêt à incarner des rôles beaucoup plus matures et adultes. C’est une très bonne chose dans un sens. La forme des deux réalisateurs reste assez proche de ce à quoi ils nous ont habitué par le passé. En évitant les élucubrations en tout genre, Saint Amour parvient à nous proposer quelque chose de singulier, proche des spectateurs et de ses personnages par la même occasion.

Les deux monstres du cinéma français que sont Poelvoorde et Depardieu se complètent tellement bien que l’on aimerait vraiment les voir plus souvent à l’écran (même si récemment j’ai pu apprécier le premier dans 3 Coeurs). Si la bande annonce nous vendait Saint Amour un peu comme un film d’alcooliques c’est quelque chose de légèrement différent. C’est une histoire d’amitié, de famille, d’amour, tout à la fois. C’est une histoire de la vie en somme avec tout un tas de constats sur la France qui va mal, celle de ces petites mains qui n’arrivent plus à boucler les fins de mois et qui pour le faire louent leurs chambres et dorment en famille dans le garage. Tous ces petits trucs font la vie de ce film et donne du coeur à une comédie que je n’avais pas vraiment imaginé sous cet angle au premier abord.

Note : 7/10. En bref, une chronique de vie sur l’état de la France au travers du prisme d’une histoire entre un père et son fils.

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