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Critiques Séries : Horace and Pete. Saison 1. BILAN.

5 Avril 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Horace and Pete

Critiques Séries : Horace and Pete. Saison 1. BILAN.

Horace and Pete // Saison 1. 10 épisodes.
BILAN


Il existe des séries qui viennent parfois de nulle part. On ne s’attend pas du tout à ce qu’elles apparaissent. Horace and Pete fait partie de ces (bonnes) surprises. Tout au long de cette première saison, la série m’a bluffé par sa façon de définir les relations et de faire des tas de choses particulièrement touchantes avec chacun d’entre eux. Il faut dire que Louis C.K. s’est appuyé sur un casting de choix, entre Steve Buscemi ou encore Eddie Falco. Ce trio d’acteur fait la pluie et le beau temps dans une série au teint blafard qui sait aussi bien rire qu’émouvoir. Dans un style assez proche du cinéma d’Alain Resnais (c’est la première référence qui n’est venu à l’esprit en pensant à Horace and Pete) mais également très théâtral, cette série prêche la vérité, celle que l’on ne veut pas forcément entendre ou celle avec laquelle on peut rire, sur des notes d’humour noir savamment choisi. Il n’y a rien qui ne fonctionne pas vraiment dans cette série. Bien au contraire, la série a su créer une vraie aventure pleine de surprises, jonglant entre des vérités vraies et des moments un peu plus légers. On noie facilement son chagrin dans l’alcool mais l’on parle aussi facilement de ses problèmes personnels, tant relationnels que dans la vie en générale. Chacun intervient à sa façon, taille sa bavette et disparaît pour revenir.

Je dirais que Horace and Pete a cependant connu un léger coup de mou au milieu de la saison (l’épisode 6 et 7 dans mes souvenirs) avant de rapidement se reprendre. Comme le dit si bien Tom dans le dernier épisode de la saison, il faut trouver l’endroit au fond de nous qui nous fait mal et être gentil avec lui, même s’il n’a pas été tendre avec vous. C’est de là que l’on est sensé puiser sa plus grande force. Dans un sens, tout cela est plus que vrai et Louis C.K. parle donc d’une vérité encore une fois dans une série qui m’a bluffé par son sens aigu des relations humaines. Louis C.K. passerait presque comme un philosophie qui est en train de prêcher quelque chose. Le plus intéressant là dedans, ce n’est pas forcément la façon dont tout cela s’orchestre (bien que visuellement la série soit là aussi très intéressante), mais plutôt la façon dont Horace and Pete déroule tout son récit et tente d’en faire quelque chose bien à lui, à sa façon. Il y a donc tout un tas de belles réflexions tout au long de Horace and Pete qui parviennent à donner aux personnages l’occasion de faire face à la dure réalité des choses, ce qui dans un sens n’est pas une si mauvaise chose que ça. Bien au contraire. Louis C.K. utilise donc ici de façon presque plus universelle les thématiques qu’il a déjà exploité dans ses one-man-show ou encore dans Louie.

Mais il applique ici la formule non pas à lui-même, le comédien qui tente de raconter des tranches de sa propre existence, mais plutôt au monde en général, à ses moments heureux mais aussi à ses névroses. On en apprend parfois un peu sur le passé de Horace et de Pete (notamment dans le dernier épisode), tout en passant le plus grand de son temps à faire des tas de choses différentes. Le fait est aussi que Horace and Pete, bien que située, reste une série intemporelle dans sa façon de parler du monde extérieur. Au fond, la réflexion que la série propose s’applique encore au jour d’aujourd’hui, ce qui n’est pas plus mal que ça. On voit les personnages parler de politique et plutôt que de faire référence à Donald Trump, Horace and Pete fait référence à Gerald Ford et Jimmy Carter. Louis C.K. sait raconter de belles tragédies humaines et je pense que Horace and Pete en fait partie. C’est une très belle histoire, pleine de belles choses même si par moment elles sont difficiles à avaler. Car oui, ce que l’on nous balance en pleine figure c’est la dure réalité des choses mine de rien. C’est aussi pour ça que j’ai aimé la lumière qu’il y a dans Horace and Pete.

Car la série que l’on a ici, sans trop sortir du lot, sait comment faire pour nous prendre de court et nous amener au bout du tunnel qu’elle creuse à sa façon. Au fond, Horace and Pete a eu ses moments d’égarement mais ce n’est pas si grave que ça tant la réflexion derrière sort elle beaucoup plus du lot. On comprend mieux pourquoi ce projet est resté secret quand on voit à quel point Horace and Pete est une belle petite réussite. Elle s’est imposée rapidement comme l’une des meilleures nouveautés de cette saison télévisuelle aux Etats-Unis. C’est une série fantastique avec ses brillants passages pourtant teinté d’une sobriété affolante. Car là dedans, il n’y a finalement rien de si neuf que ça. La mise en scène reste sobre, les personnages classique,s mais dans un sens le tout est aussi fascinant que l’idée même en avant l’être. Louis C.K. a une passion pour l’humain et son évolution dans la société, tout en apportant son point de vue sur les choses du quotidien. Cela pourrait être une série qui discute de tout et de rien mais c’est beaucoup plus profond que ça. En effet, derrière Horace and Pete se cache une oeuvre philosophie pleine de pensées, avec le ton et l’humour de Louis C.K. en prime.

Note : 8.5/10. En bref, même si certains épisodes étaient moins bons que d’autres, Horace and Pete a su briller jusqu’au bout.

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