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Critiques Séries : Section Zéro. Saison 1. BILAN (France).

14 Avril 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Section Zéro

Critiques Séries : Section Zéro. Saison 1. BILAN (France).

Section Zéro // Saison 1. 8 épisodes.
BILAN


La série d’Olivier Marchal est une déception. Olivier Marchal annonçait que l’anticipation lui avait « permis d’aller plus loin dans la violence ». S’il y a quelques fulgurances (notamment la scène finale de l’épisode 7 sur fond de musique classique), je n’ai pas été totalement séduit par ce que cherche à proposer Section Zéro. Difficile d’être vraiment conciliant avec une série comme celle-ci dont l’ambition démesurée n’est jamais à la hauteur. Tout y est pourtant : des acteurs bodybuildés, un scénario barjo, un budget confortable, et dialogues minimalistes. Du coup, Section Zéro pèche là où elle se concentre sur tout un tas de trucs ennuyeux dans une violence démonstrative qui n’a pas toujours de sens. Il aurait été intelligent de faire en sorte que toute cette violence soit justifiée. En se transformant en une sorte de mauvaise copie de Mad Max façon Braquo (les comparaisons sont presque forcées), on se retrouve avec une série qui manque de charisme autant que de surprises. La violence, c’est une marque de fabrique pour Olivier Marchal et ce dernier tente de faire quelque chose avec cette violence mais rien. Rien ne se passe réellement. Olivier Marchal a décrit Section Zéro comme « son Mad Max, son Blade Runner, son cri d’alarme à sa façon » sauf que le résultat est assez différent et un peu trop mal pensé à mon goût.

A vouloir chercher trop loin il s’est égaré. Les dialogues sont souvent lourds, malgré une volonté derrière de représenter ce qui fait l’intérêt de son style. Bien que cela se déroule en 2022, au fond on retrouve aussi bien des acteurs fétiches : Francis Renaud (36 quai des orfèvres, Les Lyonnais), Tchéky Karyo (Les Lyonnais) sans compter sur Catherine Marchal, son ex femme qui s’avère être plus que jamais importante dans ses fictions. Et puis il y a Ola Rapace (ex mari de Noomi Rapace que les fans de Millenium reconnaitraient) qui tente d’apporter à Section Zéro ce rôle de grosse brute qui tente de faire régler la loi. Sauf que ce dernier n’est pas suffisamment bon non plus dans ce rôle et c’est bien dommage. Il n’y a rien de vraiment neuf là dedans alors que Section Zéro semble enchaîner tous les poncifs. Le manichéisme est désolant, laissent imaginer que Olivier Marchal n’avait envie que de faire une grossière caricature de ce que l’anticipation façon Mad Max peut être. N’est pas George Miller qui veut, n’est pas Mel Gibson qui veut non plus. Cela m’a aussi par moment rappelé le problème qu’a connu Trepalium, la série d’Arte qui se voulait ambitieuse elle aussi autour de l’anticipation mais qui était un échec cuisant.

Rien de bien intéressant là dedans mine de rien et c’est vraiment dommage, surtout que Section Zéro avait suffisamment d’idées de départ pour parvenir à en faire quelque chose de neuf par la suite. Mais à vouloir se concentrer sur ce qui pourrait être violent, alors la série s’égare et part beaucoup trop loin. Trepalium de son côté avait au moins l’originalité de parler des problèmes du chômage sous un angle différent, en imaginant ce que cela pourrait donner dans des années. Avec Section Zéro, il n’y a jamais de plongée en profondeur dans l’époque dépeinte. Si je n’ai rien contre la SF cyber-punk, je trouve que pour le coup Olivier Marchal n’a pas su faire bon usage de ses inspirations. Mad Max a un problème au fond, sur notre dépendance à l’eau, au pétrole et à une société qui nous donne de quoi boire (et accessoirement se nourrir). Pour Section Zéro, on a plus l’impression que Marchal a voulu se faire mousser avec sa série. On subit alors la violence plutôt que de profiter d’un sous-texte inexistant. C’est beau de se concentrer sur l’aspect visuel et choc d’une série mais si le fond ne suit pas alors cela pourrait rapidement devenir problématique. Les paysages inspirent cette violence suffisamment pour que l’on n’ait pas besoin de la voir encore et encore.

Au bout de la moitié de la saison, je me suis vraiment demandé si je devais aller au bout. Ce qui m’a motivé c’est une fois de plus cette curiosité maladive que j’ai et qui me pousse à aller au bout des chaises. Car après tout, on peut parfois louper de belles et bonnes occasions. Personne ne rigole dans Section Zéro et Olivia Marchal a rassemblé un bataillon d’acteurs de poids qui se dégomment à tour de rôle. Forcément, rien de bien intéressant, surtout quand ce n’est pas fait avec le fun et l’élégance d’un Luc Besson. Ce dernier est quelqu’un que j’aime beaucoup pour sa façon de faire, là on ne peut pas dire que cela soit vraiment le cas. On se lasse rapidement des fulgurances de la mise en scène afin de tenter de comprendre pourquoi Section Zéro n’a pas fonctionné. Car je ne sais toujours pas vraiment pourquoi cette série n’a pas réussi à être aussi pertinente et forte qu’elle aurait pu l’être. Ce n’est pas comme si Canal + n’avait pas sorti le chéquier pour faire en sorte qu’Olivier Marchal puisse faire ce qu’il veut. Mais c’est ça de trop facilement faire confiance à des gens comme lui, surtout quand ces derniers se reposent sur leurs lauriers passés.

Note : 3/10. En bref, d’une série ambitieuse on ressort lessivé par une escalade de violence sans profondeur. Reste alors le visuel, très travaillé mais servant cruellement de cache misère.

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