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Critiques Séries : Elementary. Saison 4. Episodes 21 et 22.

26 Avril 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Crit. Sér. : Elementary

Critiques Séries : Elementary. Saison 4. Episodes 21 et 22.

Elementary // Saison 4. Episodes 21 et 22. Ain’t Nothing Like the Real Thing / Turn it Upside Down.


« Ain’t Nothing Like the Real Thing » est peut-être l’un des épisodes les plus intéressants en termes d’intrigues par rapport au cas de la semaine. Il y a donc pas mal de bonnes surprises dedans, bien que j’aurais apprécié que cela soit un peu plus accentué par moment. Notamment du point de vue de Joan alors que cette dernière semble prendre une toute autre dimension dans cet épisode. Avec tout un tas de choses en même temps, cet épisode a au moins quelque chose de riche à nous proposer en termes de point de départ. Mais la chose la plus intéressante dans cet épisode c’est quand Joan rentre à la maison et que Morland l’attend. Il a laissé quelque chose sans dire pour autant ce qu’il cherche. On savait pertinemment que quelque chose allait arriver, personne ne peut tenter de faire face à Morland Holmes silencieusement pour longtemps. Mais voir le tout se jouer tout au long de l’épisode et Joan commençant à réaliser le subterfuge est assez passionnant. C’est en tout cas la meilleure partie de cet épisode qui dans un registre plus policier, s’avère finalement être assez classique. Même si le point de départ de l’affaire de la semaine était fun et original, l’ensemble de la résolution reste très classique par rapport à ce que Elementary a été capable de faire par le passé.

Joan est un personnage intéressant, ne serait-ce que de son point de vue de vigilante prenant soin de Sherlock. Elle est capable de faire chanter Emile Kurtz de sang froid, et à montrer aucun remord. Si au premier abord cela pourrait sembler assez froid de la part de Joan, c’est plus ou moins sur quoi la saison est basée ou en tout cas ce qu’elle cherche surtout à faire notamment avec Joan. On sait qu’elle n’a jamais manqué de détermination alors forcément, il fallait bien qu’un face à face arrive et c’est cet épisode qui a été choisi afin de lancer les hostilités. Ce qu’il y a de plus incriminant pour Morland se doit d’être encore découvert à ce stade mais sincèrement, la façon dont tout Elementary est en train de jouer ses cartes autour de l’arc narratif de la saison mené par Morland me plaît. Surtout que John Noble continue d’être parfait sous les traits de Papa Holmes, aussi énigmatique que fascinant. J’aime bien l’évolution qu’a connu Joan cette année, car cela change de ce à quoi on avait été habitué ces dernières années. La série semble se tenir à ce qu’elle entreprend et c’est une excellente nouvelle. Il n’y a aucun doute que Morland suspecte Joan par exemple mais ce petit jeu qu’il y a, ambigu, promet de belles choses pour la suite.

De toute façon, les intentions de Morland ne peuvent pas rester indéfiniment secrète et Emile Kurtz se retrouve mort à la fin de l’épisode. Ce qui reste moins clair malgré tout (et qui est d’autant plus intéressant c’est ce que Sherlock sait (ou ne sait pas) et combien Joan lui fait confiance (ou non). On sait que Joan fait suffisamment confiance à Sherlock afin de pouvoir lui poser des questions importantes sur Morland. Mais peu importe ce que Sherlock suspecte (et cela semble encore très vague pour le moment), Joan est déterminée à protéger Sherlock pour le moment jusqu’à ce qu’elle ait suffisamment de preuve contre Morland (afin d’être sûre d’elle). Une bonne partie de la saison s’est jouée de façon très sous jacente. Elementary prépare le terrain petit à petit et je dois avouer que j’aime beaucoup ce qui est fait de ce point de vue là. Sans nécessairement sortir du lot, cela fonctionne très bien car l’ambiguïté qu’il y a avec Morland permet à Joan de sortir un peu des sentiers battus. Sans compter que garder Sherlock dans l’ombre est un autre choix judicieux qui sert là aussi très bien la série. Dans « Turn it Upside Down », Sherlock offre à Joan une bague. Le contexte de ce cadeau est loin d’être romantique.

Leur conversation au sujet de la cruauté de Morland et la difficulté de Sherlock de se sortir de ses addictions est loin d’être ce qu’il y a de plus tendre dirons nous. Mais l’image reste intéressante, comme une alliance entre deux personnages forts qui permet de sceller leur destin. La séquence est forte car elle implique une vraie relation entre les deux personnages. En l’occurence elle n’est pas romantique mais c’est une alliance de confiance. Quelques secrets tombent dans cet épisode alors que la saison se dirige petit à petit vers son arc final et donc ses deux derniers épisodes. Ces longs arcs narratifs développés petit à petit, c’est quelque chose qui fonctionne vraiment bien dans cette série mine de rien. Les scénaristes ont une façon bien à eux d’étirer les intrigues qui ne nous donne pas l’impression de partir en cacahuète ou alors de perdre notre temps. La série sait très bien utiliser l’espace, aussi bien physique que temporel. Du coup, chaque épisode est construit de façon à ce que l’espace soit utilisé au mieux. Certes, il y a des affaires moins bonnes que d’autres, mais globalement il n’y a aucune autre erreur de commise dans Elementary. Même dans les arcs narratifs que j’ai tendance à trouver à chaque fois au poil avec ce que la série veut devenir sur la longueur.

La direction que Elementary se donne depuis le début est logique et chaque épisode joue un peu comme une nouvelle pièce d’un immense puzzle qui se joue. Tout au long de cet épisode, les choses progressent de façon intelligente. Que cela soit Sherlock et Gregson au sujet de Morland, Morland lui-même qui tente de jouer le rôle qu’il n’a jamais joué auparavant afin de leurrer tout le monde, sans compter sur le fait qu’une bonne partie de l’épisode repose sur la relation entre Joan et Sherlock. Il faut dire que Joan a gagné des points des derniers temps depuis l’épisode nous introduisant sa soeur (4.19) qui cette année m’a finalement beaucoup plus plu que je n’aurais pu l’imaginer quand je repense à tout ça. L’alchimie entre les deux continue donc de faire des miracles même si les scénaristes ont parfois un peu tendance à se reposer sur leurs lauriers, pensant que Joan et Sherlock suffisent car l’alchimie entre Jonny Lee Miller et Lucy Liu est suffisamment intéressante. Mais quoi qu’il en soit, les deux personnages ont chacun des développements sous jacents menés de façon perspicace grâce à un scénario qui sait manier toutes les bonnes et belles choses de cet univers. Finalement, avec ces deux épisodes Elementary nous emmène petit à petit vers les deux derniers épisodes de la saison avec beaucoup de soin.

Note : 7/10 et 8/10. En bref, deux solides épisodes mettant en scène un Morland pro-actif dans une saison qui a besoin de lui pour se conclure. Joan de son côté se révèle toujours un peu plus (pour le meilleur).

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