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Critique Ciné : Seul contre Tous (2016)

22 Mars 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Seul contre Tous (2016)

Seul contre Tous // De Peter Landesman. Avec Will Smith et Alec Baldwin.


Will Smith (Hancock) est un acteur qui peut faire de bons comme de très mauvais choix. Seul contre Tous s’avère être un bon choix pour bien. Derrière ce film assez classique se cache une envie de la part d’Hollywood de parler d’une histoire vraie comme les américains adorent. Seul contre Tous ne révolutionne pas du tout le genre mais il parle d’un scandale qui a frappé les Etats-Unis et notamment le monde de la NFL qui a tremblé suite aux révélations de ce Dr. Bennet Omalu. J’avais plus ou moins eu vent de cette histoire, mais j’apprécie d’avoir ici une vraie réflexion certes avec la morale très américaine dedans mais qui fonctionne malgré tout. Car le but est de créer une prise de conscience, de comprendre que faire du sport c’est aussi risquer sa vie alors que devant notre écran on a l’impression que ce n’est qu’un spectacle comme un autre. Les dangers du football américain, c’est ici aussi décousu au travers d’une histoire de conspiration menée par la NFL qui a tout fait pour cacher des tests. Dans un sens, Seul contre Tous c’est un peu l’Erin Brockovich du sport mais Peter Landesman n’a pas le talent de Steven Soderbergh, ce qui est vraiment dommage.

Le Dr Bennet Omalu, un neuropathologiste de médecine légale, a mené un combat digne de David contre Goliath : il fut le premier à découvrir l’encéphalopathie traumatique chronique, une affection cérébrale liée à la pratique du sport chez les joueurs professionnels, et s’est démené pour révéler son existence contre ceux que cela gênait. La croisade d’Omalu l’opposa dangereusement à l’une des institutions les plus puissantes du monde…

Pour ne pas prendre trop de risques, le film ne cherche pas à aller dans tous les sens. Pour écrire cette histoire, Peter Landesman s’est inspiré de « Game Brain », un article de Jeanne Marie Laskas publié dans GQ. Ce n’est pas la première fois que le scénariste tente de prendre le virage de la conspiration. Il l’avait déjà fait avec Secret d’Etat que j’avais plus ou moins apprécié mais devant lequel je m’étais vraiment ennuyé. Par chance, le scénario de Seul contre Tous est beaucoup plus musclé. On passe donc un agréable moment durant les deux heures de temps du film. Cela aurait pu tourner à la catastrophe, c’est au contraire un film avec les émotions qu’il faut, de l’écriture un peu automatique certes mais un plaisir entier malgré tout et je pense que c’est ce qu’il fallait pour raconter une histoire aussi forte. Celui qui nous avait déjà offert Parkland (2013) continue donc de toucher à des sujets forts, ce qui dans un sens n’est pas plus mal. Il a taclé l’assassinat de Kennedy, la CIA et maintenant le monde du football américain. Il aime bien creuser ses histoires sous forme d’une certaine réflexion même s’il s’appuie à chaque fois sur un roman ou un article.

Seul contre Tous c’est aussi l’histoire de la vérité qui se sait toujours. Le combat de cet homme, de ce docteur, contre un mastodonte comme la NFL ce n’est pas facile. Mais il ne s’est jamais débiné et tout au long du film, on voit le chemin qu’il a parcouru. Monté de façon très classique, Seul contre Tous n’est donc clairement pas là pour renouveler le genre mais tout ce que j’attendais de la part de ce film c’est simplement d’apprendre des choses. Etant donné que je ne connaissais pas toute l’histoire, je suis content de voir comment cet homme a vécu les pressions des organisations, et comment il a tout fait pour que cette histoire sorte au grand jour. Ce que je trouve dommage malgré tout c’est que Alec Baldwin ait été aussi peu utilisé par le film. Il aurait probablement mérité une place un peu plus importante. Les histoires annexes (sa femme, la foi, etc.) ne sont pas forcément très bien développées. Cela ne veut pas pour autant dire que l’on s’ennui et qu’il aurait été intéressant d’en savoir plus étant donné que la façon dont le film décortique le sujet est déjà pas mal.

Note : 5.5/10. En bref, classique et honorable.

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