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Critique Ciné : Braqueurs (2016)

18 Mai 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Braqueurs (2016)

Braqueurs // De Julien Leclercq. Avec Sami Bouajila, Guillaume Gouix et Youssef Hajdi.


Les films de braquages, on en a déjà vu des dizaines. Ce n’est pas toujours facile d’être original et donc de captiver un spectateur qui a déjà tout vu. Ou vu en apparence seulement. Derrière une mise en scène assez nerveuse et rugueuse se cache ici un film un peu plus original. Julien Leclercq (L’assaut, Gibraltar) tente ici de proposer quelque chose de complètement différent, sous forme de tragédie plus que de film de braquages. Au fond, les braquages ne sont là que pour enrober la chose alors que le film propose surtout de se concentrer sur la vie tragique de ces personnages et le destin qu’ils vont connaître qui est loin d’être tout rose. Souvent, quand on voit des personnages gagner de l’argent dans un braquage, ensuite ils le flambent et sont la plupart du temps heureux à la fin. C’est tout le contraire de Braqueurs qui va casser les personnages et les transformer. Derrière tous les personnages se cache une vraie félure qui va les conduire au pied du mur. On sent que le but de ce film n’est pas de terminer avec la fin heureuse que l’on attend tous.  

Yanis, Eric, Nasser et Frank forment l’équipe de braqueurs la plus efficace de toute la région Parisienne. Entre chaque coup, chacun gère comme il peut sa vie familiale, entre paranoïa, isolement et inquiétude des proches. Par appât du gain, Amine, le petit frère de Yanis, va commettre une erreur... Une erreur qui va les obliger à travailler pour des caïds de cité. Cette fois, il ne s'agit plus de braquer un fourgon blindé, mais un go-fast transportant plusieurs kilos d'héroïne. Mais la situation s’envenime, opposant rapidement braqueurs et dealers…

Dans un premier temps, l’une des grandes réussites de ce film est son scénario. Astucieux jusqu’au bout, il nous plonge avec équilibre entre la vie des personnages et les moments plus intenses de braquages. C’est singulier et toujours très soigné. Ensuite, c’est la mise en scène de Julien Leclercq qui fait tout le boulot. Ce dernier parvient à nous offrir quelque chose de véritablement fort et bien incarné par un casting sans faille. A commencer par Sami Bouajila qui apparaît ici comme un roc que l’on ne peut jamais briser. Il déboule dans le film derrière son air taciturne et nous propose alors ce rôle de personnage intrépide qui ne connaît que l’adrénaline pour le maintenir en vie. S’il arrête, il meurt. Et le personnage le dit clairement dans le film mais ce qu’il y a de plus intéressant c’est que cela se ressent. Les secondaires qui vont l’entourer tout au long du film sont eux aussi très convaincants, des plus petits rôles aux plus grands comme celui de Guillaume Gouix dont le destin est peut-être bien le plus tragique de tous. Je ne vais pas vous révéler l’un des twists du film, mais dramatiquement parlant je crois que c’est celui qui a le plus de poids sur les épaules.

Glacial, la mise en scène apporte au spectateur l’envie de s’accrocher sans jamais lâcher. Nous aussi on vit au rythme de la vie de ces personnages et le réalisateur parvient à nous faire partager cet ensemble. C’est très rare qu’un film de braquage soit aussi humain et attachant alors que généralement c’est surtout très superficiel et cassé par de mauvaises idées. Les trouvailles sont toutes très intéressantes et sortent vraiment du lot. Pour un film de braquage, Braqueurs se dessine alors plus comme une sorte de polar psychologique qui nous plonge dans un microcosme que l’on n’a pas forcément l’habitude de voir : celui des braqueurs et accessoirement des dealers. Les règlements de compte, les attaques à main armée, quand on est quelqu’un de lambda on ne voit pas ça tous les jours et ce dessin que tente de produire Braqueurs m’a tout bonnement bluffé. Sans aucun doute, Julien Leclercq remonte dans mon estime après le gros raté Gibraltar.

Note : 9/10. En bref, un film de braquage sous forme de tragédie humaine qui fait froid dans le dos.

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