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Critiques Séries : Penny Dreadful. Saison 3. Episodes 1 et 2.

24 Mai 2016 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Penny Dreadful

Critiques Séries : Penny Dreadful. Saison 3. Episodes 1 et 2.

Penny Dreadful // Saison 3. Episodes 1 et 2. The Day Tennyson Died / Predators Far And Near.


Penny Dreadful ouvre sa saison en étendant son angle de vue pour un résultat impressionnant. Ce premier épisode est une sacrément belle introduction à la saison. Notamment en embrassant le registre du western, ce qui laisse au téléspectateur une perception un poil différente de ce que l’on avait pour habitude de voir. A la fin de la saison précédente, nos personnages étaient éclatés aux quatre coins du monde et Vanessa, notre héroïne, est plus seule que jamais. Si l’on aurait pu se retrouver face à un os dû au fait que la série s’éparpille un peu dans tous les sens autour du monde, je trouve au contraire que cela permet d’établir de nouvelles perspectives et surtout de donner à Penny Dreadful l’occasion de voir les choses autrement. John Logan a su écrire un épisode savoureux, mélangeant les mondes à sa façon. Je ne suis pas forcément là avec l’envie de tout comprendre tout de suite, simplement l’envie de tout voir d’un coup. Si je me suis arrêté à ces deux épisodes, c’est surtout car j’avais envie de vous reparler de cette série étonnante dont on ne parle que très peu finalement. Derrière sa mise en scène, Damon Thomas propose là aussi de mélanger les univers à sa façon, changeant d’angle de vue dès que l’on change de décor.

La variété fait ici la richesse de l’ensemble. Ce qui était déjà une production léchée est en train de prendre une toute nouvelle dimension. Ce qui était un jour de l’horreur gothique pur ajoute des éléments de western à sa palette et sincèrement, je trouve que c’est une brillante idée. D’autant plus que la narration passe de façon fluide entre Londres et l’Afrique en passant par le Nouveau Mexique et l’Arctique. On retrouve alors la plupart de nos personnages favoris dans leur nouvelle configuration. Sir Malcolm soit ses chagrins Zanzibar après avoir enterré Sembene et n’a pas vraiment d’ambition au delà son prochain verre. Quand il est agressé par des locaux, un Apache appelé Kaetenay se met en travers et lui donne la main. Il veut que Sir Malcolm l’accompagne en Amérique où leur fils a besoin d’eux. Cela ne peut être qu’Ethan Chandler, révélé sous les traits d’Ethan Lawrence Talbot et sous la garde d’un marshal et de quelques députés. Cette histoire de train s’avère être vraiment savoureuse car justement, elle permet de changer un peu de registre et de donner à cette saison 3 des allures différentes. La série n’est plus la même désormais et c’est pour cela que j’aime beaucoup le résultat ici.

Le Dr. Seward incarné par Patti LuPone s’avère être un autre bon personnage qui va probablement permettre de dérouler un peu plus de l’histoire de Vanessa alors que cette dernière passe son temps dans le premier épisode à naviguer entre dialogues en off et le ménage qu’elle peut faire pour se changer les idées. Vanessa reste mon personnage préféré de Penny Dreadful et elle compte bien le rester. Si cet épisode souffre parfois un peu du syndrome du premier épisode, qui affecte pas mal de série qui ont un grand nombre de personnages et de décors à visiter, l’ensemble fonctionne et reste fluide. On a envie de voir où est-ce que cela pourra bien nous embarquer par la suite. Mais le plus important là dedans reste « Predators Far and Near » alors que Penny Dreadful nous sert une révélation qui a du chien. Le nouvel ami de Vanessa, le Dr. Sweet allait forcement être beaucoup plus ce que l’on ne pouvait probablement imaginer au départ. Son apparition dans le premier épisode était suffisamment étrange mais John Logan est incapable d’introduire de nouveaux personnages qui n’ont pas de vie secrète. Du coup, le fait que Sweet ne soit autre que Dracula laisse espérer une saison vraiment sympathique. Les vampires c’est déjà une bonne idée mais Dracula encore plus.

Tout cela soulève forcément des questions dont l’on attend les réponses et je suppose bien évidemment que Penny Dreadful ne va pas tout nous révéler tout de suite, ce serait un peu trop simpliste. « Predators Far and Near » laisse donc tous les personnages avoir du mal à savoir où est ce qu’ils en sont réellement dans leur vie désormais. Surtout maintenant que les liens qu’ils entretenaient ont été rompus. Ethan ne voit pas forcément plus loin que le lendemain, tout cela jusqu’à ce que la pleine lune apparaisse je suppose. Kaetenay lui apparaît dans une vision et l’on apprend que l’Apache est une nouvelle personne qui aurait de bien bonnes raisons de voir Ethan mourir. Il ne veut pas mais il aurait des raisons de le vouloir. A Londres, le Dr. Frankenstein et Jekyll remontent en scelle dans une nouveau laboratoire. Jekyll est dans l’équipe du Bethlem Hospital, l’asile notoire plus connu sous le nom de Bedlam, ce qui lui donne forcement des sujets pour ses expérimentations. A ce moment de la saison, ce n’est pas encore clair si Jekyll expérimente sur lui-même mais l’on voit sa formule en action. Alors que le reste des personnages semble enfermé dans la plus mauvaise version d’eux-mêmes, Vanessa tente de faire de son mieux pour confronter ses erreurs passées et se soigner de ses propres démons.

En considérant qu’elle commence la saison dans un état presque létal, ses sessions avec le Dr. Seward semble faire leur effet. Il promet à Vanessa qu’ils vont réussir à trouver des solutions dans sa crise de foi en lui demandant de faire quelque chose qui pourrait la rendre heureuse. Être heureux dans ce monde là est compliqué mais Penny Dreadful trouve une façon assez intelligente de mettre tout cela en scène mine de rien et c’est aussi pour cela que j’aime beaucoup cette série. Finalement, Penny Dreadful n’a de cesse de surprendre et de créer des tas de nouvelles perspectives pour la suite de la saison. Avec la révélation de Dracula, je suppose que l’ensemble va prendre d’autant plus de punch par la suite. En espérant bien entendu que Penny Dreadful ne nous lâche pas en cours de route.

Note : 8/10. En bref, solide introduction à une saison pleine d’ambition.

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