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Critiques Séries : Flowers. Saison 1. BILAN (UK).

3 Mai 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Flowers

Critiques Séries : Flowers. Saison 1. BILAN (UK).

Flowers // Saison 1. 6 épisodes.
BILAN


En voilà une comédie étrange mais qui fonctionne. En effet, la difficulté avec Flowers était de tenir six épisodes et nous séduire jusqu’au bout avec un ton aussi original que celui-ci. La série cherche à nous surprendre et à aller dans une direction inattendue. C’est quelque chose à quoi je ne m’attendais pas nécessairement mais qui a clairement réussi à me faire rire et même à m’émouvoir. Le style, emprunté à Wes Anderson et à Jean Pierre Jeunet (en tout cas ce sont les références qui ne viennent à l’esprit quand il s’agit de Flowers), fonctionne dans sa façon de dépeindre la dépression. Car le plus gros de cette série ce n’est pas vraiment de raconter une histoire de couple qui ne va pas très bien mais plutôt de parler de la dépression de façon générale au travers d’une métaphore à l’humour noir ravagé. La série n’a de cesse de nous proposer des séquences originales, avec un ton qui change de ce que l’on a pour habitude de voir. Will Sharpe a donc su faire quelque chose de sa comédie, créant des personnages originaux et des intrigues qui vont bien ensemble. Grandement aidée par Olivia Colman et Julian Barratt, cette série tient sur peu de choses au premier abord mais parvient à être beaucoup plus originale que je n’aurais probablement pu l’imaginer au départ.

Flowers est le genre de série très rare que l’on n’a pas souvent l’occasion de voir en télévision mais c’est aussi pour cela que j’aime bien quand une série sait servir quelque chose de différent. Car l’écriture est soignée et les étrangetés ne sont pas uniquement là pour nous donner l’impression de plonger dans un univers neuf, mais aussi pour raconter véritablement un truc. Il y a des trucs qui me rappellent aussi parfois un peu Black Mirror dans sa façon de parler sur un ton très sombre des problèmes de notre monde et notamment de sa grande dépression. Au fond, Black Mirror est une belle inspiration si c’est celle de Will Sharpe mais au fil des épisodes, on se rend d’autant plus compte de tout ça. Les deux premiers épisodes ont une certaine forme d’humour que la suite n’a pas puisqu’au fil des épisodes, Flowers s’assombrie et devient de plus en plus touchante. Au fond, c’est un conte, une fable, sur un monde que l’on a au fond de nous, qui nous ronge mais qui n’arrive pas à sortir de notre corps. Tout le monde a de quoi déprimer dans ce monde, peu importe le problème vécu, mais cette famille dysfonctionnelle est le parfait terrain de jeu pour une série de ce genre là.

Ajoutant à son univers des tas de références bien propres, Flowers se permet donc d’être tout et rien à la fois au milieu de décors originaux et d’une mise en scène qui sait mettre chacun de ces décors et de ces personnages en avant. Olivia Colman revient donc après The Night Manager dans un rôle qui fait corps avec lui, parvenant à mettre en scène son charme et sa gloire avec une vraie forme d’élégance qui lui sied bien. Julian Barratt de son côté propose lui aussi une cru qui sait sortir du lot. Certains trucs sont plus intéressants que d’autres (notamment la fin de l’épisode 1.05 qui est probablement l’un de mes moments préférés de toute l’histoire de Flowers) mais globalement, l’équilibre est bien trouvé. Les références japonaise de Will Sharpe sont bien entretenue au travers de belles séquences (notamment au début de l’épisode 1.06). La culture est totalement différente et je pense que Will Sharpe a bien compris ce qu’il fallait en faire. Quoi qu’il en soit, je reste convaincu que Flowers est l’une des séries les plus étranges et les plus fascinantes de cette année 2016. Elle pourrait bien ne pas marquer les esprits de chacun ou bien passer inaperçue mais je suis passé à côté et j’ai envie d’une saison 2. Channel 4 nous la doit, nous qui avons aimé ce qui ressemble à un délire mais est une vraie réflexion sur le sens de la vie et la dépression du monde qui nous entoure, morose à souhait.

Note : 8/10. En bref, une curiosité étonnante.

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