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Critiques Séries : Happy Valley. Saison 2. BILAN (UK).

26 Mars 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Happy Valley

Critiques Séries : Happy Valley. Saison 2. BILAN (UK).

Happy Valley // Saison 2. 6 épisodes.
BILAN


La première saison d’Happy Valley était une agréable surprise venue presque de nulle part. Disons que je ne m’attendais pas du tout à être aussi touché par cette série et puis finalement, c’était d’une logique implacable. La prestation de Sarah Lancashire aura été brillante tout au long de la saison 1 et son personnage, Catherine Cawood, l’est tout autant cette année. La saison 2 de Happy Valley reprend les éléments qui ont fait le succès de la première saison, cette morosité de la vie ambiante qui créé une certaine forme de dépression brillante. Mise en scène comme un drame social, la série tente de nous raconter les difficultés de traverser la vie, tant du point de vue de sa vie, de sa famille, du travail, de l’argent, etc. Il y a cependant une certaine notion d’espoir derrière qui donne forcément envie de voir ses personnages l’atteindre. L’ambiance parfois oppressante que Happy Valley a créé n’a pas vraiment d’égal. On pourrait comparer cette série à d’autres séries policières (notamment Broadchurch, Line of Duty, etc.) mais elle a sa façon bien à elle de maîtriser sa narration que l’on ne retrouve pas ailleurs. Car Happy Valley n’est pas une série policière, ou en tout cas le policier n’est qu’une excuse pour raconter tout un tas d’autres choses sur la vie de cette petite ville, de ce qui devrait être un eldorado et qui n’en est finalement pas vraiment un.

Catherine Cawood est une femme simple en laquelle on peut facilement se retrouver car Happy Valley fait tout pour en faire madame tout-le-monde. C’est une femme bien, quelqu’un qui a un sens moral et qui tente de surmonter les épreuves de la vie même si c’est loin d’être ce qu’il y a de plus facile. Le suicide de sa fille, kidnappée et violée, tombée enceinte et maman de Ryan (maintenant sous la tutelle de Catherine), c’était déjà fort et elle doit continuellement gérer des horreurs au travail qui ne peuvent que lui rappeler le souvenir de sa fille et de ce que cette dernière a pu vivre. La saison 2 aurait pu être beaucoup plus heureuse pour elle sauf que la morale de Happy Valley veut que finalement elle continue de gérer les conséquences de ce traumatisme qu’elle a vécu. Ce n’est pas facile mais la saison 2 bouleverse en tout cas certains codes pré-établis dans la saison 1 afin de nous éviter de voir deux fois la même chose (ce qui pour le coup aurait été sacrément décevant). Quoi qu’il en soit, cette seconde salve de six aventures est tout aussi réussie que la première. Rien à redire si ce n’est que j’ai été tout aussi bouleversé par le destin de notre héroïne qui ne cherche jamais à être la meilleure de toute, mais simplement une femme comme les autres.

Cette saison 2 est une occasion en or pour que Happy Valley puisse développer la personnalité de chacun de ses personnages, leur psychologie également par la même occasion et la façon dont le boulot ronge peut-être chacun d’eux (en plus des problèmes familiaux et de la vie du quotidien qui viennent souvent empiéter sur le reste bien évidemment). La série change les enjeux cette année, traversant de nouvelles intrigues afin de mettre celles de la saison 1 en filigrane. Notamment Tommy Lee Royce, au second plan, permettant à Happy Valley de ne pas tirer trop longtemps sur la corde. On avait besoin de ça afin d’éviter de se répéter et d’avoir l’impression que la série ne peut pas aller de l’avant. Certes, les personnages ont du mal à passer outre ce qu’ils vivent mais la série bouge autour de ces personnages et ne reste pas statique. Le refus de statisme me plaît énormément et cela change de ce à quoi on aurait probablement pu être habitué dans un registre différent. La façon dont les émotions sont utilisées dans cette série me fascinent vraiment. Cela change de pas mal de séries qui utilisent la psychologie des personnages comme un moteur scénaristique par moment mais sans nécessairement aller bien loin. Par chance, Happy Valley parvient à creuser les choses et à nous surprendre autrement.

Et franchement, c’est tout ce que je voulais voir dans cette série. C’est avec une saison 2 qui touche plus de personnages au delà de Catherine. Si cette dernière est encore hantée par ce qui s’est passé dans la saison 1 (et même cette année encore, ne serait-ce que quand elle s’effondre dans le dernier épisode) et qu’elle cherche tant bien que mal à aller mieux, les autres personnages qui sont autour d’elles ont bien du mal à surmonter leurs problèmes eux aussi. Je crois bien que Sally Wainwright continue de briller par ses idées et sa façon de mettre en scène le Royaume Uni. Déjà que j’ai toujours été ému et surpris par Last Tango in Halifax une autre de ses créations, on retrouve ici quelque chose d’encore plus rugueux et difficile, comme un constat que personne d’autre ne voudrait faire sur ce qui se passe dans nos campagnes (enfin, dans les campagnes britanniques). C’est donner de l’intérêt à des petits personnages du quotidien comme Catherine afin d’en faire quelque chose de brillant derrière. BBC a bien fair de miser sur Happy Valley pour une saison 2 étant donné qu’elle va bien au delà de mes attentes. Sarah Lancashire, déjà très bonne dans la précédente création de la scénariste, continue de briller ici pour la seconde année de suite. J’ai maintenant hâte de voir la saison 4 de Last Tango, qui arrivera très prochainement.

Note : 8/10. En bref, encore une belle réussite.

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emilio 27/04/2016 10:03

je viens de terminer cette merveilleuse série et je suis entièrement d'accord avec ta critique
une saison trois est elle prévue ?